Confinement : ils cambriolaient les Ehpad et repartaient avec les coffres

Confinement : ils cambriolaient les Ehpad et repartaient avec les coffres
Police

FAIT DIVERS – Trois jeunes hommes âgés de 22 à 24 ans soupçonnés de vols dans 34 Ehpad ont été interpellés le 14 avril dernier et placés en détention provisoire. Le montant du préjudice est estimé à au moins 120.000 euros.

Le modus operandi était toujours le même. Les cambrioleurs sévissaient la nuit, se rendaient dans le bureau du directeur ou de la directrice de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), prenait le coffre et allaient ensuite le fracturer et vider son contenu sur un autre site, à l'abri des regards. 

Le 14 avril dernier, la police marseillaise a mis fin au business auxquels s'adonnaient trois jeunes hommes depuis le mois d'octobre 2019. Les trois individus, âgés de 22 à 24 ans et de la communauté des gens du voyage, ont été mis en examen pour "vol en bande organisée" et écroués en maison d’arrêt. 

"Ils ont commis des vols dans au moins 34 Ehpad. Le montant du préjudice est estimé pour l'instant à 100.000 euros de bijoux et 20.000 euros de liquide. Les malfaiteurs ont utilisé les cartes bleues qui étaient dans les coffres bien souvent avec le code collés dessus, et ont écoulé de l'or", détaille à LCI ce jeudi le commissaire divisionnaire David Brugère, chef de la sûreté départementale des Bouches-du-Rhône. 

Un travail compliqué du fait du confinement

Sur commission rogatoire d’un juge d’instruction émise le 10 mars dernier, les policiers ont cherché à identifier les auteurs de ces vols à répétitions. "Sur la base des images extraites des caméras, de témoignages, et grâce aux travail des policiers, notamment de la police scientifique qui a prélevé des empreintes, nous sommes parvenus à identifier trois individus. Deux d'entre eux, deux frères, étaient d'ailleurs sortis récemment de prison. Ils étaient tous connus voire très connus des services de police pour des vols par effraction notamment, mais pas dans des Ehpad. Le troisième homme était de son côté connu des services de police pour recel", indique le chef de la sûreté départementale des Bouches-du-Rhône. 

La filature, mis en place début mars n'a pas été des plus simple pour les enquêteurs. "Le confinement ne nous a pas facilité la tâche évidemment, surveiller des individus, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, quand il n'y a quasiment personnes dans les rues et sans être vus n'est pas simple. Mais le 14 avril au matin, nous avons réussi à interpeller les trois suspects qui étaient dans trois appartements distincts des quartiers Nord de Marseille. Chez eux, nous avons retrouvé quelques bijoux ainsi que des flacons de fluides chimiques permettant d’identifier l’or. Beaucoup d'accessoires de valeur avaient déjà disparu, malheureusement, sans doute déjà revendus après avoir été fondus", poursuit David Brugère. 

Pourquoi les Ehpad ?

Au cours de leur garde à vue, les trois jeunes hommes n'auraient pas vraiment expliqué pourquoi ils avaient décidé de s'en prendre aux Ehpad. "La cible est sans doute apparue comme facile. Les résidents sont âgés, la nuit ils dorment. Il y a parfois des alarmes, parfois des caméras, mais pas toujours, et quelques fois des agents de surveillance, mais visiblement pas de quoi les dissuader. Et en général dans ces établissements, les coffres se trouvent toujours au même endroit", poursuit le commissaire divisionnaire. 

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N'avaient-ils donc pas de compassion pour ces personnes fragiles et encore plus fragilisées par l'épidémie qui frappent la planète depuis le mois de décembre ? "L'un des trois jeunes hommes nous a dit que lui, il ne volait pas de bijoux par respect, qu'il savait qu'il y avait aussi dans ces objets une valeur sentimentale, au-delà de la valeur pécuniaire. On a du mal à le croire, mais il peut le dire. S'il avait eu autant de respect, il n'aurait sans doute pas volé avec ses comparses plus de 300 masques chirurgicaux et des solutions hydroalcooliques comme ils l'ont fait", insiste David Brugère à qui cette affaire tenait vraiment à cœur. 

"Quand les victimes sont des personnes vulnérables, ça touche forcément. Dans le contexte actuel, avec l'isolement qu'ont connu ces personnes, et le nombre de décès qu'a enregistré la France dans les Ehpad avec le Covid-19, les policiers étaient encore plus sensibilisés. Pour nous, enquêteurs, c'était très important de résoudre cette affaire, et nous avons tout mis en œuvre pour qu'elle le soit", conclut le commissaire. 

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