Jeune éborgné par un LBD : le policier auteur du tir mis en examen

L'IGPN, la "police des polices", a été saisie après des propos racistes visant un policier.
Police

FAIT DIVERS - Un jeune homme de 19 ans avait été touché à l'œil par un tir de lanceur de balles de défense samedi dernier à Brunoy dans l'Essonne. Présenté à la justice, le policier auteur du tir a été mis en examen ce vendredi pour "violence volontaire ayant entraîné une infirmité permanente".

Un policier a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire ce vendredi 28 février pour "violence volontaire ayant entraîné une infirmité permanente" après un tir de LBD ayant éborgné un jeune à Brunoy samedi dernier, a annoncé le parquet d'Evry. Un jeune homme de 19 ans avait été gravement blessé lors d'échauffourées dans cette ville de l'Essonne. "Contrairement aux déclarations du policier évoquant un tir de riposte à des violences, ce tir ne semblait pas conforme aux règles", a indiqué le parquet dans un communiqué, précisant qu'il avait été placé en garde à vue jeudi.

Selon Le Parisien, qui a rencontré Adnane, un contrôle de police a eu lieu dans le hall d'un immeuble. Dans les cris, les forces de l'ordre auraient jeté une grenade de dispersion. Plus tard, le jeune homme se serait rapproché pour voir si la police était toujours sur place. Il serait tombé nez à nez avec deux policiers de la BAC, munis d'une lampe torche et d'un flashball. Dans la panique, la victime se serait échappée et aurait reçu un tir de LBD en plein visage. "Je n'ai pas parlé aux policiers, fait aucun geste, n'avais rien dans les mains, ne représentais aucun danger. Il y a des caméras, des témoins", a-t-il raconté au quotidien.

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"J'aurais préféré qu'on me tue"

Conduit à l'hôpital de Quincy-sous-Sénart par un habitant, il a été transféré d'urgence à l'hôpital Rothschild, à Paris. Un certificat médical établi à la demande de l'IGPN, la police des polices, fait état d'un "traumatisme oculaire droit par coup de flash-ball". L'usage de l'œil est perdu et 120 jours minimum d'ITT (incapacité totale de travail) ont été prescrit à Adnane. "Je ne sais pas si je vais pouvoir travailler, passer mon permis, m'amuser comme tout le monde", a-t-il expliqué au Parisien. "Aujourd'hui, je mange avec une paille. J'aurais préféré qu'on me tue plutôt que de me laisser des séquelles à vie."

Vendredi, la CGT ainsi que les syndicats des avocats de France et de la magistrature ont annoncé avoir saisi la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour demander l'interdiction des lanceurs de balles de défense, arme controversée.

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