"Elle est un symbole" : Jacqueline Sauvage, graciée en 2016 après avoir tué son mari violent, est décédée

"Elle est un symbole" : Jacqueline Sauvage, graciée en 2016 après avoir tué son mari violent, est décédée
Police

DISPARITION - Jacqueline Sauvage, qui avait été graciée en 2016 après avoir été condamnée à 10 ans de prison pour avoir tué son mari violent, est décédée à l'âge de 72 ans. Contactée par LCI, son avocate Me Tomasini nous fait part de sa vive émotion.

Jacqueline Sauvage n'est plus. Cette femme de 72 ans, devenue un symbole des victimes de violences conjugales après avoir tué son mari violent, crime pour lequel elle a été condamnée à dix ans de réclusion avant d'être graciée en 2016 par François Hollande, est décédée la semaine dernière à son domicile de La Selle-sur-le-Bied. 

Si on ignore encore les raisons de son décès, on sait que son inhumation s'est déroulée mardi, dans la plus stricte intimité familiale, rapporte à LCI son avocate, Me Tomasini, qui nous fait part de son émotion : "Je suis émue, en deuil parce que Jacqueline a fait partie de ma vie. Professionnelle et personnelle. C’est un sentiment d’émotion intense. Jacqueline a fait avancer le droit des femmes victimes de violences conjugales. Jacqueline est un symbole." 

47 ans de violences conjugales

Le 10 septembre 2012, dans un pavillon de La Selle-sur-le-Bied (Loiret), Jacqueline Sauvage, 65 ans à l'époque, tirait trois balles dans le dos de son mari Norbert Marot à l'aide d'un fusil de chasse, en fermant les yeux. Un geste de désespoir, selon elle, après 47 années de violences conjugales. 

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Un crime qui lui a valu deux procès, où ses trois filles ont témoigné à charge contre leur père, expliquant avoir été violées et battues par ce dernier, comme leur mère. Pour autant, la légitime défense n'aura jamais été retenue dans ce dossier : ni à son procès en 2014, où Jacqueline Sauvage a été condamnée à 10 ans de prison, ni à son procès en appel en 2015, où cette peine a été confirmée. 

Une grâce présidentielle totale

Mais entre temps, son histoire, largement relayée dans les médias, secoue la société française et jette une lumière crûe sur le tabou des violences conjugales en France, et relance la question de la légitime défense dans ce genre d'affaires. De nombreuses pétitions réclamant sa libération sont lancées, et des marches organisées. La mobilisation est telle que, le 28 décembre 2016, François Hollande finit par lui accorder une grâce présidentielle totale. Elle est libérée dans la foulée. 

Quelque temps plus tard, Jacqueline Sauvage publie un livre "Je voulais juste que ça s'arrête", écrit en collaboration avec ses deux avocates, Me Tomasini et Me Bonaggiunta. Un récit porté sur le petit écran en 2018, sous les traits de l'actrice Muriel Robin, dans un téléfilm pour TF1 intitulé "Jacqueline Sauvage : C'était lui ou moi".  

Depuis sa libération, Jacqueline Sauvage était retournée vivre dans la maison où s'est déroulé le crime, à La-Selle-sur-le-Bied, loin de tout tumulte médiatique. En 2017, elle avait exceptionnellement accepté de se confier aux caméras de Sept à Huit, pour que son histoire puisse aider d'autres victimes de violences conjugales. "Déjà, il faut partir et ne pas se laisser faire", expliquait-elle. "Aller porter plainte et avoir des certificats. Utiliser les armes n'est pas une solution." 

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