Explosion rue de Trévise à Paris : 4 morts, ce que l'on sait

Police
DÉCRYPTAGE - Comment expliquer l'explosion très violente de la rue de Trévise samedi 12 janvier à Paris. Les faits, les victimes, les éléments de l'enquête... voici ce que l'on sait sur ce drame qui a fait 4 morts.

Une scène de désolation en plein coeur de Paris. Samedi matin, une puissante explosion, sans doute provoquée par une fuite de gaz, s'est produite  dans un immeuble de la rue de Trévise, tuant quatre personnes et blessant une cinquantaine d’autres, dont une dizaine grièvement. 


Que sait-on de cette déflagration meurtrière et où en est l'enquête ?  LCI fait le point.

Que s’est-il passé ?

A 8h37, samedi, les sapeurs-pompiers de Paris ont été appelés par une habitante du 6 rue de Trévise, au croisement de la rue de Montyon, pour une "forte odeur de gaz". Quelques minutes après leur intervention, vers 9h, et alors que de premières mesures de confinement de riverains avaient été demandées,  une violente explosion a eu lieu. Autour de l'impact, c'est la désolation dans un rayon d'une centaine de mètres : toutes les fenêtres des immeubles sont soufflées, plusieurs voitures retournées, détruites ou calcinées. Une énorme quantité de débris jonche le sol. "L'onde de choc particulièrement violente s'est propagée dans les quatre rues adjacentes", commentera quelques heures plus tard le commandant des pompiers, Éric Moulin. 


Sous la puissance de l’explosion, le sol du rez-de-chaussée du bâtiment s'est affaissé dans le  sous-sol tandis qu’un incendie s’est propagé avant d’être rapidement éteint. 

Combien de victimes ?

Trois personnes dont le pronostic vital était engagé sont déclarées décédées peu après les faits : armi elles figurent 2 pompiers :  le 1re classe Nathanäel Josselin et le caporal-chef Simon Cartannaz, premiers intervenants dans l’immeuble où une fuite de gaz était suspectée. Âgés de de 27 et 28 ans, ils ont subi de plein fouet l’effet de blast. 


Plus tard, une ressortissante espagnole a également succombé à ses blessures tandis que neuf personnes étaient dans une situation d'"urgence absolue" et 42 plus légèrement blessées. Parmi elles, figure un pompier qui "est resté enseveli durant deux heures environ" mais dont les jours n’étaient plus en danger samedi soir. La plupart des blessés souffrent "d’intoxications liées aux fumées, de brûlures, de fractures ou de blessures liées à la projection de matériaux", a commenté le commandant Eric Moulin de la BSPP. 


Une quatrième victime a été retrouvée morte dans les décombres ce dimanche. Dans la matinée, les pompiers de Paris et le parquet avaient annoncé la disparition d'une jeune femme qui était toujours recherchée par les secours. Si cela reste encore à confirmer, le corps découvert ce dimanche pourrait être celui de cette personne disparue.

Quelle est la cause de l’explosion ?

Si l’hypothèse d’une fuite de gaz à l’origine de l’explosion a rapidement été avancée, elle n’est à cette heure toujours pas certaine car l'enquête s'annonce longue. "Nous sommes (...) sur une origine accidentelle, mais à ce stade nous n'excluons aucune hypothèse", a déclaré le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz. Une enquête a été confiée à la direction régionale de la police judiciaire (DRPJ). Dans une interview au Parisien Alexandre Vesperini, élu DVD du VIe arrondissement, met en cause  ce dimanche le réseau de gaz parisien "dans un état de vétusté avancé", évoquant même "un véritable boulet meurtrier". 


Si la cause du sinistre reste donc incertaine, il en est du même de l’élément déclencheur de la déflagration (qui pourrait aussi bien être un départ de feu qu’un court-circuit électrique) et du foyer de la fuite du gaz. La boulangerie implantée au rez-de-chaussée de l’immeuble, intégralement détruite, a en effet rapidement été présentée comme la source de la fuite de gaz, mais cette dernière "pourrait aussi provenir du restaurant mitoyen, lui aussi dévasté, ou du sous-sol", a insisté une source policière auprès du Parisien.  

En vidéo

Explosion rue de Trévise : les images des pompiers de Paris

Combien de pompiers engagés ?

Un périmètre de sécurité a été établi sur l'ensemble du secteur à proximité de l'explosion. Au total ce sont près de 200 pompiers qui ont été engagés dans les opérations de secours ce samedi ainsi qu'une centaine de policiers. Plusieurs hélicoptères ont également été dépêchés pour le transport des blessés, un emplacement, la place de l’Opéra, ayant été prévu pour que ces derniers puissent se poser. 


Après avoir rencontré des difficultés pour contenir l'incendie, la brigade des sapeurs-pompiers est parvenue à maîtriser la situation en fin de matinée, tel qu’annoncé par le ministre de l’Intérieur. Dans l’après-midi, les secours tentaient notamment toujours de contenir des poches de gaz résiduelles qui ont formé "des torchères à plusieurs niveaux du bâtiment", avait expliqué Eric Moulin, commandant des pompiers. Des équipes de GRDF se trouvaient également sur place pour accompagner les secours dans les opérations de sécurisation qui se sont poursuivies tout au long de la journée. Le réseau de gaz a été barré dans les minutes qui ont suivi. 


"Nous n'en avons pas terminé puisque de nombreuses fenêtres et de nombreux appartements sont touchés. Nous investissons tous les lieux pour voir s'il y a d'autres victimes. Les reconnaissances se poursuivent et seront de longue durée", a déclaré Eric Moulin. 

Comment ont été pris en charge les sinistrés ?

Une centaine de personnes ont été évacuées des immeubles et hôtels adjacents le temps pour les secours et les experts d'évaluer le risque. Une cellule d'accueil a été mise en place par la Ville de Paris, à la mairie du IXe arrondissement, afin de proposer des solutions de relogement pour les habitants du quartier. 38 personnes ont été relogées dans des hôtels, les autres chez des proches. "Toutes les personnes qui avaient besoin d'être relogées l'ont été", a indiqué ce dimanche Delphine Bürkli, maire LR du 9ème arrondissement de Paris, saluant l’"élan de solidarité". Et de détailler : "de très nombreux hôteliers nous ont spontanément proposé des nuitées".

Quelle est l'étendue des dégâts ?

L'évaluation de ceux-ci ne fait que commencer. Tous les bâtiments se trouvant à proximité du lieu de l’explosion "qu'ils soient contigus, adjacents ou en face" n'étaient pas accessibles dimanche. Certains pourraient être étayés pour éviter tout risque.   Pompiers, charpentiers et architectes de la ville de Paris évaluaient le niveau des dégâts immeuble par immeuble.   "Nous déblayons à la main dans des zones, étayées, sécurisées, pierre par pierre et les chiens continuent de chercher évidemment", a indiqué le porte-parole des pompiers.  S’agissant de la durée des opérations de sécurisation, il a indiqué que cela se comptait "en jours", estimant dimanche que les équipes seraient encore sur place au moins pour 48 heures  "mais peut-être la semaine entière". Et d'insister : "les opérations prendront du temps et elles seront terminées à l'issue du déblaiement complet du bâtiment".

 

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