Coronavirus : les policiers en colère après que l'Intérieur veut reprendre leurs masques

Les policiers s'inquiètent de manquer de moyens de protection contre l'épidémie quand ils procèdent aux contrôles.
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SÉCURITÉ - Dans un communiqué commun ce jeudi, l'intersyndicale police s'agace que le ministère de l'Intérieur veuille reprendre les masques de protection contre le Covid-19 aux forces de l'ordre. Le gouvernement souhaite en effet les attribuer aux personnels soignants, en première ligne.

Avant même le début du confinement, les policiers avaient exprimé leur colère de ne pas avoir de masques et de gants. Et ce alors même qu'ils se trouvaient en contact direct avec la population et que l'épidémie de coronavirus gagnait du terrain en France. Bien qu'elles aient obtenu gain de cause, avec l'attribution de matériels de protection, en nombre insuffisant toutefois selon elles, les forces de l'ordre s'étonnent aujourd'hui de l'annonce faite ce jour par Beauvau, qui entend reprendre leurs masques pour les donner aux personnels soignants.

Dans un communiqué commun, Alliance police nationale, Unité SGP Police, l'Unsa police, le syndicat indépendant des commissaires de police, Synergie Officiers, le  Syndicat des Commissaires de la Police Nationale et le syndicat des cadres de la sécurité intérieure  écrivent : "Ce jour, le ministère de l'Intérieur a décidé sans aucune concertation préalable de mettre à la disposition du ministère de la Santé les stocks de masques FFP2 (périmés ou non) présents dans les services de police."

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Les syndicats ajoutent que s'ils "comprennent parfaitement le besoin vital et urgent d'équiper les soignant", ils savent également "qu'il n'y a pas de stocks de masques disponibles en France".  "On déshabille Pierre pour habiller Paul. Bien sûr que les médecins, les infirmiers, les soignants en général ont besoin de ces masques, mais nous aussi. Nous passons énormément de temps aujourd'hui à contrôler les personnes pour voir si elles respectent ou non le confinement. Nous avons largement dépassé les deux millions de contrôles. Le contact, avec des personnes potentiellement positives au Covid-19, nous l'avons nous aussi au quotidien, mais d'une autre façon", insiste un policier qui souhaite garder l'anonymat.

Les syndicats exigent des réponses

Dans leurs textes, les syndicats policiers exigent "des réponses du ministre de l'Intérieur" sur certaines questions, souhaitant notamment savoir "quels sont les stocks de masques disponibles au ministère pour les policiers", "combien ont été commandés au total pour la durée du confinement estimé à plusieurs semaines" et enfin "quels sont les délais d'approvisionnement et de distribution dans les services". 

L'intersyndicale explique avoir envoyé un courrier au ministère le 19 mars dernier et n'avoir eu à ce jour aucune réponse. Elle a donc décidé de lancé un "appel solennel au ministre". "Si les moyens de protection font défaut dans les services, les policiers ne feront que les missions réellement urgentes et ne procèderont plus au contrôle du confinement'. "Si le message n'est pas clair, les conséquences le seront", promet un autre policier, lui aussi, sous couvert d'anonymat. 

Des "solutions innovantes" à l'étude

Ce jeudi, Laurent Nunez a réagi à ces critiques dans le JT de 13H de TF1. "Les 1,4 million de masques que le ministère de l’Intérieur met à disposition des agences régionales de santé, pour la plus grande partie, un million d’entre eux, n’étaient pas à destination de la police mais de la gendarmerie nationale", a déclaré le secrétaire d’Etat. "Ce sont des masques d’un type particulier, des FFP2, normalement destinés aux personnels soignants qui interviennent auprès des malades les plus graves, et notamment en réanimation. La doctrine du gouvernement, c’est de réserver ces masques aux personnels soignants. C’est une priorité. C’est ce que nous avons appliqué."

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Polémique autour des masques pour les policiers : Laurent Nunez s'explique

"Concernant la protection des policiers et des gendarmes, nous avons en dotation des masques de protection qui sont mis à disposition des équipages. Et dans le cadre d’une doctrine qui est très simple, chaque fois qu’ils contrôlent des individus qui peuvent leur sembler symptomatiques, c’est à dire d’être porteurs du Covid-19, nous leur demandons de revêtir le masque. Mais uniquement à ce moment-là", a souligné Laurent Nunez. "C’est une doctrine qui s’appuie sur des considérations scientifiques. Et nous veillons, bien sûr, avec le ministre de l’Intérieur, à ce que les policiers et ces gendarmes disposent effectivement de ces masques. Nous veillons donc évidemment à les réapprovisionner et nous réfléchissons par ailleurs à des solutions innovantes de protection, qui peuvent être tout autres."

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