Décès suspects dans un Ehpad au sud de Toulouse : "C'est inadmissible", s'indignent les familles des victimes

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COLERE - Les familles des victimes de la maison de retraite de Lherm expriment leur incompréhension après la mort de 5 personnes âgées dans cet Ephad proche de Toulouse. Le fils d'une des victimes s'interroge notamment sur l'origine des plats consommés.

Cinq décès et beaucoup de questions. Quatre femmes et un homme, âgés de 72 à 95 ans, sont décédés, dans la soirée du dimanche 31 mars, victimes d'une probable intoxication alimentaire dans un Ehpad du sud de Toulouse, à Lherm. 


Il est 1h30 du matin quand Alain Lapeyre apprend le décès de sa mère par les gendarmes. Elle était âgée de 93 ans, atteinte d'Alzheimer et hébergée dans l'Ehpad de Lherm depuis dix ans. Selon lui, le manque de personnel en est la cause principale, mais Alain Lapeyre s’interroge également sur l'origine du repas consommé par sa mère. 

L'établissement, qui fait partie du Groupe Oméga, repris par le groupe Korian le 18 février, "produit les repas sur place avec ses propres équipes de cuisine", a assuré Korian, numéro un européen des maisons de retraite, dans un communiqué. Mais Alain Lapeyre affirme quant à lui que le dîner incriminé avait été livré de l'extérieur, et précise que l'information lui avait été donnée par le médecin traitant de l'établissement. Une autre parente, Marie, dont le père de 78 ans n'a pas été intoxiqué, a confirmé avoir eu la même information.


"Je suis très en colère, c'est inadmissible", lance Alain Lapeyre, qui indique que sa famille payait "pas loin de 3000 euros par mois" pour la prise en charge de leur mère. Il a annoncé qu'il allait porter plainte, afin d'en savoir plus mais aussi "pour les maisons de retraites", pour éviter que "cela n'arrive à d'autres personnes". Une autre proche, Huguette Héroux, a indiqué qu'elle allait faire de même. 

19 personnes toujours sous surveillance médicale

Selon certains, l'origine de l'intoxication pourrait se trouver ailleurs, et provenir notamment des aliments mixés. Le problème est survenu "apparemment sur des repas spéciaux, des repas mixés pour personnes en fin de vie", a notamment affirmé Chantal, fille d'un couple résident indemne. 


Le parquet "a immédiatement ouvert une enquête des chefs d'homicides involontaires et blessures involontaires", et les investigations doivent notamment déterminer si les repas étaient préparés en interne ou apportés de l'extérieur. "Nous n'avons pas eu connaissance du fait que le repas de dimanche soir ait été apporté de l'extérieur" et, "dans une période récente, de signalements ou de plaintes, qui soient significatifs, même si cela ne préjuge de rien", a indiqué à l'Agence France-Presse le directeur général de l'Agence régionale de Santé (ARS) Occitanie, Pierre Ricordeau.


Lundi 1er avril en fin d'après-midi, 19 personnes restaient sous surveillance médicale "dont 16 en urgence relative sans que le pronostic vital de l'une d'elle ne soit engagé", a précisé dans un communiqué le procureur de Toulouse Dominique Alzeari.

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