Attaque de Romans-sur-Isère : le suspect aurait évoqué "un pétage de plombs"

Attaque de Romans-sur-Isère : le suspect aurait évoqué "un pétage de plombs"
Police

INVESTIGATIONS – Interrogé depuis samedi par les enquêteurs, Abdallah Ahmed-Osman, auteur présumé de l'attentat de Romans-sur-Isère (Drôme) aurait indiqué avoir "pété les plombs" avant de se sentir "en ligne avec la religion". Il était toujours en garde à vue ce mardi matin.

Il n'a pas gardé le silence. Abdallah Ahmed-Osman, auteur présumé de l'attentat survenu samedi dans le centre-ville de Romans-sur-Isère (Drôme) aurait ainsi livré quelques-unes de ses motivations aux enquêteurs qui l'interrogent depuis samedi, jour du drame. 

Pour expliquer son geste, commis avec un couteau, et qui a coûté la vie à deux personnes et fait cinq blessés, le Soudanais de 33 ans aurait déclaré savoir "pété les plombs". "En attaquant les passants, il dit qu'il a voulu se défendre et se protéger. Mais en même temps, il déclare qu'il s'est senti en ligne avec la religion une fois qu'il avait terminé", détaille une source proche du dossier au Parisien. Au moment de son interpellation, le suspect avait été retrouvé à genoux, en train de prier.

Toutefois, si le suspect parle, il est moins prolixe quand les questions deviennent plus précises. Ainsi, sur le déroulé de l'attaque, il indique ne se souvenir de rien... 

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Chômage et le confinement

Une source proche de l'enquête indique par ailleurs à nos confrères qu"Abdallah Ahmed-Osman aurait mal vécu son "chômage" et son "confinement". D'abord, le trentenaire aurait expliqué qu'il venait d'obtenir un emploi dans une maroquinerie. Ensuite, il aurait raconté qu'il était allé "à l'hôpital de Romans six jours" avant l'attaque car il pensait être contaminé par le Covid-19. Il n'aurait pas été testé et serait rentré chez lui avec des médicaments prescrits par les professionnels. Des vérifications sont en cours pour établir si le suspect est passé par l'hôpital. Les enquêteurs tentaient également de voir si Abdallah Ahmed-Osman avait séjourné en établissements psychiatriques, notamment à Grenoble (Isère) où il a vécu entre 2016 et 2018.

Trois jours après l'attaque, le suspect estimerait que ses symptômes, qu'il attribuait au chômage et au confinement, étaient en réalité davantage dûs à "de l'angoisse". 

Une pratique modérée de la religion musulmane

Concernant sa religion, Abdallah Ahmed-Osman confirme être de confession musulmane mais aurait déclaré avoir une pratique modérée de sa religion. "Le discours djihadiste semble avoir eu une influence sur son passage à l'acte et la religion serait l'élément déclencheur. Pour autant, il n'assume pas son appartenance à une organisation terroriste", commente une autre source proche du dossier au quotidien. Aucune lettre de revendication ou d'allégeance à une organisation terroriste n'a été retrouvée chez le suspect. 

Lors de la perquisition à son domicile, ont été trouvés "des documents manuscrits à connotation religieuse dans lesquels l’auteur des lignes se plaint notamment de vivre dans un pays de mécréants", selon le parquet national antiterroriste, "a priori" écrits par lui.

Six téléphones, dont cinq anciens appareils non exploitables, ont également été saisis. Une première expertise du sixième, qu'il utilisait actuellement, n'a pas permis de retrouver d'élément saillant pour l'enquête, a indiqué une source proche du dossier.

Transférés dans les locaux de la sous-direction antiterroriste

La garde à vue d'Abdallah Ahmed-Osman se poursuivait lundi en fin de journée dans les locaux de l'antiterrorisme près de Paris, a indiqué le parquet national antiterroriste le 6 avril au soir. Un deuxième homme, interpellé samedi chez Abdallah Ahmed-Osman, était également toujours en garde à vue. Tous deux ont été transférés lundi à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). La garde à vue d'un troisième Soudanais, qui résidait dans le même foyer que l'assaillant et avait été arrêté samedi soir, a été pour sa part levée, sans qu'il fasse l'objet de poursuites, a ajouté cette source. Les gardes à vue des deux hommes se poursuivaient ce mardi matin.

Le parquet national antiterroriste a ouvert une enquête samedi, notamment pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle". Les investigations ont été confiées à la Sous-direction antiterroriste de la Direction centrale de la police judiciaire, qui coordonne l'enquête, ainsi qu'à la Direction centrale de la police judiciaire et à la Direction générale de la sécurité intérieure. Une expertise psychiatrique sera menée ultérieurement.

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