Chauffeur de bus agressé : une minute de silence et des transports à l'arrêt partout en France

Elles étaient là où tout s'est passé, près de l'arrêt où s'est déroulée la violente agression d'un chauffeur de bus. De nombreuses personnes ont participé ce mercredi à une marche blanche en hommage à Philippe Monguillot.
Police

HOMMAGE - Marche blanche à Bayonne, minute de silence et transports à l'arrêt partout en France. L'hommage à Philippe Monguillot ce mercredi était à la hauteur de l'émotion suscitée par l'agression de ce chauffeur en état de mort cérébrale depuis son agression dimanche dernier.

Le vacarme assourdissant des rames de métro a laissé place au silence. Partout en France, le secteur des transports en commun a rendu hommage à Philippe Monguillot ce mercredi 8 juillet. Victime d'une agression d'une extrême violence, ce chauffeur de bus est dans le coma en état de mort cérébrale après avoir été roué de coups dimanche dernier. 

Son tort ? Avoir voulu contrôler un simple titre de transport et exiger le port du masque pour trois passagers. Après avoir exercé leur droit de retrait lundi matin, ses collègues ont donc réalisé une marche blanche à Bayonne. Un hommage dont l'écho était une minute silencieuse à travers l'Hexagone.

"Je vous remercie infiniment"

C'est à Bayonne que l'émotion était la plus forte, et plus précisément à l'arrêt de bus "Balichon", le lieu choisi pour une marche blanche. C'est là que ce salarié du réseau Chronoplus, qui dessert l'agglomération basque, a été laissé "inconscient sur le trottoir" par ses agresseurs. 

A la demande de la famille du chauffeur de 59 ans, marié et père de trois filles de 18, 21 et 24 ans, elle s'est élancée à 19h30. Après avoir été applaudie à son arrivée à 19h15, accompagnée des salariés de Chronoplus, c'est sa femme qui a pris la parole. "Je vous remercie infiniment", a-t-elle lancé. Émue, Véronique Monguillot a encore une fois promis de demander justice pour son époux, comme le relate plusieurs de nos confrères. Avant de brandir le portrait de Philippe Monguillot. 

Face à elle, des dizaines de personnes. Citoyens anonymes, collègues ou élus, ils étaient tous vêtus de blanc. Un clin d'œil à la chemise des conducteurs du réseau.

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TÉMOIGNAGE - L'émotion de l'épouse du chauffeur de bus agressé à Bayonne

A l'heure où s'est élancé cette marée blanche, calme et digne, une minute de silence a été respectée dans la quasi-totalité des transports de France. Les réseaux du pays étaient appelés par une intersyndicale à s'arrêter pour cet hommage. 

Des images venants des quatre coins de l'Hexagone montrent le succès de cette action. Des bus au milieu de la route à Limoges, ou à une station de bus à Rennes, des métros arrêtés en plein trajet à Paris ou encore des trams stoppés dans leur course à Nice. Témoignages de l'émotion provoquée par le coma du père de famille, les messages de soutien envoyés sur les réseaux sociaux. Entre autres exemples, le message d'une jeune femme  qui a remercié le chauffeur de son bus qui a respecté la minute de silence mais aussi tous les chauffeurs "pour leur service au quotidien". 

Ce mercredi, deux hommes de 22 et 23 ans, soupçonnés d'avoir violemment frappé le chauffeur de bus, ont été mis en examen pour tentative d'homicide volontaire et écroués. Outre ces deux suspects, connus des services de police, deux autres hommes, des trentenaires, ont été mis en examen, l'un pour "soustraction de criminel à l'arrestation et aux recherches et non assistance à personne en danger" et le second, pour "non assistance à personne en danger"

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