Policiers percutés à Colombes : Youssef T. mis en examen et écroué

Policiers percutés à Colombes : Youssef T. mis en examen et écroué
Police

FAIT DIVERS - La garde à vue de Youssef T., 29 ans, interpellé lundi après que plusieurs policiers ont été percutés à Colombes (Hauts-de-Seine), a été levée ce vendredi matin. Présenté à un juge d'instruction, il a été mis en examen et placé en détention provisoire dans l'après-midi.

L'assaillant présumé de policiers à Colombes, lundi, a été mis en examen pour "tentative d'assassinats sur personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste" et écroué, a annoncé le parquet national antiterroriste vendredi. 

La garde à vue de Youssef T. avait été levée vendredi matin. Le jeune homme est soupçonné d'avoir violemment percuté lundi en fin d'après-midi trois policiers à Colombes (Hauts-de-Seine) alors qu'il se trouvait à bord d'une BMW noire. Deux fonctionnaires de la police nationale avaient été grièvement blessés et un employé de la police municipale plus légèrement. Les trois avaient été hospitalisés.

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Allégeance à l'Etat islamique et couteau dans le véhicule

Dans la voiture du suspect, les enquêteurs ont retrouvé une lettre d'allégeance au groupe Etat islamique (EI) ainsi qu'un couteau. Selon un communiqué du parquet national antiterroriste (PNAT), Youssef T. expliquait dans sa missive se lancer "à corps perdu dans la bataille pour imposer la charia sur l'ensemble de la terre".

"Je prête allégeance à Abou Walid al-Sahraoui, nouvel émir de l'Etat islamique et digne héritier d'Abou Bakr Al-Baghdadi", proclamait-il dans cette lettre, selon une source proche du dossier. Le premier est le chef du groupe l'Etat islamique du Grand Sahara" (EIGS), actif essentiellement dans la région de Ménaka, dans le nord-est du Mali, et de l'autre côté de la frontière avec le Niger. En janvier, Emmanuel Macron avait déclaré que l'EI était désormais l'"ennemi prioritaire" au Sahel, devant les groupes regroupés sous la bannière d'Al Qaida.

Il a revendiqué son geste

Selon les informations de LCI/TF1, face aux policiers, le suspect n'aurait cessé de revendiquer son geste, n’a eu aucun regret, aucun remord. Il aurait  même été fier de ce qu'il avait fait. Youssef T. aurait ainsi été froid et calculateur et aurait déploré "ne pas avoir réussi à tuer les policiers visés". 

Aux enquêteurs, le jeune homme a ainsi déclaré  "avoir voulu venger le sort réservé aux Palestiniens, tout en disant agir pour Daesh, et que la charia devrait d’ailleurs être appliquée en France".

Si Youssef T. est  psychologiquement fragile, l'expertise psychiatrique réalisée mardi matin a écarté toute abolition ou altération de son discernement. Il était ainsi totalement conscient de ce qu'il faisait au moment des faits.  Aucun complice n'a été identifié à ce stade, le suspect semble  ainsi avoir agi tout seul. L'enquête va évidemment se poursuivre pour tenter de vérifier si c'est bien le cas.

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Portrait de Youssef, auteur présumé de l'attaque de Colombes

Il n'était pas "fiché S"

Youssef T. n'était "pas fiché S" pour radicalisation. Il n'a jamais fréquenté semble-t-il de mosquées salafistes ou d'imams fichés S. Il se serait radicalisé seul en regardant des vidéos et des textes sur Internet. Il n'a par ailleurs jamais cherché à se rendre en Syrie ou en Irak pour combattre sur zone.

Jusqu'à lundi dernier, Youssef T. était connu pour des "faits de droit commun anciens" . Il avait fait l'objet d'un rappel à la loi pour outrage à agent en 2014, avait indiqué la procureure de Nanterre, Catherine Denis, qui a mené les premières investigations, avant la saisine du Pnat.

Alors que des photos du suspect en garde à vue ont été diffusées sur les réseaux sociaux, son avocat a indiqué à l'AFP porter plainte pour violation du secret de l'enquête, du droit à la présomption d'innocence et du droit au respect de la vie privée.

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