"Nous serons extrêmement sévères" : Didier Lallement met en garde contre le non-respect du confinement

"Nous serons extrêmement sévères" : Didier Lallement met en garde contre le non-respect du confinement
Police

CONFINEMENT - Les forces de l'ordre mettent en place dès ce vendredi des contrôles renforcés pour dissuader les Français de partir pour les vacances de printemps. Un dispositif détaillé par le préfet de police de Paris, Didier Lallement.

"Le virus ne prend pas de vacances." Edouard Philippe a eu le sens de la formule, jeudi soir sur TF1, lorsqu'il s'est agi d'évoquer les contrôles renforcés entrant en vigueur ce vendredi 3 avril pour faire appliquer les mesures de confinement en ce jour qui, habituellement, aurait été celui des premiers départs massifs pour les vacances de printemps et le grand week-end de Pâques. 

La zone C, qui regroupe les académies d'Ile-de-France et d'Occitanie, est en vacances scolaires à partir de ce vendredi. A cette occasion, le gouvernement a mis en place un dispositif particulier.

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"Elles devront faire demi-tour"

Alors, la chasse aux Parisiens est-elle ouverte en province ? "Nous ne ciblons pas particulièrement les Parisiens, mais toutes les personnes qui souhaitent venir en vacances dans notre région", répond Fabienne Buccio, préfète de la Nouvelle-Aquitaine, à LCI. "Tout est mis en place pour les rappeler à leur responsabilité. Mais si elles ne sont pas suffisamment responsables, elles se retrouveront face à des forces de l'ordre qui pourront dresser des amendes. Et surtout elles devront faire demi-tour."

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Vacances scolaires : des contrôles renforcés sur les routes

Contact a été pris avec les plateformes de location, notamment Airbnb, pour les rappeler à leur responsabilité. - Fabienne Buccio, préfète de la région Nouvelle-Aquitaine

Q'est-ce que cela va donner, concrètement ? "On contrôle tous les lieux où transitent les personnes qui voudraient voyager, aussi bien toutes les gares de la Nouvelle-Aquitaine que toutes les aires d'autoroute, sans oublier non plus les routes départementales", détaille-t-elle. "Il y aura un dispositif assez important, constitué de policiers, de gendarmes et de CRS, qui sont mobilisés. Et on est même allés au-delà, puisque contact a été pris avec les plateformes de location, notamment Airbnb, pour les rappeler elles aussi à leur responsabilité. Les représentants des agences de location ont également été sollicités."

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En Nouvelle-Aquitaine, "tout est mis en place" pour empêcher l’arrivée de vacanciers

Voilà pour le sens des arrivées. Et celui des départs ? Quoi qu'en dise Fabienne Buccio, avec un certain sens de la diplomatie, c'est bien la région Île-de-France qui sera spécifiquement surveillée ce vendredi, le nombre de voyageurs potentiels y étant supérieur à celui des autres régions, au-delà même de la zone C. Ce qui explique pourquoi Didier Lallement a pris la parole dans le courant de la matinée. Le préfet de police de Paris s'est voulu strict, sinon menaçant.

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"Le dispositif vise à dissuader efficacement nos concitoyens qui envisageraient de partir. Il n'est pas question d'interrompre le confinement. Nos camarades soignants se battent de façon extraordinaire. Nous les accompagnons justement pour empêcher que l'épidémie se développe. Vous connaissez la saturation des hôpitaux de Paris, ils sont au bord de la rupture. Le ralentissement des hospitalisations dépend de notre capacité à maintenir ce confinement. Il est nécessaire pour vous, pour votre famille, pour les fonctionnaires et les militaires qui effectuent ces contrôles, pour ce pays, pour la patrie", a-t-il solennellement embrayé. Avant d'entrer ainsi dans le vif du sujet.

Plus de 8000 militaires et fonctionnaires mobilisés ce week-end

"Nous serons extrêmement sévères, il n'y aura pas de possibilité de départ. Les gens qui n'auront pas d'attestation avec une véritable justification seront empêchés de partir. Les véhicules seront détournés. Il y aura, tout au long du week-end, sur chacun des péages, à toutes les portes de Paris, le même dispositif.  Il y aura non seulement les verbalisations, qui sont prévues, mais aussi une impossibilité de monter dans les trains ou de poursuivre un trajet en voiture. Je veux être très ferme là-dessus, car il s’agit d'un sujet d’intérêt général", a-t-il martelé.

Je le dis très simplement à ceux qui persisteraient dans leurs intentions stupides : nous serons là au départ, pendant le trajet, à l'arrivée. - Didier Lallement, préfet de police de Paris

Puis le préfet de détailler ledit dispositif : "8277 militaires et fonctionnaires seront mobilisés pour assurer ces contrôles tout au long du week-end. Et pour ceux qui y échapperaient sur Paris et l'Île-de-France, ils rencontreront, tout au long de leur trajet, d'autres forces de police ou de gendarmerie, jusqu'à leur lieu d'arrivée. Donc je le dis très simplement à ceux qui persisteraient dans leurs intentions stupides : nous serons là au départ, pendant le trajet, à l'arrivée. Alors évitez les ennuis. Evitez les verbalisations répétitives, qui vous concerneront vous, dans vos voitures, mais également l'ensemble de vos passagers. Ne dépensez pas des coûts exorbitants pour des hypothèses de trajet qui, par définition, sont stupides."

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Dans un entretien accordé ce vendredi au Parisien, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, l'affirme également : "Toutes les personnes présentes dans une voiture peuvent être verbalisées." Ce n'est pas tout. Les forces de l'ordre pourront même sanctionner ceux qui auront été contraints de faire demi-tour... sur leur trajet de retour à la maison. "Les verbalisations se cumulent en la matière, a en effet confirmé Didier Lallement. Et vous savez que le gouvernement a pris d'autres mesures, qui visent à augmenter le niveau des verbalisations, voire à pénaliser au bout d'un certain nombre de récidives. Il y a d'ailleurs depuis quelques jours de nombreuses gardes à vue de personnes qui en sont à une dizaine de verbalisations."

Une morgue ouverte à Rungis

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Le préfet de police de Paris a, enfin, dressé un lien direct entre confinement et santé publique : "Ceux qu'on trouve aujourd'hui dans les services de réanimation, ce sont ceux qui, au début, n'ont pas respecté le confinement. Il y a une corrélation très simple. Donc non seulement vous risquez d'être verbalisé, mais en plus vous vous mettez en danger, vous mettez en danger vos proches. Ce n'est pas un jeu vidéo, tout ça. C'est une réalité. Il y a des morts. Je suis malheureusement obligé d'ouvrir sur Rungis une morgue pour stocker les nombreux cercueils qui nous arrivent." 

Des propos qu'il a regrettés plus tard dans la journée, tenant à "les rectifier", selon un communiqué de la préfecture de police. "Son intention n'était pas d'établir un lien direct entre le non-respect des consignes sanitaires et la présence de malades en réanimation. Il s'agissait de rappeler la nécessité d'une stricte application du confinement dans cette période, pour la protection et la santé de chacun."

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