Covid-19 : la pandémie complique la lutte contre la pédocriminalité

Covid-19 : la pandémie complique la lutte contre la pédocriminalité

VICTIMES - La pandémie a rendu la lutte contre la pédocriminalité plus difficile, souligne Interpol dans un rapport. Les mesures de confinement ont eu pour conséquence l’accroissement du temps passé en ligne par les enfants, tout en rendant plus compliquée la détection des cas d’exploitation sexuelle. Dans le même temps, les partages de contenus pédocriminels ont augmenté.

Une sous-déclaration des abus pédosexuels d’un côté, et de l’autre l'augmentation du partage de contenus mettant en scène ces exploitations via les réseaux : l'épidémie de Covid-19 complique la lutte contre l'exploitation sexuelle des enfants, relève Interpol dans un rapport publié lundi 7 septembre.

Selon l'organisation policière internationale, l'épidémie et les mesures sanitaires "influent sur le comportement des auteurs et des victimes de ces abus". Interpol cite notamment "la fermeture des écoles", "l'accroissement du temps passé en ligne par les enfants" et un "accès limité aux structures d'aide à la population, aux services de garde d'enfants et au personnel enseignant, qui jouent souvent un rôle déterminant dans la détection et le signalement des cas d'exploitation sexuelle des enfants".

"Eu égard aux obstacles plus nombreux rencontrés par les victimes pour signaler les infractions ou obtenir un soutien, il est à craindre que, passé un long délai, certains abus ne soient jamais pris en compte", note le rapport.

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Diffusions en direct payantes

Par ailleurs, l'organisation a pu constater "l'accroissement des discussions sur les forums consacrés aux abus et à l'exploitation sexuels des enfants sur le 'dark net'". "Depuis quelques années, on observe une hausse des diffusions en direct payantes de contenus mettant en scène l'exploitation sexuelle d'enfants, et la demande en la matière va probablement encore croître sous l'effet des restrictions de déplacement", de même que l'offre, "car les victimes sont parfois confinées avec les 'facilitateurs' et que les difficultés économiques s'aggravent" en temps d'épidémie, redoute encore l'organisation.

En outre, "dans les zones fortement touchées par le Covid-19, lorsque les parents sont hospitalisés et que les enfants sont placés sous la garde d'autres personnes, voire livrés à eux-mêmes, le risque d'abus est susceptible de s'accroître", ajoute le rapport.

En temps de Covid, Interpol a constaté une "réduction du nombre de signalements de cas d'abus ou d'exploitation sexuels d'enfants, ou du retard dans ces signalements, en raison de la perturbation des canaux habituels".

Ainsi, l'organisation préconise la mise en place de campagnes de prévention et de sensibilisation sur les abus en ligne, des réflexions sur "de nouveaux moyens de signalement" et un partage accru des données avec Interpol.

"Il ne faut jamais oublier que chaque photo ou vidéo montrant des abus pédosexuels constitue une preuve d'une infraction réelle qui concerne des enfants réels. Chaque fois qu'une image est visionnée, ces enfants sont à nouveau victimes et leur souffrance bien réelle dure encore plus longtemps", souligne Jürgen Stock, secrétaire général de l'organisation.

L'Union européenne veut renforcer la lutte contre la pédocriminalité

En juin dernier, l’Union européenne a fait part de sa volonté de renforcer la lutte contre les abus sexuels à l’encontre des enfants. "Depuis le début de la pandémie de Covid-19, la demande pour du contenu montrant des abus sexuels à l’encontre des enfants a augmenté de 30 % dans certains Etats membres", constatait à l’époque la commissaire européenne aux affaires intérieures Ylva Johansson. Un nouveau plan prévoit notamment la création d’un nouveau centre de l’UE pour aider les pays à "enquêter, prévenir et combattre les abus sexuels à l’encontre des enfants" et faciliter le partage des informations.

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