Morlaix : un jeune ostréiculteur décède brutalement, la piste des algues vertes envisagée

Police

AUTOPSIE - Le corps d'un ostréiculteur de 18 ans, brutalement décédé samedi 6 juillet dans la baie de Morlaix dans le Finistère, doit être autopsié pour connaître la cause du décès. Des associations environnementales ont constaté "une poussée anormale" d'algues vertes, sur les lieux du drame.

L'autopsie devrait permettre de connaître la cause du décès. Samedi 6 juillet, un jeune ostréiculteur de 18 ans est décédé brutalement, dans la baie de Morlaix, dans le Finistère. Le procureur de la République de Brest, Jean-Philippe Récappé a indiqué qu'une autopsie était prévue "pour savoir pourquoi ce jeune homme de 18 ans, censé être en pleine santé, est mort brutalement".  "Le corps a été conduit à l'hôpital et les examens vont être faits", a-t-il assuré.

Si une autopsie sera faite, c'est que plusieurs associations environnementales ont constaté "une poussée anormale" d'algues vertes sur les lieux du drame. Dans un courriel adressé ce lundi 8 juillet au procureur de Brest et dont l'AFP a reçu une copie, deux associations de protection de l'environnement évoquent "la piste d'une intoxication à l'hydrogène sulfuré", gaz toxique libéré par les algues vertes échouées en décomposition. Disant s'être rendues sur les lieux de drame, elles assurent avoir "découvert un vaste espace vaseux recouvert par une nappe continue d'algues vertes". 

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Pour ces associations, un lien entre le décès de ce jeune homme et l'invasion d'algues vertes est probable : "comment ne pas mettre en relation cette poussée anormale d'algues en ces lieux avec la rivière du Frout qui se jette dans la baie dans laquelle nous avons mesuré un taux de 53 mg/l de nitrates", s'interrogent les associations Sauvegarde du Trégor et Halte aux marées vertes.

Conséquence de la présence dans les cours d'eau de nutriments dont se nourrissent les algues, notamment d'azote et de nitrate, utilisé en agriculture (engrais et déjections animales), les algues se transforment en marées vertes grâce à des conditions météorologiques et topographiques favorables. Ces algues libèrent en se décomposant du sulfure d'hydrogène (H2S), un gaz potentiellement mortel. Depuis plusieurs semaines, les associations alertent sur l'envahissement d'algues vertes dans les baies bretonnes. 

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Épisodique au début, le phénomène s'étend progressivement à d'autres baies. En 2008, les algues représentaient ainsi 4.100 hectares de surfaces couvertes, contre moins de 1.860 ha en 2018, selon les mesures réalisées par le Centre d'étude et de valorisation des algues (Ceva). A l'échelle de la Bretagne, les communes ont ramassé près de 55.000 m3 d'algues vertes en 1997, quelque 88.000 m3 en 2009, et 28.500 en 2018, selon le Ceva, qui précise toutefois que "les volumes ramassés ne sont pas un indicateur de la production totale des baies mais plutôt des nuisances ressenties localement et des efforts consentis par les communes". 

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