Match de foot illégal à Strasbourg : "Tous ceux qui étaient présents doivent se faire dépister"

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Police

SANTÉ – Au cours d'une conférence de presse ce mardi, les autorités ont demandé aux centaines de personnes qui ont participé ou assisté au match de foot illégal à Strasbourg (Bas-Rhin) dimanche d'aller faire un dépistage pour le Covid-19 pour éviter notamment un nouveau cluster. Les tests seront anonymes et gratuits.

"Un outrage pour les soignants", "Un manque de respect pour les malades et leurs proches", "un événement inacceptable". Les mots n'ont pas manqué ce mardi aux autorités du Bas-Rhin réunies pour dénoncer le match de foot qui s'est tenu en toute illégalité dimanche dans la ville de Strasbourg (Bas-Rhin) et auquel ont assisté plus de 400 personnes. 

"C'est un carton rouge pour les organisateurs et les participants", a déclaré la préfète Josiane Chevalier rappelant que personne dans le quartier n'avait alerté le commissariat avant l'événement qui se préparait sous les yeux de dizaines de personnes. "Aujourd'hui, la priorité est sanitaire. Tous ceux qui étaient présents doivent se faire dépister pour voir s'ils sont ou non positifs au Covid-19. Il y a eu des personnes très proches, des embrassades, des risques énormes", a-t-elle déploré. 

Dépistages anonymes et gratuits

Ainsi, joueurs, organisateurs, arbitre et footballeurs sont appelés à se présenter dans les centres médicaux ou chez leur médecin afin d'effectuer un dépistage anonyme et gratuit, en disant, ou non s'ils ne le souhaitent pas, qu'ils se trouvaient à la rencontre. Afin que tout le monde puisse se faire dépister en un minimum de temps, les autorités ont mis à disposition du public le centre de dépistage du Parlement européen notamment, sans rendez-vous. "Il ne s'agit pas d'un piège, a assuré la préfète. Il n'y aura pas de policiers en civil pour interpeller ou identifier les patients". 

Adeline Jenner, déléguée territoriale de l'agence régionale de santé, a rappelé l'urgence à consulter. "Les personnes qui se trouvaient sur et autour du terrain doivent accéder le plus rapidement possible à un test pour qu'elles soient prises en charge si besoin. Il y a eu des contacts potentiels, des projections. Le Covid-19 est un virus aéroporté. Ces personnes représentent un facteur de risque en rentrant chez elle. Il faut qu'elles évitent tout contact, qu'elles respectent les gestes barrières en attendant les résultats, qu'elles ne s'approchent pas à plus d'un mètre des autres", a-t-elle dit. 

Eviter un nouveau cluster

Dans le Bas-Rhin, le Covid-19 a fait près de 1.100 décès et des centaines de personnes sont toujours hospitalisées. "Nous devons à tout prix éviter qu'il y ait un nouveau cluster. Le virus n'est pas parti, il est toujours présent. Le déconfinement ne signifie pas une liberté totale. Il y a des règles strictes à respecter", a rappelé Roland Ries, Strasbourg. Yolande Renzi, procureure de la République a elle aussi rappelé que le sujet aujourd'hui, plus que pénal, était avant tout "sanitaire". "La région a payé un lourd tribu et ce n'est pas terminé, a-t-elle insisté. Au cours de ce match, il n'y a eu aucun respect des gestes barrières". 

La magistrate a précisé qu'une enquête avait été ouverte dimanche pour violation de l'interdiction d'organiser un rassemblement de plus de 20 personnes dans un endroit qui était de surcroît fermé. Celle-ci a été confiée à la sûreté départementale. "Pour ces faits, la peine encourue est de 6 mois d'emprisonnement et 7500 euros d'amende" a-t-elle détaillé. La procureure a indiqué par ailleurs qu'elle verrait si elle ouvrait une autre enquête pour "mise en danger de la vie d'autrui" après ce match.

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Les élus de la ville de Strasbourg, eux, ont fait savoir que tout était mis en œuvre pour éviter qu'un tel événement ne se reproduise. "Il semble que certains essaient d'organiser un match retour. Il faut tout faire pour qu'il n'ait pas lieu", a souligné le maire Roland Ries. L'édile a fait savoir que les buts du stade Paco-Mateo avaient été retirés et que ceux des autres stades le seraient rapidement. 

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"Ce match a donné des idées à d'autres. C'est un mauvais signal. La police est intervenue trois ou quatre fois au cours des dernières 24 heures pour disperser des jeunes qui s'étaient rassemblés à 20 ou 30. Notre premier souci est de faire comprendre à ces personnes qu'il y a des risques pour eux et leur famille. Elles se sont mises en danger et elles ont mis en danger les autres. La bataille contre le virus n'est pas finie. De tels rassemblement ne peuvent se reproduire", a conclu la préfète Josiane Chevalier.

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