Enfant mort après avoir mangé des crêpes : la maîtresse condamnée à 12 mois avec sursis

L'enfant de six ans était scolarisé à l'école maternelle de Limas (Rhône).
Police

PROCÈS - Une institutrice du Rhône, jugée ce mardi pour homicide involontaire devant le tribunal correctionnel de Villefranche-sur-Saône, a été condamnée à 12 mois de prison avec sursis. En mars 2018, elle avait donné deux crêpes à un enfant allergique. Le garçon de 6 ans était mort d'un choc anaphylactique.

Ce jour-là, l’école fêtait le carnaval de Mardi gras. Et comme souvent, des crêpes avaient été préparées par les enfants. En fin d'après-midi, alors qu'il rentre chez lui avec sa mère, Jahden s’écroule dans la rue, terrassé par une crise cardiaque. L’autopsie révélera que le garçonnet de 6 ans, scolarisé en petite section de maternelle dans une école de Limas (Rhône), a fait un choc anaphylactique. Jahden était allergique au lait de vache. C'était d’ailleurs inscrit dans son dossier. Mais quand l’institutrice lui a demandé s'il pouvait en manger, il a répondu oui. Or ce sont des crêpes à l'eau qu'on lui donnait habituellement.

Les faits remontent à mars 2018 mais la maîtresse a comparu ce mardi 15 septembre pour homicide involontaire devant le tribunal correctionnel de Villefranche-sur-Saône. "Des regrets j'en ai tous les jours, je me sens tellement coupable", a glissé Danielle Dampfhoffer, 59 ans, en sanglots à la fin de l'audience à l'issue de laquelle elle a écopé d'une peine de 12 mois de prison avec sursis. 

La mère de l'enfant s'était exprimée dans la matinée au micro de RTL. "Comment on peut donner à cet enfant allergique des crêpes ?, avait-elle interrogé. Je ne comprendrai jamais. Peut-être le procès nous aidera. Mais mon fils ne reviendra jamais. Mais je ne hais pas [l'institutrice]. Au début, j'avais de la haine. Mais aujourd'hui, je l'ai pardonnée. On ne vit pas avec la haine.

Est-ce qu'elle était pleinement informée, éclairée ?- Le procureur de la République, Sylvain Cordesse.

"Ce qui est reproché à la mise en cause, c'est d'avoir été au courant de l'allergie et de l'existence d'un PAI qui spécifiait la conduite à suivre en cas de symptômes, avec administration d'une piqûre et appel au Samu", avait relevé avant le procès auprès de l'AFP le procureur de la République, Sylvain Cordesse. "Est-ce qu'elle était pleinement informée, éclairée ? C'est là-dessus que portera le débat et c'est sur quoi le tribunal devra se prononcer", avait ajouté le magistrat, à l'origine du renvoi de l'institutrice devant le tribunal correctionnel.

Pour la défense, le projet d'accueil individualisé (PAI) - un document écrit spécifiant les troubles de la santé d'un élève, ses éventuels besoins thérapeutiques et les consignes à suivre en cas de problème - n'alertait pas suffisamment sur les dangers encourus par la victime. "Ma cliente sait aujourd'hui qu'elle n'aurait jamais dû lui donner ne serait-ce que deux crêpes. Le Code pénal parle de 'négligence' : pour moi, sa faute relève plutôt du manque de vigilance et elle devra être largement atténuée car on est dans des circonstances où l'on demande à une maîtresse de devenir médecin", faisait valoir son avocat, Me Frédéric Lalliard.

La prévenue avait déjà fait l'objet d'une sanction disciplinaire - six mois de suspension - et occupe désormais un poste administratif au sein du rectorat. Après ce drame, la ministre de la Santé de l'époque, Agnès Buzyn, avait souhaité que les écoles soient équipées en stylos d'injection d'adrénaline pour pouvoir réagir en cas d'allergie violente. Cette mesure est toujours à l'étude mais il n'y a "rien d'acté", selon une porte-parole de l'académie de Lyon.

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