Attaque d'un commissariat à Champigny-sur-Marne : que s'est-il passé ?

Attaque d'un commissariat à Champigny-sur-Marne : que s'est-il passé ?

FAIT DIVERS - Une quarantaine de personnes ont attaqué le commissariat de Champigny-sur-Marne ce samedi, sans faire de blessé. Alors que les investigations se poursuivent, une garde à vue était en cours dimanche en fin d'après-midi.

Les images ont fait le tour des réseaux sociaux. Samedi soir, alors que deux agents étaient en pause devant le bâtiment, une quarantaine de personnes, visage dissimulé et armées de barres de fer, ont attaqué le commissariat de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) avec des tirs de mortiers d'artifice. Plusieurs véhicules de police ont été dégradés ainsi que la porte vitrée d'entrée du commissariat, mais aucun policier n'a été blessé, a indiqué la préfecture de police de Paris. Les incidents ont débuté peu avant minuit et se sont achevés une heure plus tard. 

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Si aucune interpellation n'a eu lieu lors des faits, une personne était en garde à vue en fin d'après-midi, selon une source policière à l'AFP. Des "investigations (sont) en cours pour identifier les auteurs", indiquait plus tôt la préfecture. "Les enquêteurs sont à pied d’œuvre pour identifier les fauteurs de trouble. Afin de ne pas les gêner dans cette mission, je me rendrai sur place, auprès des policiers, après ce travail accompli", avait ajouté le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

Un commissariat situé en Zone de sécurité prioritaire

Le commissariat pris pour cible est situé au cœur de la cité de Bois-L'Abbé, l'un des trois quartiers en Zone de sécurité prioritaire de cette ville proche du bois de Vincennes. C'est un quartier "agité", "avec une route périphérique autour, une seule entrée et une seule sortie" donc c'est "compliqué" pour les forces de l'ordre, explique François Cocq, ex-maire adjoint de cette commune anciennement communiste et enseignant dans un collège à proximité du quartier.

Ce dernier déplore qu'il n'y ait qu"un seul commissariat pour une ville de 76.000 habitants" et qu'il soit "décentré par rapport au reste de la ville". Mais le fait qu'il soit installé en plein cœur de ce quartier où il y a du trafic de drogue, "ça ne règle rien". Dès qu'il y a des tensions avec la police, "les gens viennent régler leurs comptes directement, ils trouvent les forces de l'ordre à leur porte", donc le plus souvent à coups de mortiers d'artifice. Le ministre de l'Intérieur lui-même a lié cette attaque au trafic de drogue. Dans un tweet, il a assuré que "les petits caïds n’impressionnent personne et ne décourageront pas notre travail de lutte contre les stupéfiants"

Les causes de l'attaque toujours floues

Selon le maire DVD de la ville Laurent Jeanne, l'origine de ces tensions, dans un quartier de 10.000 habitants en proie au trafic de drogue, peut être plurielle : "On est sur un quartier de reconquête républicaine, est-ce que ça dérange ? Possible". Mais la tension a également pu naître, selon lui, après un récent accident de scooter dans le quartier dont "la responsabilité a été imputée à la police nationale alors que ce n'est pas avéré", indique-t-il à l'AFP.

Ce commissariat a déjà été plusieurs fois ciblé par ce type d'attaque, notamment en avril dernier pendant le confinement ou bien encore en 2018.

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