Explosion de la rue de Trévise : que dit le rapport qui met en cause la Ville de Paris ?

La ville de Paris, mise en cause par des experts dans l'explosion accidentelle de la rue de Trévise, a indiqué lundi avoir demandé un audit sur ce sinistre qui avait fait quatre morts et 66 blessés en janvier.
Police

Toute L'info sur

Explosion rue de Trévise à Paris

ENQUÊTE - Les experts qui ont enquêté sur l'explosion survenue à Paris le 12 janvier 2019 considèrent que le service de la voirie de la ville de Paris et une entreprise qui devait travailler sur l'affaissement du trottoir ont commis des manquements. La mairie a fait savoir dans la soirée qu'un audit allait être réalisé.

Des "manquements". C'est ce que souligne des experts concernant le drame de la rue de Trévise, un an après l'explosion qui avait coûté la vie à quatre personnes et avait fait 66 blessés. Selon ce document, la ville de Paris est mise en cause, de même qu'une entreprise ayant travaillé sur place. LCI fait le point sur ces avancées. 

Des "manquements" pointés

Une expertise commandée par des juges d'instruction a établi que l'explosion était due à la "rupture d'une canalisation de gaz" et était liée à des "manquements" de la ville de Paris et d'une entreprise de travaux publics, a indiqué lundi le procureur de Paris. En revanche, "les installations de gaz GRDF desservant l'immeuble n'appellent "aucune remarque" des experts quant au respect des dispositions réglementaires en vigueur au moment des faits", souligne Rémy Heitz dans un communiqué.

Le collège de quatre experts mandatés par les magistrats du pôle accidents collectifs du tribunal de Paris a établi que l'explosion, qui a fait quatre morts et 66 blessés le 12 janvier dernier au matin, avait été provoquée par "une accumulation de gaz naturel du réseau GRDF, consécutive à la rupture d’une canalisation de gaz, ayant pour cause principale un affaissement du sol sous le trottoir devant le porche de l’immeuble situé 6 rue de Trévise".  

Or, "si la cause de l'affaissement du trottoir avait été recherchée et si sa réfection avait été correctement réalisée, cette explosion aurait pu être évitée", estime ce rapport provisoire, remis aux juges le 18 décembre. En effet, les services de la voirie de la ville de Paris et cette entreprise --dont le nom n'est pas cité par le procureur-- "ont considéré que l'affaissement du trottoir devant la porte cochère de l'immeuble était un petit affaissement et l'ont traité en tant que tel". "N’ayant pas cherché à en connaître la cause, ils n'ont procédé qu’à des travaux de surface pour rétablir l’horizontalité du trottoir alors que des travaux en profondeur s’imposaient et que l'entreprise avait connaissance d'une canalisation de gaz sous le trottoir à cet emplacement".

Lire aussi

Pourquoi le syndic de l'immeuble est-il aussi montré du doigt ?

Dans leur rapport, les experts ont pointé "un manque de réactivité" du syndic de copropriété de l'immeuble ayant "pu contribuer à la survenance du sinistre". Car l'affaissement du trottoir s'explique "par un écoulement d'eau du fait de la défectuosité d’un collecteur d’eaux usées installé au sous-sol de l'immeuble, constatée par le syndic à la fin de l'année 2015". Or les travaux de réfection du collecteur ont pris du retard et ne sont intervenus qu'en "septembre 2017". 

En revanche, ils n'ont formulé "aucune remarque" sur les installations de gaz GRDF. Contacté par l'AFP, le gestionnaire du réseau de distribution du gaz s'est refusé à tout commentaire.

Quelle est la réaction de la mairie de Paris ?

"Afin d’établir les responsabilités dans la gestion des opérations de voirie en cause", la Ville a "mandaté un audit localisé dans le 9e arrondissement sur les procédures d'intervention et de contrôle sur l'espace public", a indiqué Ivoa Alavoine, la directrice des affaires juridiques de la Ville de Paris.

Cet audit se fera "en pleine complémentarité avec l'enquête en cours", a précisé Mme Alavoine lors d'une déclaration à l'Hôtel de Ville. Il sera mené dans le respect de l'instruction pénale et "il n'est évidemment pas là pour se substituer" à l'enquête, a-t-on précisé à la Ville, sans être en mesure de préciser dans l'immédiat s'il serait confié à un service interne ou confié à une entreprise extérieure.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent