Affaire Sophie Le Tan : ce que révèlent les premiers examens sur la dépouille de la jeune femme

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La disparition de Sophie Le Tan

JUSTICE - Près d'une semaine après la découverte d'un corps dans une forêt du Bas-Rhin, et après avoir eu confirmation samedi qu'il s'agissait bien de celui de Sophie le Tan, la procureur de la République de Strasbourg a notamment donné des précisions ce lundi sur les ossements retrouvés. La magistrate a également précisé que "pour l'instant", il n'y avait pas de lien avec Jean-Marc Reiser, considéré comme le principal suspect.

Une famille unie dans la douleur et le chagrin, et un drame dont les circonstances se précisent après la découverte d'un corps, mercredi dernier, identifié trois jours plus tard comme étant celui de Sophie Le Tan. Ce lundi, la procureure de la République de Strasbourg a détaillé au cours d'une conférence de presse l'état dans lequel se trouvait le cadavre découvert par un gendarme mercredi 23 octobre en forêt dans le secteur de Rosheim et Grendelbruch (Bas-Rhin), à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Strasbourg.  

Les premiers examens effectués sur la dépouille de Sophie Le Tan ont ainsi révélé que l'un de ses fémurs avait été coupé par un "instrument", a indiqué lundi la procureure de Strasbourg, Yolande Renzi. La section de la tête du fémur est "nette et franche" et ce n'est pas "l'oeuvre d'un prédateur". Il s'agit selon les mots des experts d'une "section instrumentale" mais "pour l’instant, aucun élément ne permet aux enquêteurs de faire le lien avec Jean-Marc Reiser", suspecté d'assassinat et mis en examen dans cette affaire.

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Profil génétique du crâne attendu

Les analyses ADN confiées à l'Institut national de la police scientifique (INPS) de Paris et exécutées en fin de semaine dernière sur certains des ossements humains découverts avaient révélé que le "profil génétique féminin mis en évidence est identique au profil génétique de Sophie Le Tan", avait annoncé samedi soir dans un communiqué la procureure de Strasbourg, Yolande Renzi.

La magistrate a précisé ce lundi que le "crâne avait été retrouvé posé sur le sol, sans mandibule mais avec un certains nombre de dents". A une dizaine de mètres de ce crâne se trouvait un amas de terre "d'environ 3 mètres sur 3 et comprenant à son sommet une fosse d'environ 50 centimètres de profondeur", une "fosse recouverte de branchages et de pierres". 

"Un humérus a été découvert à proximité de cette fosse" et à l'intérieur, "un squelette incomplet comprenant un tronc, avec un certain nombre de vertèbres dans sa partie supérieure, un humérus et dans sa partie inférieure un morceau de bassin supportant simplement une tête de fémur. A proximité de ce tumulus, ont également été découvert plusieurs amas de ce qu'il parait être des cheveux de couleur foncé", a ajouté la magistrate. 

"Les experts ont pour mission de rechercher les circonstances de la mort de Sophie le Tan et d'essayer d'en définir le plus précisément possible la date, a expliqué la procureure Yolande Renzi. Il va revenir aux experts de faire parler ces ossements à l'aide de toutes les nouvelles technologies dont ils sont en possession". 

Une extraction de l'ADN de l'une des dents retrouvées sur le crâne est en cours. "Cette extraction est particulièrement longue", a poursuivi la magistrate indiquant ne pas avoir encore les résultats de l'ADN permettant d'établir que le profil génétique correspondant à ce crâne est bien celui de la jeune femme. "Je peux toutefois vous dire que l'examen des ossements et du crâne ont permis de conclure que ce crâne était vraisemblablement jeune et vraisemblablement d'origine asiatique", a-t-elle dit. 

Plusieurs dizaines de kilomètres carrés

"La forêt de Rosheim n'avait pas fait l'objet de recherche faute de correspondances suffisantes avec les éléments en possession des enquêteurs. Il faut savoir que les zones qui ont été fouillées minutieusement avaient été définies à partir de l'activation de relais téléphonique qui couvrent plusieurs dizaines de kilomètres carrés", a précisé la procureure. 

Sophie Le Tan n'avait plus donné signe de vie depuis le 7 septembre 2018, le jour même de son 20e anniversaire, alors qu'elle allait visiter seule un appartement à Schiltigheim, commune limitrophe de Strasbourg.

Jean-Marc Reiser, qui avait posté l'annonce immobilière, a été arrêté quelques jours plus tard. Déjà condamné pour viols et acquitté au bénéfice du doute pour la disparition d'une jeune femme dans les années 1980, il a été mis en examen pour assassinat, enlèvement et séquestration. En dépit de traces du sang de Sophie Le Tan retrouvées chez lui, le suspect a réaffirmé, lors d'une audition devant la juge d'instruction le 5 octobre, être innocent. Il affirme qu'il aurait soigné la jeune femme blessée à la main, avant qu'elle ne quitte son domicile.

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