EN DIRECT - Caricatures : la France ciblée par l'islamisme

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RIPOSTE - En plein débat sur son projet de loi contre le séparatisme et après la réaffirmation du droit aux caricatures par Emmanuel Macron, la France fait l'objet de manifestations d'hostilité dans des pays musulmans, en particulier depuis la Turquie. Suivez les dernières informations en direct.

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L'assassinat de Samuel Paty, professeur d'histoire

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VOILE A L'UNIVERSITE

Alors que la droite réclame, par l'intermédiaire de François Fillon ou François Baroin, son interdiction dans l'espace public et par conséquent à l'université, la ministre de l'Enseignement supérieur a réitéré son opposition à l'interdiction du port du voile à l'université : "On a affaire à de jeunes adultes, et dans notre République, à partir du moment où il n'y a pas de prosélytisme, on a le droit de s'habiller comme on le souhaite", a dit la la ministre sur Public Sénat.

"NOUS ALLONS ÊTRE FRAPPÉS RÉGULIÈREMENT", PRÉVIENT VALLS


"Beaucoup a été fait" pour lutter contre le terrorisme, rappelle l'ancien Premier ministre Manuel Valls ce vendredi sur LCI. "Nombre de lois antiterroristes ont été votées, les cours d'assises spéciales ont été créées, le renseignement a été réformé...", énumère-t-il.


"Mais parfois, nos propres compatriotes, ou les responsables politiques, oublient ce que nous disons depuis longtemps. Nous sommes en guerre contre le terrorisme, contre l'islamisme, contre l'islam politique. Cette guerre va être longue, et nous allons être frappés régulièrement", prévient l'ancien locataire de Matignon. "Nous allons vivre avec cette menace intérieure, car il y a plusieurs milliers de personnes radicalisées dans notre pays."

TURQUIE ET MALAISIE 


Invité sur RTL ce matin, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a dénoncé les discours de haine venant de plusieurs responsables politiques étrangers. "Nous sommes particulièrement visés en ce moment du fait notamment des appels à la haine extrêmement forts de dirigeants de pays étrangers. Je pense aux propos absolument scandaleux du président Erdogan. J'ai également lu avec effarement les propos d'un ancien ministre malaisien qui écrivait sur Twitter que les musulmans ont le droit de tuer les Français." 

UNION EUROPÉENNE


 Les dirigeants de l'Union Européenne  ont condamné les provocations et la rhétorique "totalement inacceptables" du président turc Recep Tayyip Erdogan, mais ne décideront d'aucune mesure avant leur sommet en décembre, a annoncé jeudi le président du Conseil Charles Michel à l'issue d'un sommet européen.


La France avait demandé à l'UE de sanctionner les attaques d'Ankara contre le président Emmanuel Macron, accusé d'"islamophobie" pour avoir défendu le droit de caricaturer le prophète Mahomet lors d'un hommage à un enseignant français décapité pour avoir montré des dessins en classe. 


"Nous condamnons les récentes actions unilatérales (de la Turquie) en Méditerranée orientale, les provocations et la rhétorique, qui sont totalement inacceptables", a déclaré Charles Michel lors d'une conférence de presse.

MESSAGE HAINEUX


L'ex-Premier ministre malaisien a signé une série de tweets où, même s'il dit désapprouver l'assassinat de Samuel Paty, il estime que la France tend le bâton pour se faire battre en défendant les caricatures, et octroie aux musulmans la légitimité de "tuer des millions de Français" du fait des massacres perpétrés pendant la colonisation.

"Appel au crime" contre les Français : Twitter supprime le message d'un ex-dirigeant malaisien

LE DRIAN


Alors que les tensions sont au plus haut entre la France et plusieurs pays musulmans dont une partie de la population s'indigne du soutien aux caricatures du prophète Mahomet, le ministre des Affaires étrangères a tenu à envoyer "un message de paix au monde musulman". La France, a-t-il poursuivi, est le "pays de la tolérance", pas du "mépris ou du rejet". "N'écoutez pas les voix qui cherchent à attiser la défiance. Ne nous laissons pas enfermer dans les outrances d'une minorité de manipulateurs".

TURQUIE


Alors que la France est touchée par un nouvel attentat, cette fois à l'endroit d'une église de Nice, la Turquie, accusée de n'avoir pas condamné l'assassinat de Samuel Paty, n'a pas traîné pour communiquer son émoi. Le pays a ainsi fait savoir qu'elle condamnait "fermement" l'attaque "sauvage" de Nice.

ARABIE SAOUDITE


Depuis son compte Twitter, la représentation de la France en Arabie saoudite a condamné "fermement cette attaque contre une emprise diplomatique que rien ne saurait justifier". Assurant la victime "de son plein soutien" et soulignant sa confiance dans les autorités saoudiennes "pour faire la lumière sur cette attaque", l'ambassade encourage également les ressortissants "à faire preuve d'une vigilance maximale".

ARABIE SAOUDITE


Un vigile du consulat français de Jeddah a fait l'objet d'une attaque au couteau, jeudi 29 octobre, a annoncé l'établissement consulaire en fin de matinée. L'agresseur a été arrêté après son méfait par la police saoudienne. Les jours du garde consulaire sont hors de danger.

ONU


Le Haut représentant pour l'Alliance des civilisations des Nations Unies Miguel Angel Moratinos a appelé dans un communiqué "au respect mutuel de toutes les religions et croyances", sans se prononcer directement sur les propos du président français défendant le droit de caricaturer le prophète Mahomet.


Il "suit avec une profonde inquiétude les tensions croissantes et les cas d'intolérance déclenchés par la publication des caricatures satiriques du prophète Mahomet, que les musulmans considèrent comme insultantes et profondément offensantes", indique le communiqué.

TURQUIE


La France va plaider en faveur de sanctions au niveau européen contre la Turquie à l'heure où les tensions entre l'Union européenne et Ankara montent sur de nombreux points de contentieux, a déclaré mercredi le secrétaire d'État français aux Affaires européennes, Clément Beaune.


"Nous pousserons en faveur de mesures européennes de réaction forte, dont l'outil possible des sanctions", a-t-il ainsi affirmé devant le Sénat.

EGYPTE

Après la Turquie et le Maroc, c'est au tour de l'Egypte de condamner, sans y faire référence, les propos du président Macron sur la défense du droit à la caricature. Abdel Fatah al Sissi a ainsi défendu "les valeurs religieuses" et s'est prononcé contre "les insultes aux prophètes". 

RECTIFICATION

Au lendemain de ses propos visant à "encadrer" la diffusion des caricatures dans un cadre pédagogique, admettant même "ne pas" souhaiter que les enseignants en fasse usage, le président du CFCM Mohammed Moussaoui est revenu sur ses déclarations. S'il ne retire pas ce qu'il pense de ces caricatures, il oppose en revanche "au droit de caricaturer [...] le devoir d'ignorer et [cesser] de répondre ou de réagir à ce type d'expression".


Reconnaissant une "maladresse" dans son expression, il a admis n'avoir "pas mesuré le lien qui sera fait [entre ses propos] avec le sentiment d'abdication face aux terroristes". 

DIPLOMATIE

Par l'intermédiaire de Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, la France s'est réjoui de "la très grande unité européenne" autour d'elle, dans le conflit diplomatique qui l'oppose à la Turquie et à son président, Recep Tayyip Erdogan.


La France "ne renoncera jamais à ses principes et à ses valeurs", en dépit des "tentatives de déstabilisation et d'intimidation", a-t-il encore ajouté, faisant le lien entre "la menace terroriste accrue ces derniers jours" et "les appels à la haine" qui se sont récemment développés dans plusieurs pays majoritairement musulmans.

DISSOLUTION

Pour en savoir davantage sur les reproches faits à BarakaCity, mais aussi au CCIF, le collectif contre l'islamophobie, cet article écrit par nos soins après que leur nom avait été lâché, entre autres, par Gérald Darmanin.

BarakaCity, CCIF : pourquoi ces organisations sont-elles dans le collimateur des autorités ?

DISSOLUTION

L'association Baraka City, dans le viseur du ministère de l'Intérieur depuis l'assassinat de Samuel Paty, a été dissoute, a annoncé à l'instant le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. Etait notamment reproché à son dirigeant, Idriss Sihamedi, d'avoir propagé des messages de cyberharcèlement à l'endroit de Charlie Hebdo et de personnalités proches du Printemps républicain, telles que Zineb El Rhazaoui, autant de personnes ou d'entités qui bataillent contre l'ONG islamique depuis sa création.

PSG

Et c'est dans ce contexte extrêmement particulier que le PSG se déplace sur le terrain de Basaksehir, club stambouliote, champion de Turquie sortant, contrôlé par l'entourage de Recep Tayyip Erdogan, au point que ses couleurs sont les mêmes que celui du parti musulman conservateur de l'AKP. Signe de l'affection qu'Erdogan porte au football dans un pays et une ville qui n'en sont  pas moins fanas, celui qui était alors Premier ministre, ancien footballeur semi-pro, avait taquiné la gonfle en 2014, au moment de l'inauguration du stade qui allait accueillir le club.


La crise diplomatique entre la France et la Turquie s'invitera-t-elle dans la rencontre ? La question peut se poser, alors que, on s'en souvient, une minute de silence avait été sifflée, le 18 novembre 2015, lors du match entre la Grèce et la Turquie, quelques jours après les attentats du Bataclan. Pour deux raisons, on peut penser qu'il n'en sera rien cette fois. D'abord parce qu'il n'y aura guère que quelques centaines de supporters dans le stade, crise sanitaire oblige. Ensuite, parce que le président du club, Göksel Gümüsdag, a tout fait pour calmer le jeu. Dans une interview à l'agence presse turque Anadolu, il a assuré que "le Paris Saint-Germain est un club ami". Les relations avec le club détenu par le Qatar (lui aussi lieu de manifestations d'hostilité à la France), sont ainsi excellentes, au point qu'Al Khelaïfi a offert un maillot dédicacé de Neymar à son homologue.

CHARLIE HEBDO

Le tweet insultant à l'encontre de "Charlie Hebdo" de Serdar Cam, vice-ministre turc de la Culture, a été signalé à la justice, a indiqué mercredi à l'AFP le Délégué interministériel à la lutte contre le racisme, Frédéric Potier. 


"Il y a quelque chose d'indécent dans le contexte actuel marqué par le procès des attentats de Charlie Hebdo et par la tragédie de l'assassinat de Samuel Paty à mettre de l'huile sur le feu en menaçant la rédaction de Charlie", a réagi ce dernier en évoquant les insultes d'un personnage politique de poids. 


Ce dernier a par ailleurs interpellé Twitter depuis son compte, demandant si ce message d'insultes était "conforme à [leurs] conditions d'utilisation".

TURQUIE

Nouvelle insulte de la part du leader turc Recep Tayyip Erdogan, à l'endroit de Charlie Hebdo. Obsédé ces derniers jours par la France, son président, son soutien aux caricatures et par l'hebdomadaire satirique, le président a évoqué le sujet, mercredi 28 octobre : "Je n'ai pas regardé cette caricature, il est inutile de dire quoi que ce soit au sujet de ces vauriens". 


Et d'assurer que sa colère n'était pas "due à l'attaque ignoble contre [sa] personne mais aux insultes contre le prophète". 

CHARLIE HEBDO

La Une en question.

REACTION

A la Une de Charlie Hebdo représentant  Erdogan en patriarche lubrique soulevant la longue robe d'une de ses servantes, le vice-ministre de la Culture turc a répondu, en français, de façon virulente.

"CHARLIE HEBDO" CHOQUE ANKARA


La Turquie a vivement réagi à une caricature de son président Recep Tayyip Erdogan, en une de l'hebdomadaire satirique "Charlie Hebdo" ce mercredi, accusant l'hebdomadaire satirique français de "racisme culturel".


La caricature, diffusée en ligne mardi soir, montre M. Erdogan, en T-shirt et sous-vêtements, en train de boire une bière et de soulever la jupe d'une femme portant le voile, dévoilant ainsi ses fesses nues.


"Nous condamnons cet effort tout à fait méprisable de la part de cette publication pour répandre son racisme culturel et sa haine", a déclaré le principal conseiller pour la presse du président turc, Fahrettin Altun, sur Twitter.


Il a présenté cette publication comme le résultat du "programme anti-musulman du président français Macron".

ENCADREMENT

Le président du Conseil français du culte musulman, principal interlocuteur de l'exécutif, a appelé à encadrer "les initiatives visant à diffuser les dites caricatures dans les établissements de l'enseignement pour promouvoir la liberté d'expression".


"Je ne pense pas que ce soit la bonne solution pour expliquer aux enfants la liberté d'expression. Je ne le souhaite pas. Il y a d'autres moyens de le faire", avait défendu son président Mohammed Moussaoui dans une interview mardi 27 octobre sur France info.


Comprenant que les musulmans ressentent un "sentiment de provocation" au moment où le président défendait le droit à caricaturer le prophète, dont les interprétations les plus courantes du Coran interdisent la représentation graphique. "La volonté délibérée d'offenser les sentiments n'a pas lieu d'être", avait-il précisé, tout en se défendant de toute volonté d'interdire, plaidant pour "tenir compte aussi du contexte dans lequel ce droit s'exerce".

CYBERATTAQUE

Le parquet de Paris a ouvert une enquête après le piratage de plusieurs dizaines de petits sites internet en France sur lesquels se sont affichés, dimanche 25 octobre, des messages de propagande islamiste.


L'enquête ouverte pour des "atteintes à un système de traitement automatisé de données" et pour "apologie publique d'un acte de terrorisme" a été confiée au centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) de la gendarmerie en lien avec les services d'enquête locaux.


Les piratages sont apparus pendant le week-end, alors que se multipliaient les appels au boycott des produits français dans plusieurs pays musulmans en réaction à la défense par Emmanuel Macron de la liberté de caricaturer après l'assassinat de Samuel Paty.


Des messages tels que "Victoire pour Mohammed, victoire pour l'Islam et Mort à la France", "opération lancée par des hackers musulmans contre la France pour avoir insulté le prophète Mahomet et profané publiquement l'Islam" ou un montage d'Emmanuel Macron grimé en cochon se sont affichés sur la page d'accueil de plusieurs sites internet.

EFFETS DU BOYCOTT

Le boycott des produits français est "très circonscrit et limité à un certain nombre de produits alimentaires, mais de façon très limitée, tant mieux", a indiqué sur le site du Figaro Franck Riester. 


"Nous sommes évidemment très attentifs. J'ai créé au sein du ministère des Affaires étrangères une cellule de suivi de ce qui se passe, pays par pays, en lien avec notre réseau diplomatique et en lien avec les entreprises et les différentes fédérations d'entreprises", a assuré Franck Riester, pour qui "la Turquie a plus besoin de l'Europe et de la France que l'inverse".


Selon lui, "la Turquie a plus besoin de l'Europe et de la France que l'inverse".

RIESTER

Interrogé au sujet de la crise diplomatique avec la Turquie, le ministre délégué au Commerce extérieur a cinglé, mardi 27 octobre à l'Assemblée : "Nous devons être unis face à ces dérives nationalo-islamistes. Face à l'attitude de M. Erdogan, la France a rappelé son ambassadeur pour consultation. Cela fait suite à l'absence choquante de condamnations après l'attentat (chose rectifiée depuis, ndlr). Cela fait suite à la campagne de boycott et d'hostilité. Et aux attaques de M. Erdogan contre le président de la République. Nous avons donc rappelé notre ambassadeur et, lors du prochain Conseil européen, nous aurons des discussions avec notre partenaires pour voir quelle réaction il faut avoir face à la Turquie".

TCHETCHENIE

Dans un message posté sur le réseau social Telegram, le despote tchétchène Ramzan Kadyrov a estimé que la défense d'Emmanuel Macron des caricatures du prophète Mahomet faisait de lui "le chef de file et l'inspirateur du terrorisme" en France, l'appelant à "arrêter les provocations et les attaques contre la foi avant qu'il ne soit trop tard". "Vous forcez les gens au terrorisme, poussez les gens vers lui, vous ne leur laissez pas le choix et vous créez toutes les conditions pour nourrir les idées extrémistes dans l'esprit des jeunes", a-t-il ajouté.

REACTION

Sur BFM, l'avocat de la Fédération islamique de Pantin, William Boudon, a dores et déjà annoncé qu'il contesterait la décision : "Il faut privilégier le dialogue, pas la brutalité", a-t-indiqué, reprochant à la justice d'avoir eu "un regard rétroactif" sur le dossier et "une sanction disproportionnée".

MOSQUEE DE PANTIN

Dans le viseur de Gérald Darmanin pour avoir relayé la vidéo mettant en cause Samuel Paty, avant de la supprimer, la mosquée de Pantin reste fermée, a indiqué depuis son compte Twitter le ministre de l'Intérieur. C'est le tribunal administratif de Montreuil qui a confirmé la décision. Cette fermeture est prévue pour six mois.

IRAN

L'Iran, autre pays en pointe dans la dénonciation des positions présidentielles sur les caricatures, passe par la voie diplomatique. C'est ainsi que le conseiller diplomatique Florent Aydalot a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères, lundi 26 octobre, pour répondre de "l'insistance des autorités françaises à soutenir la publication des caricatures insultant le Prophète".


En même temps qu'il communiquait sur cette convocation, le ministère condamnait le soutien présidentiel aux caricatures, y voyant "un comportement inacceptable des autorités françaises, qui ont heurté les sentiments de millions de musulmans en Europe et dans le monde".

BANGLADESH

Dans d'autres pays musulmans, l'apaisement n'est pas à l'ordre du jour non plus. Au Bengladesh, relève l'AFP, des dizaines de milliers de manifestants se sont réunis ce mardi à Dacca, la capitale, appelant au boycott des produits français et brûlant une effigie du président Macron, accusé d'"adorer Satan", selon le président du parti islamiste organisateur de la marche. Ils étaient ainsi plus de 40.000 à participer et à demander à "punir" Emmanuel Macron.

TURQUIE

Nouveau cran franchi, ce mardi, dans la dégradation des relations franco-turques. Dans un discours prononcé lundi soir à Ankara, Recep Tayyip Erdogan a appelé ses concitoyens à boycotter les produits tricolores : "Je m'adresse d'ici à ma nation : surtout ne prêtez pas attention aux marques françaises, ne les achetez pas".


Un appel qui suit les nombreuses provocations du leader turc à l'endroit d'Emmanuel Macron, dont il avait remis en question, à deux reprises en moins de 24 heures, la santé mentale.

DARMANIN


Dans un entretien à Libération mis en ligne lundi soir, Gérald Darmanin estime que le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF)  est "une officine islamique", "une officine contre la République", et assure que le gouvernement dispose d'éléments permettant de "proposer sa dissolution". "C'est une officine islamiste qui invite des islamistes radicaux. C'est le cas de M. Hani Ramadan (un frère de Tariq Ramadan, ndlr), il y en a d'autres", fait valoir le ministre de l'Intérieur. "Je ne vais pas détailler (...) ce que nous allons envoyer au CCIF, mais qui nous donne les moyens, effectivement, de proposer sa dissolution".


"Cette association est une officine contre la République. Elle considère qu'il y a une 'islamophobie d'Etat', tout en étant subventionnée par l'Etat français puisque ses donateurs bénéficient par ailleurs de reçus fiscaux", a-t-il poursuivi, "il est temps d'arrêter d'être naïf avec ces officines sur notre sol".


Gérald Darmanin a proposé la semaine dernière la dissolution du CCIF après la décapitation de Samuel Paty. Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, Brahim Chnina, le père d'une élève avait appelé à la mobilisation contre le professeur d'histoire, et demandé d'écrire au CCIF. Pour Gérald Darmanin, cette vidéo était une "fatwa", une "sorte de chasse à l'homme qui ne le dit pas". Le CCIF, ajoute le ministre, "est une officine islamiste qui ne condamne pas les attentats". "En ce qui concerne le dernier attentat, alors qu'elle est citée dans l'affaire, que M. Chnina la cite, donne son numéro de téléphone, elle n'appelle qu'au deuil".


Le ministre de l’Intérieur souligne que le gouvernement cherche "à combattre une idéologie, pas une religion". "Les Français musulmans" sont "les premiers à être visés par ces islamistes qui veulent étendre leur pouvoir", assure-t-il. "Une très grande partie des musulmans de France sont les premiers à demander des actes forts de la part de l'Etat français".

ALGERIE  


Le Haut Conseil islamique en Algérie, une institution officielle, a fustigé lundi une "campagne virulente" contre l'islam, première réaction d'Alger aux déclarations d’Emmanuel Macron sur la liberté de caricaturer le prophète Mahomet. "Nous déplorons l'émergence de groupes qui dévient des valeurs humaines" et qui "au nom de la liberté d'expression, insultent l'islam et son Messager", a réagi le Haut Conseil, dans un communiqué publié sur la page Facebook de la présidence algérienne.


"Le Haut Conseil islamique (HCI) condamne fermement cette campagne virulente contre le prophète Mahomet", poursuit cet organe consultatif chargé notamment d'émettre des avis à la lumière des prescriptions religieuses. Sans citer nommément le président français Emmanuel Macron, il regrette que cette campagne de dénigrement émane d'"un responsable qui se targue d'être le protecteur des valeurs de fraternité, de liberté et d'égalité". 


Le communiqué fait allusion aux propos de M. Macron, qui a assuré que la France continuerait de défendre les caricatures de Mahomet lors de l'hommage mercredi dernier au professeur Samuel Paty, décapité dans un attentat islamiste pour avoir montré ces dessins en classe. 


Le Haut conseil islamique algérien exhorte "les sages du monde, les organisations religieuses et de défense des droits de l'Homme ainsi que les instances du dialogue interreligieux à faire face à ce discours extrémiste" et à "oeuvrer pour le respect des symboles religieux communs contre la haine et le racisme".

TENSIONS 


Le bras de fer entre Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan a pris une nouvelle tournure ce week-end, le président turc insultant son homologue. Un signe supplémentaire de l'exacerbation des tensions.

Géopolitique, diplomatie... aux origines de la crise entre Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan

Urgent

ITALIE


Le Premier ministre italien Giuseppe Conte monte à son tour au créneau. "Les propos adressés par le président Erdogan au président Macron sont inacceptables", a écrit Giuseppe Conte en français sur son compte Twitter.

L'APPEL DU CFCM AUX MUSULMANS DE FRANCE


Mohammed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) a appelé lundi les musulmans de France à "défendre l'intérêt" du pays face à la campagne de boycott visant les produits français, qu'il considère comme "contre-productive" et créant de la "division". 


"La France est un grand pays, les citoyens musulmans ne sont pas persécutés, ils construisent librement leurs mosquées et pratiquent librement leur culte", a t-il déclaré à l'AFP, alors que manifestations et appels au boycott se multiplient dans le monde musulman après de récents propos du président Emmanuel Macron sur l'islam. 

LA TURQUIE CONDAMNE UN ASSASSINAT "MONSTREUX"


La Turquie sort (enfin) de son silence. Ankara a condamné lundi "l'assassinat monstrueux" du professeur Samuel Paty, décapité au cours d'un attentat jihadiste pour avoir montré en classe des caricatures de Mahomet, après avoir été accusée de l'avoir passé sous silence.


"Nous condamnons vigoureusement l'assassinat monstrueux de Samuel Paty et nous rejetons cette barbarie. Cet assassinat ne peut aucunement être justifié", a déclaré le porte-parole de la présidence turque Ibrahim Kalin sur Twitter.

MERKEL CONDAMNE LES PROPOS D'ERDOGAN


La chancelière allemande réagit aux nouvelles attaques du président turc contre Emmanuel Macron. Angela Merkel a condamné des propos "diffamatoires", après un discours de Recep Tayyip Erdogan au cours duquel il a de nouveau ciblé la France et accusé des dirigeants européens de "fascisme" et de "nazisme".


Le dirigeant turc avait par ailleurs appelé "les responsables européens" à mettre à un terme à ce qu'il a décrit comme une "campagne de haine" envers les musulmans "dirigée" par son homologue français Emmanuel Macron.

ERDOGAN APPELLE AU BOYCOTT


Recep Tayyip Erdogan joue la surenchère. Le président turc a appelé lundi les Turcs à boycotter les produits français, sur fond de dispute avec Paris au sujet du traitement des musulmans de France. "Tout comme en France certains disent 'n'achetez pas les marques turques', je m'adresse d'ici à ma nation : surtout ne prêtez pas attention aux marques françaises, ne les achetez pas", a-t-il déclaré dans un discours à Ankara. Avant de comparer le traitement des musulmans en Europe à celui des juifs avant la Seconde Guerre mondiale, accusant certains dirigeants européens de "fascisme" et de "nazisme".

"Les responsables européens doivent dire 'stop' à la campagne de haine qui est dirigée par Macron", a également lancé le président turc.

MACRON

Dans une série de tweets, le président de la République, ciblé ces derniers jours par des manifestations d'hostilité en provenance de certains pays musulmans, a rappelé sa détermination à défendre les devises de la République. "Notre histoire est celle de la lutte contre les tyrannies et les fanatismes", a-t-il également écrit. Et d'assurer, alors que ces manifestations viennent l'accuser d'islamophobie : "Nous respectons toutes les différences dans un esprit de paix. Nous n’acceptons jamais les discours de haine et défendons le débat raisonnable."

DIPLOMATIE

Le quai d'Orsay a appelé, dimanche 25 octobre, les gouvernements des pays concernés à faire "cesser" les appels au boycott dont font l'objet les produits français depuis qu'Emmanuel Macron a apporté son soutien aux caricatures représentant le prophète Mahomet, interdit selon certaines interprétations du Coran, le texte fondateur de l'islam. 


Affirmant que ces appels et autres manifestations hostiles à la France sont le fait d'une "minorité radicale", le ministère des Affaires étrangères a également demandé à ces mêmes exécutifs d'"assurer la sécurité" des ressortissants français dans ces pays, à l'instar de la Jordanie, du Koweït ou du Qatar.


"Les appels au boycott sont sans aucun objet et doivent cesser immédiatement, de même que toutes les attaques dirigées contre notre pays, instrumentalisées par une minorité radicale", a déclaré la diplomatie française.

REACTIONS FRANCAISES

Plus tôt dans la journée, les propos du dirigeant turc avaient suscité la consternation dans les rangs politiques français : "M. Erdogan a choisi de ne pas présenter de condoléances après la décapitation d’un professeur et préfère insulter gravement le Président de la République alors que la France est en deuil, a ainsi tweeté Marine Le Pen. Le rappel de notre ambassadeur était inévitable et doit être salué". Un rappel qui n'est cependant pas "un geste fort", a-t-elle poursuivi sur LCI.


Député de la France insoumise, Adrien Quatennens a lui confié qu'il ne "support[ait] pas qu'une puissance étrangère insulte le président de la République de [s]on pays, c'est inacceptable".


A droite, Damen Abad, patron des députés LR, a accusé Erdogan de mettre en oeuvre "un amalgame volontaire pour encourager l'islamisme : d'un côté Erdogan le fait au nom de la défense des musulmans, à tort, d'un autre côté vous avez Mme Le Pen du Rassemblement national qui le fait elle aussi et qui confond les musulmans et l'intégrisme, qui sont deux choses bien différentes".


Virulent et ironique, l'eurodéputé marcheur Stéphane Séjourné a également critiqué le président turc : "Une semaine après l’assassinat du professeur Samuel Paty, le dictateur Erdogan sort de son silence pour présenter ses condoléances... ah, non, pour insulter le Président français ! Mégalomane, intempestif, narcissique, dangereux et maintenant grossier, de pire en pire...".

ERDOGAN

Le président turc a de nouveau attaqué son homologue français Emmanuel Macron, dimanche 25 octobre. Lors d'un discours télévisé à Malatya, en Anatolie, à l'Est du pays, Recep Tayyip Erdogan a jugé que le président français était "obsédé par Erdogan jour et nuit. [...] C'est un cas, et en conséquence, il a vraiment besoin de subir des examens".

TENSION DIPLOMATIQUE


Le soutien d'Emmanuel Macron aux caricatures de Mahomet, ainsi que le projet de loi contre le séparatisme islamiste, vaut à la France d'être l'objet de virulentes critiques de la part de plusieurs pays du monde arabo-musulman. Retour sur de précédents épisodes de tension.

Caricatures, loi sur le voile, mise à l'honneur d'Israël... quand la France est visée par un boycott

BLOIS 


Un jeune homme de 22 ans, d'origine tchétchène et domicilié à Blois, a été mis en examen dimanche pour "apologie  d'actes terroristes" par le biais des réseaux sociaux et placé en détention, annonce le procureur de la République de Blois Frédéric Chevallier  dans un communiqué.


Après la mort de Samuel Paty, ce jeune homme, né en Russie, a été identifié après des propos tenus sur un compte Twitter utilisant un pseudonyme. Il était  déjà connu des services de la justice pour avoir été "condamné en 2017, lorsqu'il était mineur, pour des faits d'apologie d'actes terroristes, à la  suite des attentats de Charlie Hebdo en janvier 2015", a précisé Frédéric  Chevallier.

 

 "Au terme des nombreuses investigations menées dans le temps de la garde à  vue, le jeune homme était déféré ce dimanche matin 25 octobre 2020 devant le  magistrat du parquet de permanence de Blois qui ouvrait une information  judiciaire du chef d'apologie d'actes terroristes aggravée par la circonstance  que ces faits ont été commis en utilisant un service de communication au public  en ligne. Mis en examen de ce chef par le magistrat instructeur de permanence,  il était, sur réquisitions conformes du parquet, placé en détention  provisoire", a ajouté le parquet. Au cours de sa garde à vue, l'intéressé a récusé "toute radicalisation".

PAKISTAN 


Le Premier ministre pakistanais Imran Khan a accusé dimanche Emmanuel Macron d'"attaquer l'Islam", le président français ayant défendu la publication de caricatures du prophète Mahomet après la décapitation la semaine dernière d'un professeur qui en avait montré certaines à ses élèves.


"Le président Macron aurait pu jouer l'apaisement et refuser l'espace aux extrémistes plutôt que de créer une polarisation et une marginalisation supplémentaires qui conduisent inévitablement à la radicalisation", a écrit Imran Khan sur Twitter.


"Il est regrettable qu'il ait choisi d'encourager l'islamophobie en s'attaquant à l'Islam plutôt qu'aux terroristes qui pratiquent la violence, qu'il s'agisse de musulmans, de tenants de la suprématie blanche ou d'idéologues nazis", a poursuivi le Premier ministre pakistanais.

TENSIONS 


Depuis les déclarations d'Emmanuel Macron sur les caricatures lors de l'hommage à Samuel Paty, des tensions se sont fait jour avec plusieurs pays musulmans notamment la Turquie. Ce samedi 24 octobre, des manifestations ont aussi eu lieu et à Gaza, et des portraits du président de la République ont été brûlés. 

VIDÉO - Caricatures : les tensions s'exacerbent avec la Turquie, le portrait de Macron brûlé à Gaza

LIBYE


Des appels à manifester se multiplient, ce dimanche en Libye pour dénoncer les propos du président français Emmanuel Macron au sujet de caricatures du prophète Mahomet, jugés "provocateurs".


Le mouvement a surtout pris de l'ampleur sur les réseaux sociaux avec des internautes appelant à manifester dimanche après-midi sur la grande Place des Martyrs, dans le centre-ville de Tripoli. Côté médias, la chaine de télévision religieuse "al-Tanasuh", porte-voix du mufti Sadek al-Ghariani, a relayé cet appel sur le bandeau d'information en bas de l'écran.

Urgent

LE DRIAN CONDAMNE "LA PROPAGANDE CALOMNIEUSE" DE LA TURQUIE


Dans un communiqué publié ce dimanche 25 octobre, le Quai d'Orsay annonce le rappel de son ambassadeur en Turquie, dès ce jour, "pour consultation". Le ministre des affaires étrangères français dénonce "une propagande haineuse et calomnieuse" contre la France, de la part de l'Etat turc. 


"A l’absence de toute marque officielle de condamnation ou de solidarité des autorités turques après l’attentat terroriste de Conflans Sainte-Honorine, s’ajoutent désormais depuis quelques jours une propagande haineuse et calomnieuse contre la France, témoignant d’une volonté d'attiser la haine contre nous et en notre sein, et des insultes directes contre le Président de la République, exprimées au plus haut niveau de l’Etat turc. Ce comportement est inadmissible, a fortiori de la part d’un pays allié. L’ambassadeur de France en Turquie a en conséquence été rappelé et rentre à Paris dès ce dimanche 25 octobre 2020 pour consultation", indique le communiqué.

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