Ce que l'on sait de l'effondrement mortel du pont de Mirepoix-sur-Tarn

Le pont de Mirepoix-sur-Tarn (Haute-Garonne) s'est effondré lundi 18 novembre 2019, tuant une adolescente de 15 ans et le chauffeur d'un poids lourd tombé dans le fleuve.
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L'effondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn

LE POINT - Ce lundi 18 novembre, un pont métallique suspendu s'est effondré à Mirepoix-sur-Tarn. L'ouvrage reliait la commune à Bessières, en Haute-Garonne. L'accident a précipité plusieurs véhicules dans le Tarn, tuant une adolescente et le chauffeur d'un poids lourd.

Il était aux alentours de 8 heures, ce lundi 18 novembre, lorsque le pont métallique suspendu reliant la commune de Mirepoix-sur-Tarn à celle de Bessières, en Haute-Garonne, s'est effondré. Plusieurs véhicules sont impliqués dans l'accident, dont au moins un camion et une voiture. Plus de soixante pompiers ont été mobilisés pour secourir les victimes. 

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Un lourd bilan

Le bilan fait état de deux personnes décédées, une adolescente âgée de 15 ans, prénommée Lisa, ainsi que le chauffeur du poids lourd tombé dans le fleuve, dont le corps a été localisé mais n'avait pu être extrait de l'eau lundi soir. Quatre autres ont pu être secourues par les pompiers dépêchés sur place. 

L'adolescente décédée circulait avec sa mère dans une Renault Clio. "La mère de famille a pu surnager et être sauvée par des témoins et malheureusement sa fille de 15 ans qui est décédée", a expliqué le procureur de Toulouse, Dominique Alzéari. 

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On le prend tous les jours, ce pont- Audrey Laujac, une habitante

Plusieurs témoins affirment tant à l'AFP qu'à La Dépêche du Midi que les transports scolaires venaient juste d'emprunter ce pont, avant son effondrement. "On le prend tous les jours, ce pont. C'est pas possible que ça arrive ! On était loin de s'imaginer que le pont pouvait s'effondrer. Les bus scolaires venaient juste de passer. Mon aîné venait de partir au collège de Bessières", témoigne avec des sanglots dans la voix Audrey Laujac, 36 ans, aide à domicile qui habite à 100 mètres, auprès de l'AFP. Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, ainsi que Laurent Nuñez, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur sont venus sur place dans l'après-midi.

D'importants moyens de secours

Un important dispositif de secours et de sécurité a été mis en place, avec notamment trois hélicoptères, 67 sapeurs pompiers, a indiqué le préfet de Haute-Garonne sur France Bleu Occitanie. Quarante gendarmes, deux équipes de plongeurs et deux équipes avec des bateaux zodiac sur le Tarn, étaient également sur place. "Un centre opérationnel départemental est activé en préfecture et un poste de commandement opérationnel est activé sur place", a indiqué le communiqué de la Préfecture de Haute-Garonne. 

Deux enquêtes ouvertes

Dans un communiqué, le gouvernement indique qu'il dispose de peu d'éléments. "A cette heure, on ignore encore les causes précises de l'accident", a indiqué le ministère de la Transition écologique et solidaire dans un communiqué. Mais une enquête par le Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) a été lancée, annonce le ministère. Dans la matinée, la préfecture annonçait de son côté, que le Parquet avait ouvert une enquête, et confié celle-ci à la gendarmerie. 

"Aucun problème de structure" selon la dernière inspection

Selon l'office du tourisme de Haute-Garonne, ce pont suspendu a été construit en 1935, suite à la crue survenue cinq ans auparavant, qui emporta le pont de bois qui reliait les deux rives. "Le pont de Mirepoix mesure 152 m de long sur 5 m de large. Il a été rénové en 2003 par le Conseil Départemental", précise le site Internet. Le président du conseil départemental l'a assuré à LCI, "il y aura une enquête" quant à l'état de l'ouvrage.

Le procureur de la République a, lui, fait savoir que le pont "avait fait l'objet d'un suivi correct" et ne présentait "aucun problème de structure" lors de sa dernière inspection. Une inspection "détaillée" menée "en 2017" selon le conseil départemental. Elle n'avait alors révélé que des "désordres de type évolutif normaux". 

L'inspection avait été réalisée par le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema), un organisme de l’État. Elle n'avait "révélé aucune faille de sécurité", a rappelé le ministère. "Une inspection visuelle réalisée par les services du département en 2018 a confirmé ce diagnostic."

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Selon La Dépêche du Midi, le Département a consacré 4 millions d'euros par an à l'entretien des ouvrages d'art et qu'une prochaine visite d'inspection du pont devait avoir lieu en 2019.  

"Rupture sous surcharge" ?

A l'entrée du pont, dont une partie reste encore accrochée, un panneau mentionne qu'il est interdit aux véhicules de plus de 19 tonnes. D'où les interrogations quant à un éventuel problème de surpoids du poids lourd, notamment avancé par le maire de Mirepoix-sur-Tarn, Eric Oget. 

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Effondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn : la réaction du maire de la commune sur LCI

Selon le conseil départemental, le poids lourd appartient à "une entreprise de forage". Il s'agrait, selon le maire de la commune, "d'un porte-char". "Ce type de véhicule transporte des grues. A priori, c'est un véhicule lourd", estime l'édile d'après qui "aucun phénomène climatique récent" ne peut être mis en cause. Le procureur a indiqué que des perquisitions étaient menées chez le transporteur.

"Ces ponts sont interdits aux véhicules de plus de 19 tonnes mais il est fréquent que des camions de plus gros tonnage les empruntent", relève pour sa part le président de la communauté de communes, Jean-Marc Dumoulin. 

Au vu des premières images de la catastrophe, Georges Tempez, expert au Cerema, a songé à un "mécanisme de rupture sous surcharge", mais insiste sur la nécessité d'attendre  les conclusions de l'enquête.   

Sur LCI, Geneviève Cazaux, grand reporter et riveraine de la commune, indique que les camions empruntent parfois cette route, "pour gagner trois minutes". A cet endroit, le Tarn fait plus de 20 mètres de profondeur et 100 mètres de large. "On doit l'emprunter à 50 à l'heure, on peut à peine se croiser, sur ce pont. Il permet de passer d'une rive à l'autre (...) En ce qui me concerne, quand je vois l'état d'abandon et que la commune continue à lotir, ce n'est pas raisonnable", dit-elle.

"On ne connaît pas l'état des ponts en France".

Pour Hervé Maurey, président de la mission d'information sénatoriale sur la sécurité des ponts, ce drame "illustre malheureusement" les conclusions de cette mission, à savoir qu'il y a "une vraie dangerosité de l'état de nos ponts", a déclaré à l'AFP. "L'un des problèmes est qu'aujourd'hui on ne connaît pas l'état des ponts en France". La mission d'information a appelé fin juin à "un 'plan Marshall' pour éviter un drame", réclamant un audit des ponts.

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La ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne et les secrétaires d’État Emmanuelle Wargon et Jean-Baptiste Djebbari (transports) ont fait part de "leur très vive émotion" après ce drame, selon un communiqué. 

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