VIDÉO - Évacuation violente de migrants à Paris : l'IGPN saisie, ses conclusions attendues sous 48 heures

Plusieurs centaines de migrants ont installé leurs tentes place de la République lundi 23 novembre, dans l’attente de solutions d’hébergement. Coups de matraque, grenades... Les forces de l’ordre les ont violemment délogés dans la soirée, suscitant jusqu'à la réprobation du ministre de l'Intérieur.

VIOLENCES - Après l'intervention polémique des forces de l'ordre, qui ont délogé plusieurs centaines de migrants lundi soir à Paris, le ministre de l'Intérieur annonce ce mardi la saisine de l'IGPN.

Honte. C'est sans doute l'un des mots les plus repris sur les réseaux sociaux pour qualifier les violents incidents qui se sont déroulés dans la nuit de lundi à mardi à Paris et pour laquelle l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). Plusieurs centaines de migrants avaient décidé lundi soir d'installer un camp place de la République, ne sachant plus où se rendre après l'évacuation du campement de Saint-Denis la semaine dernière. 

Une action soutenue par plusieurs associations dont Utopia 56 mais également par des élus dont certains de la majorité parisienne qui ont protesté contre l'intervention des forces de l'ordre. Ces dernières ont procédé à l'évacuation des lieux en enlevant parfois manu militari les tentes déployées où se trouvaient encore certains exilés. Une scène filmée qui a indigné les militants présents sur place qui ont dû se replier après des tirs de gaz lacrymogènes et de grenades de désencerclement. 

Violences policières

Alors que les tentes étaient embarquées par les forces de l'ordre, la soirée se poursuit dans les rues de Paris où réfugiés, journalistes et élus se sont retrouvés nassés avant d'être dispersés dans un contexte de grande tension. 

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S'est alors ensuivie une longue nuit dans les rues de la capitale où plusieurs faits de violences policières sont recensés. Coup de pieds gratuit, croche-patte sur un réfugié, menaces et violences sur des journalistes... Un agent de police revenant beaucoup dans les vidéos circulant sur Twitter est notamment pointé du doigt pour ses actes. 

La mairie demande des explications

Face à ces images, de nombres élus à la mairie de Paris ont directement interpellé Didier Lallement qu'ils estiment responsable de cette situation en raison de la politique de "zéro tolérance" qu'a institué depuis le début de l'année le préfet de police pour les campements de migrants dans la capitale. 

"Des journalistes tabassés, des réfugiés chassés à coup de matraques, des élu.e.s nassé.e.s... Face à la misère, ce déchaînement de violences est une honte. Le préfet de police doit rendre des comptes", écrit le maire adjoint à la mairie de Paris David Belliard sur Twitter. L'adjoint au logement Ian Brossat dénonce aussi les violences policières survenues au cours de la nuit: "on ne répond pas par la matraque à un besoin social"

Les conclusions de l'IGPN rendues publiques

"Certaines images de la dispersion du campement illicite de migrants place de la République sont choquantes", a réagi sur Twitter Gérald Darmanin, qui a indiqué par la même occasion avoir demandé "un rapport circonstancié sur la réalité des faits" au préfet de police d'ici mardi midi et assure qu'il prendra en conséquences des décisions. 

Ce mardi, le ministre de l'Intérieur a fait savoir que l'IGPN avait été saisie et que les résultats de son enquête seraient connus d'ici deux jours. "Le rapport du Préfet de police sur l’évacuation du campement illicite place de la République m’a été remis ce matin", écrit Gérald Darmanin. "Celui-ci m’a proposé la saisine de l’IGPN sur plusieurs faits inacceptables. J’ai demandé à l’IGPN de remettre ses conclusions sous 48 heures et les rendrai publiques."

Si on ignore à ce stade si des sanctions pourraient être prises, force est de constater que le ministre de l'Intérieur n'aura d'autre choix que de se référer aux images non floutées des journalistes pour réprimander ou non le comportement des fonctionnaires impliqués dans ces violences, prenant, comme certains s'en amusent, le contre-pied du fameux article 24 du projet de loi sur la sécurité globale qu'il soutient tant.

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