Démantèlement d'un vaste trafic international de Subutex qui aurait coûté 500.000 euros à la Sécurité sociale

Police
ENQUÊTE - Une vaste opération menée le 22 mai à l'échelle européenne en France, en Ukraine et en Pologne a permis de démanteler un trafic international de Subutex, médicament de substitution aux opiacés. Près de 7.000 à 10.000 cachets transitaient chaque mois entre la France et l'Ukraine, créant un préjudice pour la Sécurité sociale.

C'est un vaste trafic européen de Subutex - médicament utilisé notamment comme substitut à l'héroïne - qui a été démantelé le 22 mai dernier en France, en Pologne et en Ukraine. La Gendarmerie nationale a annoncé mercredi avoir lancé une opération judiciaire conjointe avec les autorités de ces pays, ainsi que les forces européennes Eurojust et Europol, ayant permis de mettre fin à un réseau marseillais qui alimentait des trafiquants ukrainiens, via la Pologne. L'enquête a duré dix mois.


Selon les autorités, les investigations menées en France ont permis d'identifier un trafic de 7000 à 10.000 cachets par mois, soit plus de 200.000 cachets sur deux ans, les transactions se faisant pour l'essentiel dans l'Est parisien. Il était organisé par "un important groupe criminel organisé se livrant également à d'autres trafics et disposant de relais logistiques en Pologne". 

Neuf personnes interpellées

L'opération menée le 22 mai a permis l'interpellation de neuf personnes dans les Bouches-du-Rhône, en Pologne et en Ukraine. Les profits estimés seraient de 10 millions d'euros. 


Le trafic aurait en outre valu à la Sécurité sociale un préjudice de 500.000 euros, la collecte illégale des médicaments ayant été effectuée par des personnes bénéficiant de l'Aide médicale d'Etat (AME), un dispositif dédié aux personnes n'ayant pas accès à la couverture maladie universelle - en particulier des étrangers en situation irrégulière.


La France participe avec 15 autres pays à une action opérationnelle européenne de lutte contre ces trafics baptisée Mismed, qui a permis, l'an dernier, de démanteler "24 organisations criminelles, d'interpeller 435 individus et de saisir plus de 13 millions de médicaments falsifiés, contrefaits ou détournés de la chaîne légale", selon les autorités. 

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