Attentat raté dans un train Thalys : "bloqué" par un sourire, le suspect dit ne pas avoir pu "tirer sur la tête d'un être humain"

Attentat raté dans un train Thalys : "bloqué" par un sourire, le suspect dit ne pas avoir pu "tirer sur la tête d'un être humain"
Police

JUSTICE - Ayoub El-Khazzani, auteur présumé de l'attaque survenue dans un train Thalys le 21 août 2015, a déclaré au juge d'instruction s'être mis à "trembler" au moment où il allait tirer. Le "sourire" d'un des passagers du train l'aurait "bloqué" dans son élan, selon les extraits de son deuxième interrogatoire révélés ce mardi par France Inter.

Nouvelles révélations ce mardi dans l'attentat raté du Thalys le 21 août 2015.  Ayoub El-Khazzani, suspecté d'être l'auteur de l'attaque dans le train ralliant la Belgique à la France a déclaré au cours de son dernier interrogatoire face au juge d'instruction avoir été stoppé dans son élan par plusieurs éléments. 

Entendu à sa demande par visioconférence depuis la maison d'arrêt de la région parisienne où il est détenu, l'homme âgé de 29 ans aujourd'hui a raconté comment le regard porté sur un passager l'a arrêté dans sa folie meurtrière : " Il m'a souri. Et comme il m'avait souri, moi, ça m'a bloqué, je ne pouvais rien faire" (...) 

Et de poursuivre, ainsi que le raconte France inter ce mardi : "Il a sorti sa tête (...) et quand j'ai vu sa tête, ça m'a bloqué. Je n'ai pas pu tirer sur la tête d'un être humain. A ce moment-là, j'ai commencé à trembler. (...) Je me suis laissé faire, j'ai laissé l'Américain me maîtriser".

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Tout avait été préparé par Abdelhamid Abaaoud

Le 21 août 2015, le Marocain Ayoub El-Khazzani avait ouvert le feu dans un Thalys Amsterdam-Paris peu après son entrée en France, armé d'une kalachnikov, sur ordre d'Abdelhamid Abaaoud, cerveau présumé des attentats du 13 novembre 2015. Il avait blessé deux passagers avant d'être maîtrisé par des militaires américains en vacances, évitant un potentiel carnage.

Dans son interrogatoire, il indique que c'est Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, qui lui avait ordonné de prendre un billet pour le train de 17h, voiture 12. Celui qui sera abattu par le Raid lors de l'assaut de Saint-Denis, quelques mois plus tard, lui aurait, selon les documents qu'a pu consulter France Inter, ordonné de viser "des militaires américains dont "les descriptions physiques correspondaient exactement à ce qu'il m'avait dit. (...) Je les ai reconnus facilement", a indiqué Ayoub El-Khazzani, au juge. "Abou Omar (surnom d'Abdelhamid Abaaoud pour le groupe Etat islamique, ndlr) m'avait dit qu'une demi-heure après le démarrage du train, je devais commettre le désastre que j'ai commis."

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"S'immoler en cas d'arrivée des policiers"

Toujours selon les déclarations d'Ayoub El-Khazzani au juge d'instruction, c'est Abaaoud qui aurait fourni les chargeurs et qui lui aurait donné un bidon d'essence. "Si jamais les policiers venaient à m'arrêter, j'aurais pu m'immoler au lieu de me faire arrêter", détaille-t-il encore.

Pour cette attaque, Ayoub El-Khazzanis sera jugé dans un an devant une cour d'assises spéciale. Aux côtés d'El-Khazzani, quatre hommes sont poursuivis en France dans cette enquête, notamment Bilal Chatra et Redouane Sebbar. Le premier est soupçonné d'avoir joué un rôle d'éclaireur pour El-Khazzani, sur son trajet empruntant la route des migrants au retour de Syrie. Le deuxième aurait, lui, participé aux préparatifs de la fusillade dans le train. Les deux derniers hommes, Mohamed Bakkali et Youssef Siraj, également inculpés dans l'enquête menée par la Belgique, ont été remis à la France en janvier et février 2019 : Bakkali apparaît aux yeux des enquêteurs comme un logisticien essentiel de la cellule djihadiste qui a frappé la France et la Belgique en 2015 et 2016, tandis que Siraj est soupçonné d'avoir hébergé El-Khazzani à Bruxelles peu avant l'attaque du Thalys.

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