Crash d'un Mirage 2000 dans le Jura : 150 militaires recherchent toujours les 2 pilotes

Police

CRASH - Un Mirage 2000D biplace en provenance de la base aérienne 133 de Nancy-Ochey (54) a disparu mercredi alors qu'il volait la frontière suisse. Des débris ont été retrouvés, mais les militaires présents à bord restent introuvables. Les recherches ont repris jeudi. "Beaucoup d'incertitudes demeurent, beaucoup d'interrogations  subsistent", a expliqué Florence Parly, ministre des Armées.

Il est toujours introuvable. Un avion de chasse Mirage 2000D qui avait décollé de la base aérienne de Nancy-Ochey (Meurthe-et-Moselle), a disparu des écrans radars mercredi peu après 11 heures dans une zone montagneuse entre le Doubs et Jura avec deux militaires à bord. L'avion survolait le massif jurassien au niveau de Mouthe et la frontière Suisse et, était "non armé et ne possède pas de réservoir supplémentaire", selon la préfecture du Doubs. Les recherches ont repris jeudi vers 7h30 du côté de Mignovillard (Jura), où des débris ont été retrouvés.

Quelle mission effectuait l'avion ?

L'Armée de l'air a indiqué dans un communiqué que ce Mirage 2000 D effectuait "un vol d'entraînement aux missions en basse altitude", alors que le "contact radio/radar a été perdu" avec l'appareil.

Quelles conditions de recherche ?

Le plan SATER, visant à la recherche terrestre et la localisation précise d'aéronefs civils ou militaires en détresse et de ses occupants, a été déclenché à mercredi midi, mais les recherches étaient compliquées  par la neige et le manque de visibilité. Quatre hélicoptères ont été mobilisés pour tenter de retrouver les deux disparus. Aucune des quatre balises n'a fonctionné dans le crash du Mirage 2000D.

"Le ratissage est systématique, sur une zone accidentée de 800 mètres par 500 mètres, malgré la neige supplémentaire tombée cette nuit", a expliqué jeudi le commandant de la gendarmerie de Franche-Comté Eric Langlois, lors d'une conférence de presse à Mignovillard (Jura).

Les recherches, suspendues dans la nuit, ont repris tôt jeudi matin autour de cette petite commune montagneuse, proche de la frontière suisse.

Les moyens importants déjà déployés mercredi ont permis de localiser des "débris d'aéronef" et de retrouver un parachute dans cette zone forestière difficile d'accès, mais les deux membres d'équipage - pilote et navigateur - restent introuvables.

Le porte-parole de l’armée de l’Air Cyrille Duvivier a précisé jeudi à l’AFP que "le parachute retrouvé est un parachute d’équipage", tout en ajoutant que "ceci n’indique en rien comment le parachute s’est ouvert, soit par une action humaine soit lors d’une collision".

Des moyens importants déployés

"La priorité est de savoir ce qu'est devenu l’équipage", a déclaré la ministre des Armées Florence Parly, lors d'un discours prononcé jeudi à l'Office national d'études et de recherches aérospatiales (Onera) à Palaiseau (Essonne).

"La mobilisation pour retrouver l'avion et ses occupants est totale", a-t-elle assuré. "Beaucoup d'incertitudes demeurent, beaucoup d'interrogations subsistent", a expliqué la ministre. 

Selon la communication de la gendarmerie de la zone Est, environ 150 militaires sont mobilisés: "des gendarmes du Jura et du Doubs, un escadron de gendarmerie mobile, la section de recherches de la gendarmerie de l'Air, renforcés par les pelotons de gendarmerie de montagne des Vosges et d'Alsace".

"Tous les moyens sont mis en oeuvre dans une vaste zone, dans un milieu qui n'est pas favorable, parce que boisé, et avec une météo qui n'est pas clémente" en raison des chutes de neige, a-t-on ajouté. Un hélicoptère de la gendarmerie a néanmoins pu décoller jeudi matin pour survoler la zone.

Dans quel état était le Mirage 2000 ?

Le Mirage 2000 est un chasseur-bombardier polyvalent. Mis en service en avril 1993, cet appareil construit par Dassault Aviation est biplace (un pilote et un navigateur officier systèmes d'armes). Il peut voler à une altitude opérationnelle supérieure à 15.000 mètres et peut emporter six tonnes d'armement.

D'après le colonel Duvivier, présent lors d'un point-presse en fin d'après-midi, c 'était "un avion en opération depuis 20 ans" et qui fonctionnait "parfaitement".

Des débris retrouvés

En fin d'après-midi mercredi, des débris du Mirage 2000D ont été retrouvés dans le Jura. Ils ont été localisés sur le territoire de la commune de Mignovillard autour de laquelle les recherches s'étaient concentrées, a indiqué une source proche des secours. Selon le quotidien L'Est Républicain, un parachute et une carte figurent parmi ces débris retrouvés sur les hauteurs de Mignovillard, à 1050 mètres d'altitude.

En fin de journée, le colonel Duvivier, du Service d'information et de relations publiques de l'armée de l'air (SIRPA) a confirmé lors d'un point-presse qu'un tissu "qui pourrait correspondre à un parachute", a été retrouvé dans la zone ainsi "qu'un morceau de débris".

Les deux pilotes toujours portés disparus

Les deux militaires, un homme et une femme, qui étaient à bord ne se sont pas manifestés a également précisé le militaire, appelant la presse à de la mesure et de la déontologie, notamment par respect pour les proches des pilotes.

Quels précédents ?

Le dernier accident mortel ayant affecté l'Armée de l'air remonte au 1er mars 2011. Le pilote et le navigateur d'un Mirage 2000, basé à Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône), s'étaient tués dans le crash de leur appareil dans la Creuse. Plus récemment, le 28 septembre 2017, un Mirage 2000 français s'était écrasé au décollage sur la base de N'Djamena au Tchad. Le pilote et le navigateur étaient parvenus à s'éjecter.

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