Des SDF lyonnais ont-ils été verbalisés pour non-respect du confinement ?

Les personnes dans la rue sont encore plus démunies avec l'épidémie.
Police

À LA LOUPE – Une information surprenante circule sur les réseaux sociaux, expliquant que des personnes à la rue ont reçu des amendes à Lyon car elles n'avaient pas respecté les consignes de confinement. Ces publications font écho à celles d'un site parodique, qu'en est-il ?

Mise à jour du 21/03 : la préfecture de région s'est exprimée vendredi soir, expliquant que son enquête interne n'avait mis en évidence aucune verbalisation adressée à des personnes SDF. Elle remet ainsi en doute les témoignages partagés par le Samu social et explique que les personnes en question n'étaient pas à la rue. "Il s’agit d’un subterfuge régulièrement utilisé par certains délinquants pour échapper aux sanctions", précise-t-elle.

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Pour divertir les internautes cloîtrés chez eux en cette période pour le moins particulière, des sites parodiques rivalisent d'inventivité malgré une actualité pesante. Le Gorafi, référence en la matière, a ainsi publié jeudi un article au titre provocateur.

Un sans-abri irresponsable écope de 135 euros d’amende pour ne pas avoir respecté le confinement- Le Gorafi, 19/03/2019

Si l'auteur force le trait à grand renfort de citations provocatrices et de détails improbables, ne laissant aucun doute sur le caractère parodique du sujet, une autre publication a créé le trouble chez les internautes, quelques heures plus tard. "Lyon : des SDF verbalisés pour ne pas avoir respecté le confinement", a en effet titré le quotidien local Le Progrès. La réalité aurait-elle rattrapé la fiction ?

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La préfecture lance une enquête

Le journal, contrairement au Gorafi, n'a pas publié sur le ton de la plaisanterie. L'article explique ainsi que le Samu social du Rhône a constaté "des cas de verbalisation de personnes sans domicile fixe", 4 à 5 personnes auraient été concernées. "Il faut que le préfet fasse stopper cela, il y a des limites à l’indécence", a lancé au Progrès une responsable locale du Samu social, révoltée. 

Sur sa page Facebook, un membre du 115 à Lyon a lui aussi pris la parole : "Nous n’avons rien", a-t-il lancé. "Que dalle, nada, zéro. A part le désarroi partagé et un peu d’écoute. Les rares places que nous pouvions distribuer pour une nuit à l’abri sont maintenant fermées à cause du virus. Les foyers ont été mis en quarantaine." 

Ces messages, largement relayés, ont suscité un rapide vent d'indignation. Le préfet de région, Pascal Mailhos, n'a pas tardé à réagir, assurant au Progrès que de telles contraventions, si elles étaient avérées, seraient "contraires aux instructions données aux forces de l’ordre". Elles seraient, le cas échéant, "immédiatement annulées", a-t-il poursuivi. Sans tarder, une enquête interne a été confiée au directeur départemental de la sécurité publique du Rhône. Contactée par LCI ce vendredi, la préfecture n'a pour l'heure pas apporté de précision ni confirmé les témoignages recueillis par le Samu social.

Du côté du Gorafi, on a accueilli avec étonnement cette information. L'équipe du site parodique a réagi par le biais du compte de son "Président du directoire" (compte humoristique lui aussi) : "Non les médias n'ont pas repris une de nos news. On aurait préféré, vraiment", ont-ils notamment tweeté. 

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