Évacuation violente de militants écologistes à Paris : la police des polices saisie

Évacuation violente de militants écologistes à Paris : la police des polices saisie
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POLICE – Selon nos informations, le parquet de Paris a ouvert ce lundi une enquête préliminaire du chef de violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique après l'évacuation controversée vendredi à Paris d'une manifestation écologiste au moyen de gaz lacrymogène.

C’était, selon de nombreux témoignages concordants, une manifestation non-violente... Jusqu’à l’intervention des forces de l’ordre, ayant dispersé le sit-in organisé par un groupe de militants écologistes sur le pont de Sully, et sous une chaleur caniculaire, vendredi dernier à Paris, à grands renforts de gaz lacrymogène. Depuis, la polémique ne cesse d’enfler à mesure que les images circulent et, dimanche, le ministre de l’Intérieur lui-même, Christophe Castaner, a publiquement demandé un rapport au préfet de Paris sur "les modalités" de cette évacuation controversée...

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Ce lundi, a appris LCI de source judiciaire, le parquet de Paris s’est officiellement saisi de ce dossier brûlant en ouvrant une enquête préliminaire du chef de violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique, et en confiant ladite enquête à l’IGPN (Inspection générale de la police nationale, ou "police des polices").

Toujours selon nos informations, trois policiers de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) 48 ont été blessés (blessure à la main, griffures au bras et douleurs au dos) lors de cette manœuvre ayant entraîné l'utilisation de dix conteneurs entiers de gaz lacrymogène. Un homme a été interpellé durant cette intervention, qui aurait duré tout juste deux heures au total.

Voici le déroulé détaillé des faits tel qu’il a été rapporté par les CRS dans un compte-rendu de service :

- à 12h41, les policiers de la CRS 48 de Châtel-Guyon, en service depuis 8h45 dans la capitale, arrivent sur place, à l’angle du quai de la Tournelle et du boulevard Saint-Germain, en face du pont de Sully dans le 5e arrondissement. Les CRS ont alors le casque accroché au ceinturon. Environ 350 manifestants sont présents, certains debout, d’autres assis sur la chaussée. 

 

- à 12h47, les CRS amorcent une manœuvre dite "d’encagement" afin d’orienter les manifestants sur le trottoir et libérer la chaussée, l'idée étant de rétablir la circulation.

 

- à 13h06, le commissaire sur place ordonne une première sommation. Elle est réitérée à 13h12, après que le commissaire a constaté que les manifestants ne quittaient pas les lieux. Deux minutes plus tard, les CRS ont recours pour la première fois à des conteneurs de lacrymogènes pour déloger les manifestants de la chaussée. 

 

- à 13h28, les policiers notent qu’il n’y a plus de manifestants assis pont de Sully. Les manifestants sont repoussés en direction du boulevard Henri IV. C’est au cours de cette manœuvre de raccompagnement que la tension monte. Un CRS est signalé blessé à 13h35. Au même moment, un homme est interpellé pour entrave à la circulation.

 

- à 13h37, des manifestants bloquent encore le pont de Sully. Les CRS font à nouveau usage de lacrymogènes. Un policier se blesse au dos en évacuant un manifestant. Un autre est griffé au niveau des bras. À 13h39, la lacrymogène pleut à nouveau. 

 

- à 13h40, une nouvelle manœuvre "d’encagement" permet de repousser des manifestants à l’angle du quai de Béthune et de la rue de Bretonvilliers sur l’Île Saint-Louis. Ils seront peu à peu conduits, jusqu’à 14h, au niveau du quai des Célestins, toujours "encagés" par les CRS. À 14h40, tous les manifestants sont partis, ainsi que le commissaire de police. 

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