Un homme écrasé par un bus à Paris : le suspect a été mis en examen pour meurtre et écroué

Police

FAIT DIVERS - Une enquête pour homicide volontaire a été ouverte et confiée au 3e district de police judiciaire après la mort d'un homme percuté mardi après-midi par un bus touristique sur le quai Voltaire (7e) à Paris. Le chauffeur a été déféré dans la nuit du 29 au 30 mai. Ce jeudi soir, on apprend que le chauffeur de bus a été mis en examen pour meurtre et écroué, indique le Parquet.

Deux jours après la mort d'un homme dans un grave accident dans la capitale, l'émotion reste vive. Mardi dernier, un quinquagénaire avait été mortellement percuté par un bus de tourisme après une altercation avec son chauffeur. L'événement s'est déroulé sous les yeux des nombreux passants, automobilistes et passagers du bus. 

Selon les premiers éléments de l'enquête, la dispute avait éclaté entre le chauffeur de bus touristique rouge à deux étages et un automobiliste au volant d’une voiture de société de marque Peugeot. Le bus aurait percuté légèrement la voiture et le conducteur en serait sorti en colère. 

Après un vif échange verbal, les deux hommes en seraient venus aux mains, avant que l'automobiliste ne reparte en direction de son véhicule. C'est là que le chauffeur du bus aurait redémarré et écrasé l’automobiliste contre un autre bus qui arrivait sur la file voisine.... La victime s'est alors effondrée. A leur arrivée, les secours n'ont pu que constater son décès. Son corps a été transporté à l'institut médico-légal pour y être autopsié. 

Selon nos confrères du Parisien, les deux hommes seraient domiciliés dans la capitale: l'automobiliste avait 56 ans et vivait dans le 20e arrondissement. Le chauffeur, âgé de 46 ans, lui réside dans le 15e arrondissement. On ignorait la situation familiale des deux individus. Le suspect a été déféré au parquet de Paris dans la nuit du 29 au 30 mai en vue de sa présentation à un juge d'instruction, dans le cadre d'une information judiciaire qui sera ouverte dans la journée du chef d'homicide volontaire, a appris LCI ce jeudi matin. Ce jeudi soir, le chauffeur de bus a été mis en examen pour meurtre par un juge d'instruction avant d'être placé en détention provisoire. 

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La mairie de Paris accuse la compagnie de bus d'exercer sans autorisation

Une enquête pour homicide volontaire a été ouverte et confiée au 3e district de police judiciaire. Depuis, de nombreux témoins ont été entendus. Plusieurs bandes ont également été extraites des caméras de vidéosurveillance du quai Voltaire. Elle sont en cours d'exploitation. « Les images des caméras de vidéosurveillance sont effroyables, commente une source proche de l’enquête. La victime est tombée morte au sol. Les gens hurlaient !", confie une source au Parisien. Contactée par plusieurs médias, la compagnie City Sightseeing Paris qui emploie le chauffeur du bus n'a pas souhaité faire de commentaire. 

Ce jeudi soir, la Mairie de Paris accuse la société d'exercer sans autorisation, alors que la région Île-de-France a mis en avant un "flou juridique". Pour elle, Citysightseeing "n'avait pas l'autorisation" de circuler dans la capitale, bien que cette compétence ne relève pas de la commune, mais de la Région, via Île-de-France mobilités (ex-STIF).

Deux compagnies historiques avaient bénéficié d'une autorisation il y a vingt ans, dans le cadre du Plan régional de transport d'Île-de-France. "Mais, depuis lors, le STIF et Île-de-France mobilités a considéré que c'était du domaine de l'occupation de l'espace public", a expliqué jeudi l'entourage de la présidente du Conseil régional, Valérie Pécresse, "donc que ça relevait de la ville de Paris et de la préfecture". A tort, puisque le Conseil d'État, saisi par l'une de ces deux compagnies, a tranché en juin dernier, et a considéré qu'Île-de-France mobilités était "l'autorité organisatrice" de ces modes de transport.

Cet hiver, le Conseil de Paris a alors voté un vœu, à l'initiative de la majorité d'Anne Hidalgo, pour "que soient maintenues les deux lignes de bus touristiques exerçant légalement leur activité" et "qu'il soit procédé dans les plus brefs délais à l'arrêt de l’exploitation" des deux autres lignes, dont Citysightseeing. En parallèle, Île-de-France mobilités a entendu organiser le marché et "est rentré en discussion avec tous les acteurs", rappelle l'entourage de Mme Pécresse. Une délibération a été prise en avril pour lancer un appel à projets en juin pour une sélection en septembre. D'ici là, on reconnaît "une zone grise" et "un flou juridique". 

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