Explosion à Paris : "Tout le monde était occupé à filmer et personne ne l’a aidée", déplore le père de la victime espagnole

Explosion à Paris : "Tout le monde était occupé à filmer et personne ne l’a aidée", déplore le père de la victime espagnole

POINT DE VUE – La famille de la touriste espagnole décédée dans l’explosion qui a fait quatre morts et une cinquantaine de blessés samedi à Paris, dénonce ce lundi la passivité des témoins et le manque d'attention du personnel hospitalier.

Laura Sanz Nombela travaillait au supermarché "la Despensa" de Tolède, sa ville natale. Cette mère de trois enfants, âgée de 38 ans, se trouvait à Paris avec son mari pour un week-end en amoureux, plus précisément dans une chambre de l’hôtel Mercure situé juste à côté de la boulangerie totalement détruite samedi matin, quand elle a été prise dans le souffle de l’explosion, rue de Trévise. Elle fait partie, avec deux pompiers et une habitante du quartier, des quatre victimes décédées. Son père revient sur cette tragédie, ce lundi dans les colonnes du quotidien El Pais, avec beaucoup de colère et d'amertume.

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Explosion rue de Trévise à Paris

"Ni soutien psychologique, ni aide"

Il raconte ainsi que son gendre, Luis Miguel, présent dans la chambre au moment de l’explosion, avait appelé au secours depuis la fenêtre de leur chambre : "Mais tout le monde était occupé à filmer la scène avec son téléphone, et personne ne l’a aidé, jusqu’à ce que mon beau-fils puisse la confier à un pompier qui lui a fait un massage cardiaque avant l’arrivée de l’ambulance." Cela a son importance : Laura Sanz Nombela est morte une fois arrivée à l’hôpital.

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L’hôpital, le père, qui s’est rendu à Paris aussi vite que possible dans la journée de samedi, en parle aussi longuement. Et déplore avoir dû errer, à cause du manque d’attention du personnel, durant une heure et demie avant de trouver le dépôt où se trouve le corps de sa fille. "Nous y sommes arrivés à cinq heures et demie, mais ils n’ont pas ouvert avant huit heures. Nous étions à la porte, en train d’attendre, il n'y avait même pas un endroit pour prendre un café", ajoute-t-il.

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La famille, se sentant abandonnée, a même déposé plainte dimanche, avant que des psychologues ne viennent finalement la prendre en charge. De con côté, le consulat tente d’accélérer la procédure de rapatriement du corps, censée théoriquement prendre dix jours, après que le père s’est aussi plaint de n’avoir, là encore, reçu "ni soutien psychologique, ni aide", notamment pour trouver un logement. Quant au mari, il ne garde comme blessures physiques que des bleus et des éclats de verre, mais s’en veut terriblement, toujours selon El Pais, d’avoir organisé ce voyage surprise à Paris pour sa femme.

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