Essais cliniques "sauvages" dans une abbaye : ouverture d'une information judiciaire par le parquet de Paris

Essais cliniques "sauvages" dans une abbaye : ouverture d'une information judiciaire par le parquet de Paris

SCANDALE SANITAIRE - Saisi par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), qui a révélé le scandale le 19 septembre, le Paquet de Paris a ouvert une information judiciaire sur les essais cliniques illégaux pratiqués dans une abbaye près de Poitiers. Deux juges d'instruction vont mener les investigations pour tenter de faire le jour sur cette affaire.

L'enquête va pouvoir commencer. Deux juges d'instruction ont été saisis pour mener les investigations sur les essais cliniques "sauvages" pratiqués dans une abbaye près de Poitiers. Le parquet de Paris a annoncé que son pôle santé publique avait ouvert vendredi 27 septembre une information judiciaire pour plusieurs chefs, dont "abus frauduleux de l'ignorance ou de la faiblesse d'une personne vulnérable", "tromperie sur la nature, la qualité substantielle ou l'origine d'une prestation de services" et "ouverture d'un établissement pharmaceutique sans autorisation". 

Au moins 350 malades de Parkinson et Alzheimer se sont vu appliquer des "patchs" contenant deux molécules - appelées valentonine et 6-méthoxy-harmalan et inconnues du corps médical - dans l'espoir de guérir ces maladies neurologiques. L'instance de lutte contre les dérives sectaires, la Milivudes, avait précisé que certains "patchs" étaient vendus 1.500 euros aux patients dans le cadre de ces essais.

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Des expérimentations interdites depuis le 19 septembre

Ces essais cliniques étaient menés hors de tout cadre légal par une structure baptisée Fonds Josefa, dont le vice-président, le Pr Henri Joyeux, est contesté par la communauté médicale en France à cause de ses positions anti-vaccins. L'abbaye Sainte-Croix, dans la Vienne, où étaient menés en partie ces essais, a pour sa part reconnu avoir "probablement manqué de discernement" en accueillant le Fonds Josefa mais a refusé de porter la responsabilité des activités qui se sont déroulées sous son toit.

C'est l'ANSM qui avait découvert l'existence de ces expérimentations dans un abbaye, grâce à une inspection de contrôle menée début septembre au laboratoire, où des prises de sang étaient envoyées pour analyse. Après plusieurs mois d'enquête, l’établissement public a interdit ces essais "sauvages", relayant l'information au grand public, le 19 septembre 2019.

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Devant la découverte, Agnès Buzyn s'était dite "horrifiée" et "effondrée". La ministre de la Santé avait estimé que "la priorité" était "de connaître l'état de santé de ceux qui y ont participé, de vérifier qu'ils ont repris leur traitement, anti-parkinsonien notamment". L'ANSM a, en outre, annoncé la mise en place lundi 30 septembre d'un numéro vert (0.800.97.14.03), afin de répondre aux interrogations des patients ayant pris part à cette expérimentation.

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