Ce que l'on sait après l'effondrement de trois immeubles mitoyens dans le centre-ville de Marseille

Police
DÉCRYPTAGE - Trois immeubles d'habitations se sont effondrés, lundi 5 novembre en plein Marseille. Deux d'entres présentaient des problèmes de salubrité connus. Pour l'heure, les corps de cinq victimes ont été retrouvés sous les décombres. Les secours restent à pied d'oeuvre.

Trois immeubles d'habitation mitoyens se sont effondrés lundi 5 novembre dans le centre-ville de Marseille, faisant au moins cinq mort. Entre mardi matin et mercredi, cinq corps, ceux de trois hommes et deux femmes, ont en effet été retrouvés sous les décombres. Le ministre de l'Intérieur indiquait en début de journée que "5 à 8 victimes" pourraient être ensevelies sous les gravats. 


Les deux premiers immeubles se sont effondrés le matin, vers 9h, et le troisième, qui menaçait de tomber, a été été détruit "aux deux tiers" par les pompiers après évacuation en fin d'après-midi, vers 17h15. Les trois bâtiments en question se situent aux numéros 63, 65 et 67 de la rue d'Aubagne, dans une zone défavorisée, le quartier populaire de Noailles, qui compte de nombreux bâtiments dégradés voire insalubres. 


À l'heure où les opérations se poursuivent pour retrouver d'autres éventuelles victimes, LCI fait le point.

À qui appartenaient les immeubles ?

L'un des deux immeuble (le 63), racheté par la municipalité, faisait l'objet d'un arrêté de péril depuis 2008. Il était "fermé et muré", selon la mairie. Le bâtiment appartenant à Marseille Habitat, le bailleur social de la ville, était "entièrement sécurisé", a assuré l'adjointe au maire chargée du Logement, Arlette Fructus. Dans un article de 2016, Marsactu précisait qu'il était au cœur d'un "plan d'éradication de l'habitat indigne". Dans l'autre immeuble, 9 appartements sur 12 étaient en revanche habités, selon les pompiers. En copropriété privée, il avait fait l'objet le 18 octobre "d'une expertise des services compétents qui avait donné lieu à la réalisation de travaux de confortement permettant la réintégration des occupants", d'après la mairie. Le troisième immeuble, au 67 de la rue, avait été abandonné et muré depuis l'été 2012 par l'agence immobilière qui le possédait C'est lors des opérations de déblayage des pompiers que l'immeuble s'est largement effondré.

Quelles sont les causes de l'effondrement ?

Pour l'heure, les raisons restent à déterminer. Dans un communiqué de presse, la mairie avance une hypothèse. "Ce dramatique accident pourrait être dû aux fortes pluies qui se sont abattues sur Marseille ces derniers jours", peut-on lire. Cela ne convainc pas l'opposition, pour qui l'effondrement est "la conséquence du développement de l'habitat insalubre à Marseille", particulièrement dans le centre-ville, là où se situent les bâtiments touchés. "Derrière la carte postale idyllique on mesure une fois de trop les échecs de la politique de l'habitat et du centre-ville", a déclaré la sénatrice PS Samia Ghali.

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Qu'en disent les politiques ?

Lors d'un discours prononcé à Pont-à-Mousson, en Meurthe-et-Moselle, le président Emmanuel Macron a fait part de "l'affection et la solidarité de la Nation toute entière,  à l'endroit de nos compatriotes, pour cette ville, ces territoires, cette région". "Ce qui compte c'est qu'on trouve le moins de morts possible, mais nous pensons qu'il y en aura", avait prévenu dans l'après-midi le maire Les Républicains de Marseille, Jean-Claude Gaudin. Les secours "travaillent d'arrache-pied pour savoir si des individus sont  coincés" sous les décombres, dans des "poches de survie où ils auraient pu se réfugier", avait déclaré sur place le ministre du Logement Julien Denormandie, évoquant une "course contre la montre" engagée par les secours.

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Immeubles effondrés à Marseille : Macron adresse "l'affection et la solidarité de la Nation toute entière"

Arrivé sur place, le député LFI des Bouches-du-Rhône, Jean-Luc Mélenchon, a lui dénoncé "la négligence" à l'origine du drame. "Ce sont les maisons des pauvres qui tombent, et ce n’est pas un hasard", a tonné le chef de file des Insoumis, regrettant "une drôle d'odeur de désinvolture et d'indifférence à la pauvreté". Après avoir mis sur la table la proposition d'instaurer un "permis de louer", car, a-t-il justifié, "il n'est pas normal que des gens puissent louer des taudis", l'ancien ministre a appelé, sur les réseaux sociaux, les habitants à "apporter leur aide" aux "gens qui habitaient dans ou près des immeubles qui se sont effondrés".

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Immeubles effondrés à Marseille : "Ce sont les maisons des pauvres qui tombent, et ce n'est pas un hasard"

Y a-t-il des victimes à déplorer ?

Au moins cinq personnes ont péri dans la catastrophe. Après la découverte, mardi matin, du corps d'un homme décédé, quatre autres victimes - deux hommes et deux femmes - ont été retrouvées sous les décombres. Plusieurs témoins avaient déjà confirmé la présence possible de personnes dans les immeubles au moment de l'effondrement. Mardi matin, alors que les pompiers et policiers sur place poursuivaient le déblaiement, le locataire de la place Beauvau a estimé que "5 à 8 victimes" pourraient être ensevelies sous les gravats.


Les deux autres individus recherchés sont des passants qui se trouvaient sur le trottoir au moment de l'effondrement des bâtiments. Mardi, le procureur de Marseille, Xavier Tarabeux, a indiqué qu'il n'y avait "pas de victime sur ce trottoir", ajoutant qu'il s'agissait d'une "bonne nouvelle".

Plus tôt, le président LR de la région PACA, Renaud Muselier, avait détaillé le profil de certaines personnes "recensées manquantes". Parmi elles figureraient une femme qui n'est pas allée chercher sa fille à l'école et une autre femme "qui ne bouge jamais de son lit. On ne l'a pas retrouvée, c'est inquiétant", avait-il expliqué. Avant d'ajouter : "Les chiens sont allés sur la zone, ainsi que des drones thermiques et ils n'ont trouvé personne. Ça laisse un peu d'espoir."

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Marseille sous le choc après l’effondrement de trois immeubles du centre-ville

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