Etudiant immolé devant un Crous à Lyon : ce que l’on sait du drame

Police

FAIT DIVERS – Un étudiant âgé de 22 ans s’est immolé vendredi devant un restaurant universitaire du 7e arrondissement de Lyon (Rhône). Il était toujours entre la vie et la mort ce samedi.

Un étudiant de l'université Lyon-2 a tenté de mettre fin à ses jours vendredi 8 novembre en milieu d'après-midi en s'aspergeant d'essence devant un bâtiment du Centre national des œuvres universitaires et scolaires (Crous) avant de mettre le feu à ses vêtements. Hospitalisé en urgence au Centre des brûlés de l'hôpital Edouard-Herriot de Lyon, le jeune homme, qui est inscrit en L2, était toujours entre la vie et la mort ce samedi. 

Voici ce que l'on sait, au lendemain du drame. 

Quand est-ce arrivé ?

Il était 14h50 vendredi quand le jeune homme âgé de 22 ans a eu ce geste désespéré. S'étant rendu devant le Crous situé 367, rue Garibaldi dans le 7e arrondissement de Lyon, l'étudiant originaire de Saint-Etienne et scolarisé à l'université Lyon-2 a tenté de mettre fin à ses jours en s'immolant. 

Un témoin s'est alors saisi d'un extincteur pour éteindre les flammes avant que les secours n'interviennent et ne prennent en charge la victime. 

Prévenue du geste de son compagnon par SMS, la petite amie de la victime, qui étudie dans la même université, avait également alerté les services de secours, selon l'AFP. 

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Quel est l'état de santé de l'étudiant ?

Admis au Centre des brûlés de l'hôpital Edouard-Herriot de Lyon, la victime, est, selon les syndicats étudiants "brûlée à 90%". Le jeune homme était toujours entre la vie et la mort ce samedi. 

Pourquoi a-t-il commis ce geste ?

Dans un message publié sur Facebook peu avant les faits, le jeune homme explique qu'"aujourd'hui", il va "commettre l'irréparable". Ses motivations ? Les conditions de vie déplorables des étudiants, la précarité et l'incertitude financière, notamment pour l'avenir.  Il justifie également son geste par des revendications politiques, accusant notamment "Macron, Hollande, Sarkozy et l'UE" de "[l'avoir] tué", dans un long plaidoyer où se mêlent aussi montée du fascisme ou encore chômage de masse. 

Quelles sont les réactions ?

Au lendemain du drame, le syndicat Solidaires Étudiant-e-s Lyon a précisé que cet étudiant est "en grande précarité financière, privé de bourse, désespéré".  Dans un communiqué commun avec Solidaires, ces fédérations syndicales ont dénoncé "la précarité" de "la vie des étudiant-e-s" : "Son acte ne saurait être réduit au seul désespoir, c'est aussi à la portée politique. Dans son message, notre camarade décrit la précarité qu'il subit, conséquence des politiques libérales, et le racisme quotidien ", écrivent les fédérations qui appellent également les étudiants à manifester mardi 12 novembre. A Lyon, le rendez-vous est fixé à 10 heures du matin devant le CROUS. 

Un hashtag a également été lancé pour dénoncer les conditions de vie précaires des étudiants. 

Ce samedi matin, la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, s'est rendue à Lyon pour rencontrer la présidente de l'université et les équipes du Crous et leur faire "part de sa profonde émotion face à l'acte dramatique" du jeune homme, "auquel elle a adressé ses premières pensées", selon le ministère. 

L'université Lyon-2 a, de son côté, annoncé sur Twitter qu'une cellule d'écoute serait mise en place dès mardi 14 heures sur le campus Porte des Alpes. Une enquête a été ouverte pour déterminer les raisons du geste de ce jeune homme. Raisons qui semblent déjà établies.

Nous n'avions pas connaissance de difficultés personnelles concernant cet étudiant.- Nathalie Dompnier, présidente de l'université Lyon 2.

"Nous n'avions pas connaissance de difficultés personnelles concernant cet étudiant, très impliqué au sein des instances de l'établissement", a déclaré à  l'AFP la présidente de l'université Lyon 2 Nathalie Dompnier, ajoutant que le jeune homme ne percevait plus sa bourse car il "triplait" sa deuxième année de licence. "L'université lui exprime tout son soutien, ainsi qu'à sa famille, à ses proches et à tou.tes ses camarades", a également écrit la présidente dans un communiqué.

Dans un communiqué, les fédérations syndicales étudiantes SUD-éducation et Solidaires ont dénoncé "la précarité" de "la vie des  étudiant-e-s" : "Son acte ne saurait être réduit au seul désespoir, c'est aussi à la portée politique. Dans son message, notre camarade décrit la précarité qu'il subit, conséquence des politiques libérales, et le racisme quotidien", pointe le  syndicat, qui souligne que "la précarité s'étend" et "broie de plus en plus de  vies, y compris la vie des étudiant-e-s".

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