Confinement : les policiers veulent plus de protection pour procéder aux contrôles

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POLEMIQUE - Alors qu'on demande aux fonctionnaires de multiplier les contrôles sans pour autant leur donner les moyens de les faire en toute sécurité sanitaire, les syndicats de police ont exprimé leur grogne depuis le début de la semaine. Ils exigent notamment de pouvoir porter des masques.

Pas moins de 100.000 policiers et gendarmes pour contrôler le respect du confinement. C'est que qu'a annoncé le ministre de l'Intérieur lundi soir.  Si les effectifs sont bien sur le terrain depuis mardi midi au moins, certains se plaignent déjà de la situation. La raison ? Alors que l'on demande aux forces de l'ordre de verbaliser ceux et celles qui ne respecteraient pas la consigne du "rester chez soi" pour éviter que ne se propage le covid-19, ces hommes et ces femmes, en contact direct avec la population, ne sont pas forcément protégés. 

Dès mardi donc, les policiers, par le biais des syndicats Alliance et SGP-FO notamment, ont réclamé davantage de moyens de protection face au coronavirus, et en particulier des masques. "La dotation généralisée des moyens de protection pour les forces de l’ordre s’impose pour assurer la protection sanitaire de tout notre pays et travailler avec plus de sérénité", explique Yves Lefebvre, secrétaire général d'Unité-SGP-FO dans un courrier adressé  au ministre de l'Intérieur.

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Les soignants passent en premier

A l'unisson, les autres syndicats policiers, qui réclament depuis plusieurs semaines davantage de masques pour assurer leurs missions au contact du public, ont été irrités par les récents propos tenus par la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye.  "Notre objectif aujourd'hui, c'est que les personnels prioritaires que sont les soignants disposent de masques dans la quantité suffisante", a expliqué Mme Ndiaye.  "Nous verrons dans un second temps pour ce qui est des forces de l'ordre. Je comprends complètement leur inquiétude (...) Il faut évidemment l'entendre et nous ferons le maximum pour que ceux qui doivent l'être soient équipés. Mais la priorité aujourd'hui, c'est protéger nos soignants parce que c'est eux qui font en sorte que des vies soient sauvées", a-t-elle déclaré.

"Évidemment, les professionnels de santé doivent être dotés en priorité... Il n'empêche que les policiers sont au contact du public (sain ou non)", a fustigé le syndicat Alliance. Celui-ci "invite Mme Ndiaye à venir patrouiller ou assurer l'accueil du public (...) sans aucune protection". "Comment oser demander aux forces de l’ordre de gérer la partie ordre public de la crise en admettant ne pas avoir assez de matériel pour les protéger?" s'interroge pour sa part l'Unsa-Police.  "Si la contamination atteint les forces de l’ordre à grande échelle... qui fera appliquer les règles instaurées par le gouvernement ?" ajoute l'organisation. 

Port de masque dans certaines situations seulement ?

Interrogé sur LCI ce mercredi, le porte-parole de la police nationale, Michel Lavaud, a tenu les mêmes propos que la porte-parole du gouvernement. "Il a été décidé il y a plusieurs semaines de prioriser les masques dans les services sanitaires, dans les services de santé. Ce que chacun peut comprendre. Ce sont eux qui bénéficient de cette priorité", a-t-il dit.

Avant de prendre en compte la spécificité de la situation. "Nous, policiers, nous allons au contact direct de la population, on n'interpelle pas un individu à distance, on interpelle en étant à son contact direct. Effectivement, quand les policiers et les policières sont en contact avec un individu porteur du virus, qui se déclare porteur du virus, le port du masque pose question. C'est pour cela que dès la semaine dernière le directeur de la police nationale a donné des instructions pour que les stocks de masques soient disponibles dans les véhicules, dans les locaux pour que, dans telles ou telles situations professionnelles, dans telles missions, les policiers, non pas dans un port systématique mais dans certaines situations, puissent porter un masque", a-t-il souligné.

A en croire les syndicats, ce stock de masques seraient largement insuffisants aujourd'hui pour que les fonctionnaires puissent faire leur travail dans de bonnes conditions.

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