Disparition de Sophie Le Tan : plusieurs battues organisées, le parcours du suspect passé au crible

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La disparition de Sophie Le Tan

ENQUÊTE - Deux semaines après la disparition de Sophie Le Tan près de Strasbourg, une nouvelle battue a été organisée ce samedi pour tenter de retrouver la jeune étudiante. Les enquêteurs cherchent à faire parler les moindres indices laissés par le suspect, Jean-Marc Reiser. Le parcours de cet homme de 58 ans au lourd passé judiciaire est passé au peigne fin, les policiers étant convaincus que d’autres faits pourraient lui être imputés.

C’est un profil qualifié par les enquêteurs de "très inquiétant". Jean-Marc Reiser,  58 ans, mis en examen pour assassinat, enlèvement et séquestration après la disparition de Sophie Le Tan, il y a dix jours à Strasbourg, s'est muré dans le silence depuis son arrestation il y a une semaine. Mais les recherches se poursuivent "sur un large périmètre" pour tenter de localiser la jeune étudiante de 20 ans. Une nouvelle "battue citoyenne" a eu lieu ce matin, avec plusieurs dizaines de bénévoles, pour tenter de retrouver l'étudiante disparue. LCI fait le point sur l'enquête. 

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Comment les enquêteurs ont remonté la trace du suspect ?

Le 7 septembre au matin, Sophie Le Tan avait rendez-vous à Schiltigheim, près de Strasbourg, pour visiter un appartement. Elle ne donnera plus signe de vie. Très vite, sa disparition est considérée comme "très inquiétante" par les policiers. Un appel à témoins est lancé, des voisins interrogés, une brigade cynophile déployée sur le terrain. Les enquêteurs finiront par retrouver l’annonce immobilière à laquelle Sophie Le Tan a répondu. Mais l'homme a pris ses précautions : le numéro de téléphone est associé à une ligne prépayée. 

"C’est à partir du témoignage de deux jeunes filles qui ne se connaissent pas mais qui ont elles aussi répondu à une annonce d’un loueur potentiel pour un appartement situé dans la même zone de Schiltigheim et qui avaient eu un rendez-vous de fixer" que l'enquête prend un véritable tournant, explique mardi la procureure de la République à Strasbourg, lors d'une conférence de presse. "A partir de leur témoignage, les enquêteurs ont effectué un travail de recensement, d’analyse et d’identification de tous les déclenchements des relais téléphoniques de cette zone. Les recoupements les ont amenés à un certain Jean-Marc Reiser", développe alors Yolande Renzi. 

Selon nos informations, l'homme donnait une fausse adresse près de son domicile et repérait les jeunes femmes depuis sa fenêtre. 

Des traces ADN dans l'appartement de Jean-Marc Reiser

La perquisition menée dans son appartement à Schiltigheim a permis de révéler "l'existence de traces de sang, malgré manifestement un nettoyage en profondeur et très récent des lieux", avait indiqué la procureure. Cette trace ADN, c'est celle de Sophie Le Tan. 

Depuis, une deuxième trace d'ADN féminin a été découvert à son domicile. S'agit-il d'une trace de sang ? Les "experts" ne peuvent pas encore se prononcer. Seule certitude, elle a été retrouvée parmi d'autres traces dans la baignoire du suspect, là où a été découvert l'ADN de Sophie Le Tan. Des analyses sont en cours pour tenter de savoir à qui appartient cette trace.

jean-Marc Reiser "connaît très certainement les méthodes de travail des policiers. C’est ce qu’on peut déduire du nettoyage méthodique de son appartement, ainsi que des précautions qu’il prend avec ses téléphones", a commenté auprès de LCI un enquêteur de la PJ. 

D'autres affaires de disparition étudiées

Une cinquantaine d'enquêteurs de la police judiciaire de Strasbourg exploitent depuis méthodiquement les moindres indices laissés par le suspect. Une quinzaine de personnes ont par ailleurs organisé spontanément une battue sur les rives de l'étang de la Balastière, à Bischheim, au nord de Strasbourg, afin de retrouver Sophie Le Tan. 

Dès les premières heures de l'enquête, plusieurs services de la Direction centrale de la police judiciaire ont été associés : la sous-direction de la lutte contre la cybercriminalité, la police scientifique et technique ainsi que l'Office central pour la répression des violences aux personnes OCRVP. 

Selon nos informations, les enquêteurs de ce dernier service étaient en effet attendus vendredi à Strasbourg pour aider les policiers de la PJ à dresser le parcours du suspect. Car les policiers sont convaincus que d’autres faits pourraient lui être imputés. Son profil, son CV, son parcours vont ainsi être passés au crible et plusieurs dossiers de disparitions non résolues vont être confrontés pour effectuer d’éventuels recoupements. 

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L'ombre d'un prédateur ?

Le passé et le profil de Jean-Marc Reiser interpellent les enquêteurs. Il a été condamné par le passé pour viols sur deux femmes et acquitté pour une troisième affaire de disparition non résolue. Françoise Hohmann, une jeune représentante commerciale de 23 ans, avait disparu à Strasbourg en 1987. Son dernier client s’appelait Jean-Marc Reiser. Le corps de la jeune femme n’a jamais été retrouvé. L'homme sera acquitté en 2001 dans cette affaire.   

"Très certainement, ce dernier fait (la disparition de Sophie Le Tan, ndlr) s’inscrit dans une sérialité de crimes", explique à LCI un enquêteur de la police judiciaire. 

Isabelle Steyer, avocate d'une des anciennes victimes de Jean-Marc Reiser interrogée par LCI,  se souvient lors du procès d'un homme qui "était dans la maîtrise de l’audience et des questions", "très sûr de lui". Me Steyer voit des "points communs avec Nordahl Lelandais dans le mode de défense utilisé". Des hommes qui ne "disent rien" et "ne commencent à parler" qu'à partir du moment où on leur présente des preuves. 

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L'avocate d'une ancienne victime de Jean-Marc Reiser évoque un homme "très sûr de lui"

"On ne ressent pas les émotions, comme s'il était témoin de sa propre histoire, détaché de ce qu’il a fait", a-t-elle aussi expliqué.  

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