Confinement : le nombre de crimes et délits en forte baisse au mois de mars

Confinement : le nombre de crimes et délits en forte baisse au mois de mars
Police

STATISTIQUES - Selon les chiffres communiqués ce lundi par le ministère de l'Intérieur, les crimes et délits ont connu une forte baisse en mars 2029. Beauvau indique qu'il faut toutefois relativiser, du fait du contexte sanitaire d'une part, mais aussi du retard possible de certaines plaintes.

Les criminels et les malfaiteurs respecteraient-ils eux aussi la règle du "rester chez soi" imposée y a près de trois semaines ? Ce lundi, le ministère de l'Intérieur a communiqué  les chiffres des crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie à la fin du mois de mars 2020 et tous sans exception sont en baisse...

Beauvau nuance toutefois ses annonces, précisant dans son bulletin mensuel de statistique la situation extraordinaire dans laquelle se trouvent la France actuellement. "Les indicateurs présentent de fortes baisses pour le mois de mars 2020 dont l’interprétation s’avère très complexe, pour plusieurs raisons. Tout d’abord le confinement a fortement influencé les conditions de dépôt de plainte, pour les victimes et les forces de sécurité. Ensuite, certaines formes de délinquance ne peuvent pas s’exercer dans le contexte de confinement, tandis que d’autres sont renforcées. Enfin, le confinement ayant débuté à la mi-mars, certains effets ne deviendront 'visibles' que le ou les mois suivant(s), et seront analysés dans les prochaines notes mensuelles de conjoncture", prévient ainsi l'Intérieur. 

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Homicides, violences, vols ...

A titre d'exemple, les homicides connaissent ainsi une baisse de 18% sur le premier trimestre 2020 par rapport au dernier trimestre 2019  et sont stables en mars 2020 par rapport à février 2020. Les coups et blessures volontaires ont baissé eux de 8% sur le premier trimestre 2020 par rapport au dernier trimestre 2019 et de 33% en mars 2020 par rapport à février 2020. 

Concernant les délits, les diminutions sont encore plus importantes. Ainsi, les vols avec armes baissent de 9% sur le premier trimestre 2020 par rapport au dernier trimestre 2019 et de 43% en mars 2020 par rapport à février 2020. Les vols violents sans arme baissent de 13% sur le premier trimestre 2020 par rapport au dernier trimestre 2019 et de 45% en mars 2020 par rapport à février 2020. Les vols sans violences contre les personnes baissent de 13% sur le premier trimestre 2020 par rapport au dernier trimestre 2019 et de 51% en mars 2020 par rapport à février 2020. 

Les cambriolages de logements enfin chutent eux de 14% sur le premier trimestre 2020 par rapport au dernier trimestre 2019 et 44% en mars 2020 par rapport à février 2020. 

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Des plaintes à venir?

"Ces chiffres sont à prendre avec des pincettes. Pour plusieurs raisons. D'abord, certains trafics sont à l'arrêt, ou repenser, comme le trafic de stupéfiants. La drogue n'arrive plus en France, les dealers ont du mal à s'approvisionner, comme les acheteurs, confinés chez eux. Ensuite, certains délits ne sont pas encore constatés sans doute. On peut imaginer que des personnes parties de grandes villes, notamment Paris, aient de mauvaises surprises en rentrant chez elles, en constatant des cambriolages, tentatives de cambriolages, ou vols de biens type vélos ou deux-roues par exemple. Enfin, il y a des disparités selon les départements avec des villes où les faits sont plus marquants que dans d'autres", relativise une source policière.

Une autre source insiste également sur le phénomène de "plaintes à retardement" qui pourraient se produire. "Les Parisiens qui découvriraient des vols chez eux à leur retour ne déposeront plainte qu'à ce moment-là. Les baisses de ce mois pourraient alors se transformer en hausse. Par ailleurs, actuellement, les forces de l'ordre incitent à procéder au dépôt de plainte en ligne, du fait du confinement. C'est normal mais cela dissuada peut-être certains de faire la démarche". Cette source rappelle par ailleurs que certaines violences pourraient "exploser", au fil des semaines de confinement. "Les violences conjugales, la maltraitance infantile, tout ceci était stable après la première semaine de confinement. Dès la deuxième, et les associations l'ont rappelé, les appels pour alerter de ce type de faits ont malheureusement augmenté, comme nous le redoutions".

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"On ne peut pleinement se satisfaire de ces baisses, concède un policier sous couvert d'anonymat. Les chiffres auront réellement du sens après le confinement. Et pas le jour où l'on pourra se déconfiner mais le mois suivant, ou les deux mois plus tard. Aujourd'hui, tout est un peu à l'arrêt, dans la vie de tous les jours, mais aussi dans la délinquance, dans les crimes et dans les tribunaux". 

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