Féminicide dans le Bas-Rhin : que s'est-il vraiment passé dans la nuit de dimanche à lundi ?

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Le 20h

Une femme de 40 ans a été poignardée à mort par son conjoint, dimanche, près de Strasbourg. Sa fille dénonce le temps d'intervention de la gendarmerie. Retour sur ce qu'il s'est passé entre le premier appel à la gendarmerie et le moment où l'équipe est arrivée au domicile de la victime, 22 minutes plus tard.

Depuis le début de cette année 2019, 131 femmes sont mortes sous le coup de leur conjoint ou de leur ex-conjoint. La dernière en date a été tuée par son mari le 11 novembre, à Oberhoffen-sur-Moder (Bas-Rhin). L'un de ses proches avait pourtant appelé la gendarmerie dans la soirée. Les forces de l'ordre sont-elles intervenues trop tard ?

22 minutes pour arriver au domicile de la victime

Dimanche soir, à Oberhoffen-sur-Moder dans le Bas-Rhin, une femme de 40 ans téléphone à sa fille. Elle est affolée car son conjoint la menace d'un couteau. Sa fille se précipite au domicile de sa mère. En 3 minutes, elle est sur place. "J'ai eu le temps d'escalader le portail, fracturer la porte pour pouvoir essayer d'entrer, voir ma mère se prendre le dernier coup de couteau dans la carotide, ma mère se relever, venir vers moi. Et c'était fini", témoigne, sous le choc, Stella Guiton. 

Les forces de l'ordre sont-elles intervenues trop tard comme l'affirme la jeune femme ? Les gendarmes se défendent. Ils ont été alertés à 23h08 d'une dispute conjugale par un proche du couple. L'appel dure 3 minutes. Une patrouille se prépare.

A 23h19, la gendarmerie reçoit un nouvel appel. Du mari cette fois-ci. Il affirme avoir tué sa femme. "A ce moment-là, le dispositif évolue. La gendarmerie rassemble un nombre plus important de patrouilles de façon à interpeller l'auteur présumé d'un homicide qui s'est retranché à son domicile", explique Maddy Scheurer, porte-parole de la gendarmerie nationale. Les gendarmes arrivent à 23h30, soit 22 minutes après le tout premier appel.

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Mais en amont, La victime a-t-elle été suffisamment écoutée ? En octobre, elle avait porté plainte. Elle avait évoqué des disputes et des blessures légères, sur fond d'alcool depuis plusieurs mois. Vendredi dernier encore, elle avait de nouveau alerté les gendarmes. " On lui a dit, Madame, il faut que vous partiez. Ma mère qui leur répond, je suis chez moi. J'ai mon chien, j'ai ma vie ici. Donc on la raccompagne sur le canapé. Et bonne nuit Madame". Aujourd'hui, la loi ne permet aux gendarmes d'éloigner un conjoint violent, sans décision d'un juge. La gendarmerie a diligenté une enquête interne.

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