Cellule de crise, unités mobiles et forces de l'ordre : le casse-tête pour sécuriser les gilets jaunes

Police
MOUVEMENT SOCIAL - A l'occasion de la mobilisation nationale des Gilets jaunes samedi 17 novembre, 1500 actions sont attendues dans l'Hexagone, à l'ampleur encore incertaine. Pour en garantir la sécurité et éviter tout débordement, 2500 policiers et gendarmes seront spécialement mobilisables en renfort des forces de l'ordre déjà sur le terrain.

A mesure que la date approche, le mouvement prend plus d'ampleur et la pression autour aussi. A la veille de la mobilisation nationale des Gilets jaunes, les forces de l'ordre se préparent. Selon plusieurs sources,  plus de 1 500 actions sont ainsi attendues samedi 17 novembre dans toute la France. La grande majorité n'a pas été déclarée en préfecture, d'où l'appréhension des autorités (seule une centaine d'actions ont été déclarées, selon nos informations).


Car si le mouvement se veut pacifique, les manifestants devront être encadrés et tout risque de débordement devra être contenu.  Ce sont ainsi  2500 policiers et gendarmes qui seront spécialement mobilisables samedi 17 novembre pour assurer la sécurité sur la voie publique. 

Trop tard pour déclarer les manifestations

"Ce qui est difficile, c'est qu'on n'a pas une organisation syndicale - qui a l'habitude de faire une manifestation - qui l'organise. Par exemple, une manifestation, ça se déclare en préfecture. Là, très peu l'ont déclarée". Dès mardi, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner s'inquiétait ainsi de la difficulté d'encadrer un mouvement qui s'est développé en dehors de tout cadre syndical ou politique.


Les organisateurs avaient jusque 72 heures avant la journée d'action de samedi pour déclarer leurs manifestations en préfecture, "mais il y a sûrement un peu de souplesse", espère une source policière.


Pour preuve, plusieurs préfectures ont battu le rappel jeudi auprès des organisateurs, les invitant à se présenter à leurs services pour déclarer les rassemblements, comme la loi l'exige, rappelant la peine encourue pour le délit d'entrave à la circulation: deux ans de prison, 4500 euros d'amende et retrait de six points sur le permis de conduire.


"C'est compliqué, car c'est un phénomène hétéroclite, il y a des gens de tous les horizons", confirme Christophe Rouget, du syndicat de police SCSI-CFDT. "Ce sont des gens qui n'ont pas l'habitude des manifestations, qui peuvent ne pas les déclarer. Nos services de renseignement ont un gros travail" à fournir, ajoute-t-il.

Mise en place d'une cellule de crise

"C'est un vrai casse-tête. Sans déclarations, les préfets ne peuvent pas faire une demande précise de renforts policiers, ni savoir combien de forces de l'ordre sont nécessaires, et où", souligne une source policière à l'AFP. 


"Trente unités de forces mobiles sont mises à disposition des préfets pour intervenir en renfort des effectifs normaux de police et de gendarmerie", précise-t-on au ministère de l'Intérieur, où une cellule de crise sera mise en place samedi en lien avec le ministère des Transports.


"Il y a le problème de la mobilisation policière, mais aussi celui des consignes qui seront données", s'inquiète une autre source au sein de la police. "Est-ce qu'il faudra évacuer les manifestants, au risque que ce soient des familles avec enfants, ou verbaliser ?" s'interroge-t-elle.


Ce mardi, Christophe  Castaner a prévenu qu'aucun "blocage total" ne serait toléré le 17 et que les forces de l'ordre interviendraient si les actions posaient un "risque" pour les interventions de sécurité ou la libre circulation. Même mot d'ordre du côté d'Edouard Philippe, ce vendredi dans l'Essonne : "Le blocage du pays n'est pas acceptable."

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Des policiers dans les manifestations

Il y a quelques jours, plusieurs policiers ont indiqué qu'ils soutenaient le mouvement des Gilets jaunes, notamment l'association "Mobilisation des Policiers en Colère" dont l'une des représentantes, Maggy Biskupski s'est donné la mort il y a quelques jours, ou l’UPNI (Union des Policiers Nationaux Indépendants), fédération d’associations de policiers qui compte environ 6.000 adhérents. 


De son côté, le syndicat Unité SGP Police-FO a appelé ses adhérents à une "grève des PV " le 17 novembre. 

En début de semaine, dans une note, Eric Morvan, directeur général de la police rappelle que "la liberté d’expression est un droit fondamental ouvert à tous les citoyens dans le respect des lois". "Mais son exercice est encadré pour les agents publics et en particulier pour les policiers", poursuit-il. Les agents, écrit-il, "ne peuvent s’associer à un rassemblement ou à une manifestation, quel que soit leur objet ou leurs modalités, en service, en tenue d’uniforme, armés ou en utilisant des matériels, des équipements ou des véhicules de service".


Selon 20 minutes qui a consulté ce télégramme, le parton de la police ajoute :  "Les valeurs de neutralité et le devoir de réserve seront clairement rappelés pour éviter tout comportement qui pourrait nuire à l’image des policiers et finalement au respect qui leur est du."

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