Disparition d'Estelle Mouzin : la maison de Michel Fourniret à Ville-sur-Lumes au cœur de l'enquête

Affaire Estelle Mouzin : Monique Olivier passe aux aveux

FAIT DIVERS - Entendue par le juge d'instruction, Monique Olivier a accusé son ex-mari Michel Fourniret d'avoir enlevé Estelle Mouzin avant de la séquestrer et de l'étrangler à Ville-sur-Lumes (Ardennes). C'est là que se trouve une ancienne maison du tueur en série, qui avaient été fouillée en vain en juin dernier.

C'est une maison banale à la façade crème, sur trois niveaux, située au bout d'une allée de graviers. Le 22 juin 2020, une équipe de gendarmes et d'experts avait été déployée dans cette demeure de Ville-sur-Lumes (Ardennes), ancienne propriété de Michel Fourniret, pour tenter de retrouver le corps d'Estelle Mouzin, disparue en 2003. Des fouilles qui avaient duré plusieurs jours, tenant la France en haleine, sans aboutir.

La propriété, qui a appartenu à la sœur de Michel Fourniret 6 décédée en 2002 -, intéresse depuis plusieurs mois les enquêteurs. Le tueur s'y est rendu régulièrement jusqu'à son arrestation en 2003. Vendue, elle n'avait jamais été fouillée jusqu'en juin dernier. Lors des recherches, la justice s'était tout particulièrement intéressée à la cave, dont le sol autrefois constitué de terre aurait été recouvert de béton par "l'Ogre des Ardennes". 

Si les recherches n'ont pas abouti, la demeure, située à proximité du château du Sautou, principale résidence des Fourniret à Donchery, reste au cœur de l'enquête. Lors de son audition, son ex-compagne Monique Olivier a indiqué au juge d'instruction que Michel Fourniret avait enlevé et kidnappé Estelle Mouzin, avant de la séquestrer, de la violer et de l'étrangler à Ville-sur-Lumes, a rapporté vendredi son avocat Richard Delgenes. 

Lire aussi

Un ticket de caisse et quatre boîtes de pois cassés

A l'origine des recherches, c'est un ticket de caisse comptant quatre boîtes de pois cassés, retrouvé lors d'une perquisition chez Michel Fourniret, qui avait attiré l'attention des enquêteurs et de la justice. Provenant d’un supermarché à proximité de Ville-sur-Lumes, il était daté du 11 janvier 2003, soit deux jours après la disparition d’Estelle Mouzin.  

Questionné lors de son dernier interrogatoire, en novembre 2019, sur l’éventualité qu’il ait amené la fillette dans cette maison restée vide depuis le décès de sa sœur, "l'Ogre des Ardennes" avait répondu: "C’est tout à fait pertinent". "Pas du tout improbable, seulement il faudrait mettre des images dessus et ce n’est pas évident, je suis paumé", avait ajouté l'homme aujourd'hui âgé de 78 ans, qui souffre de troubles de la mémoire.

Incarcéré pour la première fois en 1984, pour des agressions sexuelles sur une douzaine de jeunes femmes, Michel Fourniret a été reconnu coupable en 2008 des meurtres de sept jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001, et condamné à la perpétuité incompressible, avant d'être à nouveau condamné en 2018 pour un assassinat crapuleux. En février 2018, il a avoué avoir tué deux autres jeunes femmes dans l'Yonne : Marie-Angèle Domece, disparue en 1988 à 19 ans, et Joanna Parrish, 20 ans, retrouvée morte deux ans plus tard. Après des années de dénégations, il a reconnu début mars le meurtre d'Estelle Mouzin, 9 ans, enlevée le 9 janvier 2003 alors qu'elle rentrait de l'école à Guermantes (Seine-et-Marne). "Il est possible que cette image m'indispose (…) et je reconnais là un être qui n’est plus là par ma faute", avait-il déclaré à la juge chargée de l'instruction des trois dossiers. Mais "les circonstances, la suite, le déroulement, c'est dans les oubliettes", avait-il poursuivi, sans révéler l'emplacement du corps.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Voici les trois étapes de l'assouplissement du confinement jusqu'à janvier

EN DIRECT - Vaccin anti-Covid-19 : l'EU annonce un contrat avec Moderna

"Koh-Lanta" : avant la finale, qui remporte le match des réseaux sociaux ?

EN DIRECT - États-Unis : le camp Biden salue la mise en place d'un "transfert du pouvoir pacifique"

Élection américaine : ce que change le feu vert de Trump à la General Services Administration

Lire et commenter