Coronavirus : parloirs annulés, plaintes en ligne... justice et police tentent de faire face au virus

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EPIDEMIE – La consigne de limiter les contacts au minimum pour éviter la propagation du coronavirus s'applique à tous. Police et justice n'échappent pas à la règle et ont dû elles aussi changer leur quotidien.

Du télétravail pour tous ceux qui le peuvent, des services réduits au strict minimum, des audiences reportées, des parloirs annulés. Depuis quelques jours, les services de police et de justice ont du faire comme tout le monde, ou presque. 

Ainsi, dans les commissariats ouverts habituellement au public 24h/24 et 7 jours sur 7, certaines activités tournent au ralenti et des fonctionnaires sont parfois confinés par crainte d'une contamination. "A ce stade, rien n'est modifié, on continue d'accueillir les gens dans les commissariats. Lors des interventions et en présence d'un cas suspect, on respecte les consignes et les gestes barrières", rapporte une source policière à l'AFP. "On est un service de secours donc il est difficile de limiter nos services", commente une autre source. 

Dans un message adressé lundi à tous les policiers, le nouveau directeur général de la police nationale (DGPN), Frédéric Veaux, a estimé que "l'aménagement de l'activité sur l'essentiel de nos missions (allait) nous permettre de réduire le risque d'exposition" au virus, ajoutant par ailleurs que la population devait savoir qu'elle sera protégée "quelle que soit la situation". 

Mesure de confirment Selon une source policière, environ 600 policiers faisaient toujours l'objet d'une mesure de confinement par crainte d'une contamination au coronavirus lundi. 

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Gérer l'urgence, c'est tout

Sur le terrain, les commissariats gardent leurs portes ouvertes au public même si la direction générale de la police nationale invite depuis ce weekend à privilégier des pré-plaintes ou signalements en ligne pour certains faits allant des cas d'atteintes aux biens ou aux personnes, de violences sexuelles ou sexistes, de fraudes à la carte bancaire, de signes de radicalisation, d'escroqueries ou malveillance sur Internet, de contentieux commercial ou encore de comportement illicite sur Internet. Le syndicat Alliance a appelé à "un service minimum de bon sens" en se focalisant sur les missions "prioritaires".

"Dans certains commissariats parisiens, on ne prend plus que les choses urgentes, par exemple les vols ou les agressions", avance un policier de terrain. "Mais de toutes les manières, vu le contexte, il serait totalement idiot de venir déposer plainte dans un commissariat pour une boîte aux lettres dégradée ou une engueulade avec un voisin".

"De son côté, la police judiciaire va adapter son activité aux directives du traitement judiciaire données par la Chancellerie et les parquets", pronostique une source policière. "Elle va prioriser ses objectifs. Certaines interpellations vont être décalées dans le temps s'il n'y a pas de menace immédiate sur l'ordre public", fait encore valoir cette source.

Procès reportés

Côté justice, vendredi dernier, Nicole Belloubet a indiqué que deux  cas de coronavirus confirmés dans deux juridictions et une infirmière travaillant à la maison d'arrêt de Fresnes elle aussi testée positive au covid-19. Dans le même temps, elle insistait sur le fait qu"à ce stade, aucun cas de contamination n'avait été révélé chez les détenus. 

Depuis ces annonces, les syndicats pénitentiaires ont indiqué qu'une deuxième infirmière de Fresnes était elle aussi contaminée. Pas de changement connus côté détenus. 

Par ailleurs, la garde des Sceaux a fait savoir que les activités des tribunaux allaient elles aussi connaître des changement du fait de l'épidémie et de ses conséquences. AInsi, depuis lundi 16 mars, les tribunaux sont fermés sauf pour le traitement des contentieux essentiels. Dans un mail adressé aux agents du ministère de la Justice, la garde des Sceaux Nicole Belloubet  appelle également à repousser, "dans la mesure du possible", les procès d'assises. Elle ordonne aussi des mesures "pour éviter la circulation du virus en détention", en limitant par exemple "au strict minimum" les extractions judiciaires.

Les "contentieux essentiels" comprennent "les audiences correctionnelles pour les mesures de détention provisoire et de contrôle judiciaire", les "comparutions immédiates", "les présentations devant le juge d'instruction et le juge des libertés et de la détention". Cela concerne aussi "les audiences du juge de l’application des peines" ainsi que celles du "tribunal pour enfants et du juge pour enfants" pour "la gestion des urgences", ou encore "les permanences du parquet".  "Les procès pourront être renvoyés, dans les limites du délai raisonnable et dans le respect des délais de détention provisoire", explique la ministre.

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Parloirs annulés

Ce mardi enfin,  Nicole Belloubet a annoncé, dans un message adressé aux agents du ministère de la Justice, la suspension de l'accès aux parloirs des 188 prisons françaises pour les familles des détenus.

Cette décision était attendue, alors que les autorités ont renforcé lundi soir les restrictions des déplacements et regroupements dans les 15 prochains jours, décrétant ainsi le confinement général pour tenter d'enrayer l'épidémie du nouveau coronavirus (Covid-19). 

La mesure ne prendra toutefois effet que "mercredi", a précisé la Direction de l'administration pénitentiaire (DAP). Les parloirs programmés ce mardi, et seulement ceux-ci, seront maintenus "pour les familles qui se présentent à l'établissement", a indiqué la Chancellerie.  "Il ne s'agit là que d'une mesure provisoire destinée à éviter la propagation du virus et protéger l'ensemble de la population", a insisté la ministre de la Justice. 

Les autorités veulent éviter un scénario à l'italienne, où la suppression des parloirs dans ce pays avait provoqué de violentes mutineries qui ont fait plusieurs morts parmi les détenus.  Au cours de la journée de mardi, des incidents ont éclaté dans plusieurs prison. 

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