EN DIRECT - Boycott des produits français : des effets "très circonscrits", assure Franck Riester

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RIPOSTE - Plus d'une semaine après l'assassinat de Samuel Paty, la France fait l'objet de manifestations d'hostilité dans des pays musulmans et mène sur son territoire des mesures visant à limiter l'influence de l'islamisme. Suivez les dernières informations en direct.

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L'assassinat de Samuel Paty, professeur d'histoire

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CYBERATTAQUE

Le parquet de Paris a ouvert une enquête après le piratage de plusieurs dizaines de petits sites internet en France sur lesquels se sont affichés, dimanche 25 octobre, des messages de propagande islamiste.


L'enquête ouverte pour des "atteintes à un système de traitement automatisé de données" et pour "apologie publique d'un acte de terrorisme" a été confiée au centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) de la gendarmerie en lien avec les services d'enquête locaux.


Les piratages sont apparus pendant le week-end, alors que se multipliaient les appels au boycott des produits français dans plusieurs pays musulmans en réaction à la défense par Emmanuel Macron de la liberté de caricaturer après l'assassinat de Samuel Paty.


Des messages tels que "Victoire pour Mohammed, victoire pour l'Islam et Mort à la France", "opération lancée par des hackers musulmans contre la France pour avoir insulté le prophète Mahomet et profané publiquement l'Islam" ou un montage d'Emmanuel Macron grimé en cochon se sont affichés sur la page d'accueil de plusieurs sites internet.

EFFETS DU BOYCOTT

Le boycott des produits français est "très circonscrit et limité à un certain nombre de produits alimentaires, mais de façon très limitée, tant mieux", a indiqué sur le site du Figaro Franck Riester. 


"Nous sommes évidemment très attentifs. J'ai créé au sein du ministère des Affaires étrangères une cellule de suivi de ce qui se passe, pays par pays, en lien avec notre réseau diplomatique et en lien avec les entreprises et les différentes fédérations d'entreprises", a assuré Franck Riester, pour qui "la Turquie a plus besoin de l'Europe et de la France que l'inverse".


Selon lui, "la Turquie a plus besoin de l'Europe et de la France que l'inverse".

RIESTER

Interrogé au sujet de la crise diplomatique avec la Turquie, le ministre délégué au Commerce extérieur a cinglé, mardi 27 octobre à l'Assemblée : "Nous devons être unis face à ces dérives nationalo-islamistes. Face à l'attitude de M. Erdogan, la France a rappelé son ambassadeur pour consultation. Cela fait suite à l'absence choquante de condamnations après l'attentat (chose rectifiée depuis, ndlr). Cela fait suite à la campagne de boycott et d'hostilité. Et aux attaques de M. Erdogan contre le président de la République. Nous avons donc rappelé notre ambassadeur et, lors du prochain Conseil européen, nous aurons des discussions avec notre partenaires pour voir quelle réaction il faut avoir face à la Turquie".

TCHETCHENIE

Dans un message posté sur le réseau social Telegram, le despote tchétchène Ramzan Kadyrov a estimé que la défense d'Emmanuel Macron des caricatures du prophète Mahomet faisait de lui "le chef de file et l'inspirateur du terrorisme" en France, l'appelant à "arrêter les provocations et les attaques contre la foi avant qu'il ne soit trop tard". "Vous forcez les gens au terrorisme, poussez les gens vers lui, vous ne leur laissez pas le choix et vous créez toutes les conditions pour nourrir les idées extrémistes dans l'esprit des jeunes", a-t-il ajouté.

REACTION

Sur BFM, l'avocat de la Fédération islamique de Pantin, William Boudon, a dores et déjà annoncé qu'il contesterait la décision : "Il faut privilégier le dialogue, pas la brutalité", a-t-indiqué, reprochant à la justice d'avoir eu "un regard rétroactif" sur le dossier et "une sanction disproportionnée".

MOSQUEE DE PANTIN

Dans le viseur de Gérald Darmanin pour avoir relayé la vidéo mettant en cause Samuel Paty, avant de la supprimer, la mosquée de Pantin reste fermée, a indiqué depuis son compte Twitter le ministre de l'Intérieur. C'est le tribunal administratif de Montreuil qui a confirmé la décision. Cette fermeture est prévue pour six mois.

IRAN

L'Iran, autre pays en pointe dans la dénonciation des positions présidentielles sur les caricatures, passe par la voie diplomatique. C'est ainsi que le conseiller diplomatique Florent Aydalot a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères, lundi 26 octobre, pour répondre de "l'insistance des autorités françaises à soutenir la publication des caricatures insultant le Prophète".


En même temps qu'il communiquait sur cette convocation, le ministère condamnait le soutien présidentiel aux caricatures, y voyant "un comportement inacceptable des autorités françaises, qui ont heurté les sentiments de millions de musulmans en Europe et dans le monde".

BANGLADESH

Dans d'autres pays musulmans, l'apaisement n'est pas à l'ordre du jour non plus. Au Bengladesh, relève l'AFP, des dizaines de milliers de manifestants se sont réunis ce mardi à Dacca, la capitale, appelant au boycott des produits français et brûlant une effigie du président Macron, accusé d'"adorer Satan", selon le président du parti islamiste organisateur de la marche. Ils étaient ainsi plus de 40.000 à participer et à demander à "punir" Emmanuel Macron.

TURQUIE

Nouveau cran franchi, ce mardi, dans la dégradation des relations franco-turques. Dans un discours prononcé lundi soir à Ankara, Recep Tayyip Erdogan a appelé ses concitoyens à boycotter les produits tricolores : "Je m'adresse d'ici à ma nation : surtout ne prêtez pas attention aux marques françaises, ne les achetez pas".


Un appel qui suit les nombreuses provocations du leader turc à l'endroit d'Emmanuel Macron, dont il avait remis en question, à deux reprises en moins de 24 heures, la santé mentale.

DARMANIN


Dans un entretien à Libération mis en ligne lundi soir, Gérald Darmanin estime que le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF)  est "une officine islamique", "une officine contre la République", et assure que le gouvernement dispose d'éléments permettant de "proposer sa dissolution". "C'est une officine islamiste qui invite des islamistes radicaux. C'est le cas de M. Hani Ramadan (un frère de Tariq Ramadan, ndlr), il y en a d'autres", fait valoir le ministre de l'Intérieur. "Je ne vais pas détailler (...) ce que nous allons envoyer au CCIF, mais qui nous donne les moyens, effectivement, de proposer sa dissolution".


"Cette association est une officine contre la République. Elle considère qu'il y a une 'islamophobie d'Etat', tout en étant subventionnée par l'Etat français puisque ses donateurs bénéficient par ailleurs de reçus fiscaux", a-t-il poursuivi, "il est temps d'arrêter d'être naïf avec ces officines sur notre sol".


Gérald Darmanin a proposé la semaine dernière la dissolution du CCIF après la décapitation de Samuel Paty. Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, Brahim Chnina, le père d'une élève avait appelé à la mobilisation contre le professeur d'histoire, et demandé d'écrire au CCIF. Pour Gérald Darmanin, cette vidéo était une "fatwa", une "sorte de chasse à l'homme qui ne le dit pas". Le CCIF, ajoute le ministre, "est une officine islamiste qui ne condamne pas les attentats". "En ce qui concerne le dernier attentat, alors qu'elle est citée dans l'affaire, que M. Chnina la cite, donne son numéro de téléphone, elle n'appelle qu'au deuil".


Le ministre de l’Intérieur souligne que le gouvernement cherche "à combattre une idéologie, pas une religion". "Les Français musulmans" sont "les premiers à être visés par ces islamistes qui veulent étendre leur pouvoir", assure-t-il. "Une très grande partie des musulmans de France sont les premiers à demander des actes forts de la part de l'Etat français".

ALGERIE  


Le Haut Conseil islamique en Algérie, une institution officielle, a fustigé lundi une "campagne virulente" contre l'islam, première réaction d'Alger aux déclarations d’Emmanuel Macron sur la liberté de caricaturer le prophète Mahomet. "Nous déplorons l'émergence de groupes qui dévient des valeurs humaines" et qui "au nom de la liberté d'expression, insultent l'islam et son Messager", a réagi le Haut Conseil, dans un communiqué publié sur la page Facebook de la présidence algérienne.


"Le Haut Conseil islamique (HCI) condamne fermement cette campagne virulente contre le prophète Mahomet", poursuit cet organe consultatif chargé notamment d'émettre des avis à la lumière des prescriptions religieuses. Sans citer nommément le président français Emmanuel Macron, il regrette que cette campagne de dénigrement émane d'"un responsable qui se targue d'être le protecteur des valeurs de fraternité, de liberté et d'égalité". 


Le communiqué fait allusion aux propos de M. Macron, qui a assuré que la France continuerait de défendre les caricatures de Mahomet lors de l'hommage mercredi dernier au professeur Samuel Paty, décapité dans un attentat islamiste pour avoir montré ces dessins en classe. 


Le Haut conseil islamique algérien exhorte "les sages du monde, les organisations religieuses et de défense des droits de l'Homme ainsi que les instances du dialogue interreligieux à faire face à ce discours extrémiste" et à "oeuvrer pour le respect des symboles religieux communs contre la haine et le racisme".

TENSIONS 


Le bras de fer entre Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan a pris une nouvelle tournure ce week-end, le président turc insultant son homologue. Un signe supplémentaire de l'exacerbation des tensions.

Géopolitique, diplomatie... aux origines de la crise entre Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan

Urgent

ITALIE


Le Premier ministre italien Giuseppe Conte monte à son tour au créneau. "Les propos adressés par le président Erdogan au président Macron sont inacceptables", a écrit Giuseppe Conte en français sur son compte Twitter.

L'APPEL DU CFCM AUX MUSULMANS DE FRANCE


Mohammed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) a appelé lundi les musulmans de France à "défendre l'intérêt" du pays face à la campagne de boycott visant les produits français, qu'il considère comme "contre-productive" et créant de la "division". 


"La France est un grand pays, les citoyens musulmans ne sont pas persécutés, ils construisent librement leurs mosquées et pratiquent librement leur culte", a t-il déclaré à l'AFP, alors que manifestations et appels au boycott se multiplient dans le monde musulman après de récents propos du président Emmanuel Macron sur l'islam. 

LA TURQUIE CONDAMNE UN ASSASSINAT "MONSTREUX"


La Turquie sort (enfin) de son silence. Ankara a condamné lundi "l'assassinat monstrueux" du professeur Samuel Paty, décapité au cours d'un attentat jihadiste pour avoir montré en classe des caricatures de Mahomet, après avoir été accusée de l'avoir passé sous silence.


"Nous condamnons vigoureusement l'assassinat monstrueux de Samuel Paty et nous rejetons cette barbarie. Cet assassinat ne peut aucunement être justifié", a déclaré le porte-parole de la présidence turque Ibrahim Kalin sur Twitter.

MERKEL CONDAMNE LES PROPOS D'ERDOGAN


La chancelière allemande réagit aux nouvelles attaques du président turc contre Emmanuel Macron. Angela Merkel a condamné des propos "diffamatoires", après un discours de Recep Tayyip Erdogan au cours duquel il a de nouveau ciblé la France et accusé des dirigeants européens de "fascisme" et de "nazisme".


Le dirigeant turc avait par ailleurs appelé "les responsables européens" à mettre à un terme à ce qu'il a décrit comme une "campagne de haine" envers les musulmans "dirigée" par son homologue français Emmanuel Macron.

ERDOGAN APPELLE AU BOYCOTT


Recep Tayyip Erdogan joue la surenchère. Le président turc a appelé lundi les Turcs à boycotter les produits français, sur fond de dispute avec Paris au sujet du traitement des musulmans de France. "Tout comme en France certains disent 'n'achetez pas les marques turques', je m'adresse d'ici à ma nation : surtout ne prêtez pas attention aux marques françaises, ne les achetez pas", a-t-il déclaré dans un discours à Ankara. Avant de comparer le traitement des musulmans en Europe à celui des juifs avant la Seconde Guerre mondiale, accusant certains dirigeants européens de "fascisme" et de "nazisme".

"Les responsables européens doivent dire 'stop' à la campagne de haine qui est dirigée par Macron", a également lancé le président turc.

MACRON

Dans une série de tweets, le président de la République, ciblé ces derniers jours par des manifestations d'hostilité en provenance de certains pays musulmans, a rappelé sa détermination à défendre les devises de la République. "Notre histoire est celle de la lutte contre les tyrannies et les fanatismes", a-t-il également écrit. Et d'assurer, alors que ces manifestations viennent l'accuser d'islamophobie : "Nous respectons toutes les différences dans un esprit de paix. Nous n’acceptons jamais les discours de haine et défendons le débat raisonnable."

DIPLOMATIE

Le quai d'Orsay a appelé, dimanche 25 octobre, les gouvernements des pays concernés à faire "cesser" les appels au boycott dont font l'objet les produits français depuis qu'Emmanuel Macron a apporté son soutien aux caricatures représentant le prophète Mahomet, interdit selon certaines interprétations du Coran, le texte fondateur de l'islam. 


Affirmant que ces appels et autres manifestations hostiles à la France sont le fait d'une "minorité radicale", le ministère des Affaires étrangères a également demandé à ces mêmes exécutifs d'"assurer la sécurité" des ressortissants français dans ces pays, à l'instar de la Jordanie, du Koweït ou du Qatar.


"Les appels au boycott sont sans aucun objet et doivent cesser immédiatement, de même que toutes les attaques dirigées contre notre pays, instrumentalisées par une minorité radicale", a déclaré la diplomatie française.

REACTIONS FRANCAISES

Plus tôt dans la journée, les propos du dirigeant turc avaient suscité la consternation dans les rangs politiques français : "M. Erdogan a choisi de ne pas présenter de condoléances après la décapitation d’un professeur et préfère insulter gravement le Président de la République alors que la France est en deuil, a ainsi tweeté Marine Le Pen. Le rappel de notre ambassadeur était inévitable et doit être salué". Un rappel qui n'est cependant pas "un geste fort", a-t-elle poursuivi sur LCI.


Député de la France insoumise, Adrien Quatennens a lui confié qu'il ne "support[ait] pas qu'une puissance étrangère insulte le président de la République de [s]on pays, c'est inacceptable".


A droite, Damen Abad, patron des députés LR, a accusé Erdogan de mettre en oeuvre "un amalgame volontaire pour encourager l'islamisme : d'un côté Erdogan le fait au nom de la défense des musulmans, à tort, d'un autre côté vous avez Mme Le Pen du Rassemblement national qui le fait elle aussi et qui confond les musulmans et l'intégrisme, qui sont deux choses bien différentes".


Virulent et ironique, l'eurodéputé marcheur Stéphane Séjourné a également critiqué le président turc : "Une semaine après l’assassinat du professeur Samuel Paty, le dictateur Erdogan sort de son silence pour présenter ses condoléances... ah, non, pour insulter le Président français ! Mégalomane, intempestif, narcissique, dangereux et maintenant grossier, de pire en pire...".

ERDOGAN

Le président turc a de nouveau attaqué son homologue français Emmanuel Macron, dimanche 25 octobre. Lors d'un discours télévisé à Malatya, en Anatolie, à l'Est du pays, Recep Tayyip Erdogan a jugé que le président français était "obsédé par Erdogan jour et nuit. [...] C'est un cas, et en conséquence, il a vraiment besoin de subir des examens".

TENSION DIPLOMATIQUE


Le soutien d'Emmanuel Macron aux caricatures de Mahomet, ainsi que le projet de loi contre le séparatisme islamiste, vaut à la France d'être l'objet de virulentes critiques de la part de plusieurs pays du monde arabo-musulman. Retour sur de précédents épisodes de tension.

Caricatures, loi sur le voile, mise à l'honneur d'Israël... quand la France est visée par un boycott

BLOIS 


Un jeune homme de 22 ans, d'origine tchétchène et domicilié à Blois, a été mis en examen dimanche pour "apologie  d'actes terroristes" par le biais des réseaux sociaux et placé en détention, annonce le procureur de la République de Blois Frédéric Chevallier  dans un communiqué.


Après la mort de Samuel Paty, ce jeune homme, né en Russie, a été identifié après des propos tenus sur un compte Twitter utilisant un pseudonyme. Il était  déjà connu des services de la justice pour avoir été "condamné en 2017, lorsqu'il était mineur, pour des faits d'apologie d'actes terroristes, à la  suite des attentats de Charlie Hebdo en janvier 2015", a précisé Frédéric  Chevallier.

 

 "Au terme des nombreuses investigations menées dans le temps de la garde à  vue, le jeune homme était déféré ce dimanche matin 25 octobre 2020 devant le  magistrat du parquet de permanence de Blois qui ouvrait une information  judiciaire du chef d'apologie d'actes terroristes aggravée par la circonstance  que ces faits ont été commis en utilisant un service de communication au public  en ligne. Mis en examen de ce chef par le magistrat instructeur de permanence,  il était, sur réquisitions conformes du parquet, placé en détention  provisoire", a ajouté le parquet. Au cours de sa garde à vue, l'intéressé a récusé "toute radicalisation".

PAKISTAN 


Le Premier ministre pakistanais Imran Khan a accusé dimanche Emmanuel Macron d'"attaquer l'Islam", le président français ayant défendu la publication de caricatures du prophète Mahomet après la décapitation la semaine dernière d'un professeur qui en avait montré certaines à ses élèves.


"Le président Macron aurait pu jouer l'apaisement et refuser l'espace aux extrémistes plutôt que de créer une polarisation et une marginalisation supplémentaires qui conduisent inévitablement à la radicalisation", a écrit Imran Khan sur Twitter.


"Il est regrettable qu'il ait choisi d'encourager l'islamophobie en s'attaquant à l'Islam plutôt qu'aux terroristes qui pratiquent la violence, qu'il s'agisse de musulmans, de tenants de la suprématie blanche ou d'idéologues nazis", a poursuivi le Premier ministre pakistanais.

TENSIONS 


Depuis les déclarations d'Emmanuel Macron sur les caricatures lors de l'hommage à Samuel Paty, des tensions se sont fait jour avec plusieurs pays musulmans notamment la Turquie. Ce samedi 24 octobre, des manifestations ont aussi eu lieu et à Gaza, et des portraits du président de la République ont été brûlés. 

VIDÉO - Caricatures : les tensions s'exacerbent avec la Turquie, le portrait de Macron brûlé à Gaza

LIBYE


Des appels à manifester se multiplient, ce dimanche en Libye pour dénoncer les propos du président français Emmanuel Macron au sujet de caricatures du prophète Mahomet, jugés "provocateurs".


Le mouvement a surtout pris de l'ampleur sur les réseaux sociaux avec des internautes appelant à manifester dimanche après-midi sur la grande Place des Martyrs, dans le centre-ville de Tripoli. Côté médias, la chaine de télévision religieuse "al-Tanasuh", porte-voix du mufti Sadek al-Ghariani, a relayé cet appel sur le bandeau d'information en bas de l'écran.

Urgent

LE DRIAN CONDAMNE "LA PROPAGANDE CALOMNIEUSE" DE LA TURQUIE


Dans un communiqué publié ce dimanche 25 octobre, le Quai d'Orsay annonce le rappel de son ambassadeur en Turquie, dès ce jour, "pour consultation". Le ministre des affaires étrangères français dénonce "une propagande haineuse et calomnieuse" contre la France, de la part de l'Etat turc. 


"A l’absence de toute marque officielle de condamnation ou de solidarité des autorités turques après l’attentat terroriste de Conflans Sainte-Honorine, s’ajoutent désormais depuis quelques jours une propagande haineuse et calomnieuse contre la France, témoignant d’une volonté d'attiser la haine contre nous et en notre sein, et des insultes directes contre le Président de la République, exprimées au plus haut niveau de l’Etat turc. Ce comportement est inadmissible, a fortiori de la part d’un pays allié. L’ambassadeur de France en Turquie a en conséquence été rappelé et rentre à Paris dès ce dimanche 25 octobre 2020 pour consultation", indique le communiqué.

TRIBUNE 


Dans une tribune publiée dans le JDD, 48 personnalités, dont Elisabeth Badinter, Marcel Gauchet, l'essayiste Caroline Fourest, l'ex-ministre Jean Glavany ou l'avocat de Charlie Hebdo Richard Malka, appellent les responsables politiques à prendre des mesures pour rétablir une "laïcité pleine et entière".

"INACCEPTABLES"


L'Elysée a jugé "inacceptables" les propos d'Erdogan sur Macron. L'Ambassadeur de France à Ankara a été rappelé pour consultation à Paris et il sera reçu par le chef de l'Etat pour évaluer la situation.  

CARICATURE

Le soutien affiché du président à la tradition irrévérencieuse des caricatures a suscité la colère de plusieurs pays du Moyen-Orient.

Soutien de Macron aux caricatures : des produits français boycottés au Moyen-Orient

BRAS DE FER

Déjà exécrables, les relations entre la France et le président turc se sont à nouveau dégradées.

Erdogan invite Macron à "se faire soigner", l'Élysée dénonce des "propos inacceptables"

PARIS NOTE "L'ABSENCE DE CONDOLÉANCES D'ERDOGAN"


Les tensions entre la Turquie et la France s'exacerbent après l'assassinat terroriste de Samuel Paty. Après avoir qualifié d'inacceptables les propos  du leader turc, Paris note "l'absence de condoléances d'Erdogan".

Urgent

"INACCEPTABLE"


L'Elysée dénonce à l'instant les propos "inacceptables" d'Erdogan contre Macron.

APPEL AU BOYCOTT DES PRODUITS FRANÇAIS


 Les appels au boycott de produits français  se sont multipliés samedi dans plusieurs pays du Moyen-Orient, après l'émoi  suscité par les propos du président Emmanuel Macron, qui a promis de ne pas  "renoncer aux caricatures" du Prophète Mahomet. La Turquie, l'Iran, la Jordanie ou encore le Koweït ont dénoncé la  publication des caricatures du Prophète. L'Organisation de coopération  islamique, qui réunit les pays musulmans, a déploré "les propos de certains  responsables français (...) susceptibles de nuire aux relations  franco-musulmanes". 


L'Université du Qatar a annoncé vendredi sur Twitter le report de la  semaine culturelle française à la suite de "l'atteinte délibérée à l'islam et  ses symboles".   Au Koweït, des images montrant les fromages Kiri et Babybel retirés des rayons de certains magasins ont été relayées sur les réseaux sociaux.

TURQUIE 


Erdogan, président de la Turquie dénonce l'attitude d'Emmanuel Macron envers les musulmans de France. Il l'appelle à subir un "examen de santé mentale". "Tout ce qu'on peut dire d'un chef d'Etat qui traite des millions de membres de communautés religieuses différentes de cette manière, c'est : allez d'abord faire des examens de santé mentale", a déclaré M. Erdogan, dans un discours télévisé.

CONSEIL FRANÇAIS DU CULTE MUSULMAN 


Le Conseil français du culte musulman (CFCM) annonce, ce samedi,  travailler à l'élaboration d'un "programme commun de formation des imams" et d'un "plan de lutte" contre le radicalisme, une semaine après la décapitation d'un professeur à Conflans-Sainte-Honorine.


Le CFCM, principal interlocuteur des pouvoirs publics sur l'islam, est "conscient de ses responsabilités" et "entend participer à la refondation du culte musulman en prenant en considération ses implications culturelles et sociales", a expliqué son président Mohamed Moussaoui dans un communiqué.


Dans cette optique, l'instance annonce qu'elle va "élaborer un plan de lutte contre toutes les formes de radicalisme et d'extrémisme à même d'immuniser la jeunesse française face à la propagande des prêcheurs de la haine et de la division". Le CFCM compte réunir le 1er novembre sa "commission de prévention contre le radicalisme" à ce sujet.

APOLOGIE DU TERRORISME 


A Amiens, un homme de 43 ans - déjà détenu - a été jugé pour apologie du terrorisme et condamné ce vendredi 23 octobre, à huit mois de prison ferme par le tribunal judiciaire.

Amiens : huit mois de prison pour avoir estimé que la mort de Samuel Paty était "méritée"

CASTEX APPELLE À RÉGULER DAVANTAGE LES RÉSEAUX SOCIAUX


En déplacement à Bruxelles, Jean Castex a souligné l'urgence d'une "régulation beaucoup plus forte" des réseaux sociaux, une semaine après l'assassinat de Samuel Paty non loin de son collège de Conflans-Sainte-Honorine.


Le chef du gouvernement a rencontré le commissaire européen au Marché intérieur et au Numérique, Thierry Breton, qui doit présenter le 2 décembre une législation sur les services numériques ("Digital Services Act), destinée à mieux réguler les géants de la tech, en matière de gestion des données, de désinformation et discours de haine notamment. "Je lui ai fait valoir l'importance pour la France de progresser très rapidement sur une régulation beaucoup plus forte de ces réseaux", a déclaré le Premier ministre. "Il est impossible et inconcevable qu'ils puissent permettre de porter des incitations au terrorisme, à la haine et à tout vecteur qui puisse de près ou de loin favoriser la commission d'actes comme ceux dont hélas la France a été victime ces jours derniers."


À ses côtés, Thierry Breton a fait valoir que les "préoccupations légitimes" et "les ambitions" de Paris sur cette question "rejoignent celles de la Commission européenne", promettant d'"en tenir compte" dans le Digital Services Act.

UNE UNITÉ POUR CONTRER LE DISCOURS


La ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa a annoncé la création d'une "unité de contre-discours républicain sur les réseaux sociaux" pour tenter de lutter contre "le cyber-islamisme", mis en cause depuis l'assassinat de Samuel Paty.


Dans une interview à L'Obs mise en ligne vendredi, la ministre précise que cette unité sera placée "sous l'autorité du comité interministériel à la prévention de la délinquance et de la radicalisation et de la lutte contre les dérives sectaires" présidée par le préfet Christian Gravel.


Lundi, l'entourage de Mme Schiappa avait insisté sur la nécessité pour l'Etat de ne pas être absent du net et d'organiser "un contre-discours" pour répondre aux propos haineux. "On voit se développer des discours d’islamistes sur la toile, de victimisation systématique, sans que personne ne les démente", souligne Mme Schiappa dans son interview, en ajoutant que le gouvernement veut porter "un discours de contre-propagande".

Info tf1/lci

JUSTICE 


Mis en examen mercredi pour "complicité d'assassinat terroriste" dans l'enquête sur la mort de l'enseignant Samuel Paty, le parent d'élève Brahim C.  qui avait mis en ligne une vidéo dans laquelle il appelait "tous les musulmans" à faire pression autour du professeur, a été placé en détention provisoire par le juge des libertés. 

REACTION

Sarah Massoud, du syndicat de la magistrature, réagit aux annonces du Premier ministre : "Je suis sans voix. Il n'y a rien de nouveau, c'est une opération de communication puisque ces infractions qui doivent être sanctionnées existent déjà. Surtout, le renforcement d'un pôle spécialisé au sein du parquet de Paris, je vous précise que la loi de finances en 2021 ne prévoit que 50 postes de magistrats supplémentaires alors que nous sommes déjà en manque criant de magistrats. On est déjà un service public extrêmement pénalisé et on nous annonce des mesures qui ne pourront pas être mises en oeuvre".

CE N'EST PAS FINI

D'autres mesures seront encore à l'étude, prévient Jean Castex : "Le travail se poursuit sans relâche. Un prochain conseil de défense sera convoqué par le président de la République et décider des mesures nécessaires".

PHAROS

Castex annonce le renforcement des effectifs de la plateforme Pharos. Un pôle sera créé au parquet de Paris pour centraliser les poursuites et améliorer son efficacité, poursuit Jean Castex.

NOUVELLES MESURES


A l'issue du Conseil de défense, ce jeudi, Jean Castex a annoncé vendredi un renforcement du projet de loi contre les séparatismes : 


▶️Un renforcement de la protection des fonctionnaires et agents publics "en pénalisant ceux qui font pression sur eux par des propos ou des comportements comme cela s'est produit à Conflans Sainte-Honorine".


▶️ La possibilité de sanctionner ceux qui mettent en ligne les informations personnelles mettant en danger la vie d'autrui. 


▶️ Le renforcement des effectifs de la plateforme Pharos. "Un pôle sera créé au parquet de Paris pour centraliser les poursuites et améliorer son efficacité", a ajouté le chef du gouvernement.

BILAN COMPTABLE

"123 visites domiciliaires ont été décidées et 56, réalisées", liste le Premier ministre. "27 interpellations" ont été permises à partir des 1279 signalements effectués sur Pharos, la plateforme de surveillance des contenus radicalisés sur les réseaux sociaux.


Après la fermeture de la mosquée de Pantin et la dissolution de l'association Cheikh Yassine, d'autres mesures du même ordre sont à attendre, dit le chef du gouvernement.

CONSEIL DE DEFENSE

Jean Castex, accompagné de Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti sortent de réunion.

REPONSE A L'ATTENTAT

Jean Castex, Gérald Darmanin, et Eric Dupond-Moretti doivent tenir un point presse à l'issue du Conseil restreint de défense et de sécurité nationale. Selon nos informations, la question d'un délit de séparatisme aura été soulevée pendant la réunion.

PRÊCHE

Les imams de France ont reçu, jeudi 22 octobre, une proposition de texte dont ils pourront s'inspirer lors de leur prêche, ce vendredi. Le texte, envoyé comme il s'y était engagé par le Conseil français du culte musulman (CFCM), renvoie à la volonté de l'instance de marquer son engagement et celui des musulmans de France contre le terrorisme islamiste.


Revenant sur "l’assassinat horrible de notre concitoyen Samuel Paty, professeur d’histoire au collège Le Bois-d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine", le CFCM rappelle que cet attentat marque "les irruptions du radicalisme, de la violence et du terrorisme se réclamant de l'islam". 


Fustigeant "les promoteurs de la haine" qui "font miroiter" à leurs adeptes "l'illusion d'être élus", le texte insiste sur l'attachement des musulmans à la République "laïque, indivisible, démocratique et sociale", qui permet aux "musulmans de France d'exercer librement [leur] culte ou de n'exercer aucun culte". 


Réfutant que les musulmans soient "persécutés en France", le texte reconnait qu'ils sont "parfois cibles d'actes antimusulmans", et demande que, face à ces "provocations", les pratiquants de l'islam restent "dignes, sereins et lucides".

PÉDAGOGIE


Un sondage Ifop datant du 22 octobre indique que près de huit Français sur dix approuvaient l'utilisation des caricatures se moquant des religions comme support pédagogique pour évoquer la liberté d'expression. Une idée particulièrement approuvée par les sympathisants du RN, du PS, de LaRem et de LR, à plus de 80% chacun, quand ceux de LFI l'approuvent à 69%.

ENQUÊTE


Selon une source proche du dossier, le terroriste et assassin de Samuel Paty a été en contact avec un djihadiste russophone en Syrie, a appris l'AFP, confirmant une information du Parisien.

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