Féminicide de Cagnes-sur-Mer : des témoins racontent comment Salomé était harcelée par son meurtrier présumé

Violences conjugales

FAIT DIVERS – Plusieurs personnes ayant côtoyé le couple d’Amin M. et de Salomé G. évoquent ce jeudi dans la presse la relation compliquée qu’entretenaient les deux jeunes gens. La jeune femme, décédée samedi dernier à l’âge de 21 ans des suites des coups qui lui ont été portés, est décrite comme sociable et appréciée. Les témoins ne dressent pas le même portrait de son compagnon, mis en examen mardi pour meurtre par concubin.

Son prénom est depuis près d’une semaine associé à une triste actualité mais c’est la première fois que son visage apparaît. Ce jeudi, Nice Matin a publié une photo de Salomé G. jeune femme de 21 ans morte des suites de ses blessures après avoir été frappée à maintes reprises et peut-être étranglée. Un visage d’ange et souriant sur cette image mais déformé et méconnaissable suite à "des violences extrêmement rudes" qui lui ont été infligées selon les mots prononcés mercredi par la procureure de la République de Grasse, Fabienne Atzori. 

Nos confrères ont également recueilli les témoignages de personnes ayant fréquenté la jeune femme et son compagnon Amin M. avant que leur relation ne cesse tragiquement neuf mois après avoir commencé. Et le portrait qu’ils font du suspect ne fait pas de lui le compagnon dont toutes les jeunes filles rêvent, loin de là. 

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Une "perle" et le "diable"

Evoquant Salomé G. plusieurs personnes parlent ainsi d’une jeune fille "très ouverte", "qui parlait très bien", "charmante"," énergique" et "un peu réservée". Les éloges ne manquent pas. Lui est dépeint comme quelqu’un de "bizarre", "un peu perdu", "mal élevé". " Ils s’embrouillaient parfois entre eux. Une fois, il l’a giflée. Mais de là à penser qu’il pouvait la tuer...", confie une des personnes interrogées.  

Une autre se souvient d’une grosse dispute, un jour. "On était près de la gare routière. Il agressait les parents de Salomé, en mode "Je vais vous tuer. On a vu l’action. On est intervenus avec un collègue. On l’a pris de côté. Et on l’a recadré: boum boum, merci au revoir!". Et de poursuivre : "Il était déjà perdu, ce mec. Je ne sais pas comment elle a fait pour rester avec lui. Des fois, les gens sont attirés par le mal. Et lui, c’est le diable!"

"Le problème, c’était lui"

Un pâtissier pour lequel avait travaillé Salomé G. en mars dernier ne se remet pas du drame. "C’était une très bonne vendeuse, avec beaucoup de qualités. Souriante, épanouie, énergique. Mais on s’est vite rendu compte qu’il y avait un problème. Et le problème, c’était lui...", assure-t-il. 

Il raconte cette anecdote au quotidien régional. "Il s’est mis dans la tête que notre pâtissier avait couché avec elle. Elle s’est fait harceler, nous aussi... Il nous appelait jusqu’à 23h, sur le portable de ma femme ! On voyait la gamine pleurer."

Enfin, l’ancien employeur de Salomé G. assure qu’il avait, à sa manière, alerté la jeune fille sur le danger potentiel que représentait cet individu: "Je lui ai décrit ce qu’elle ne voyait pas - et je n’étais pas le seul. Mais elle ne voulait rien entendre. Elle disait 'je l’ai dans la peau'. Je lui ai dit : 'Tu es avec lui depuis quatre mois, et tu l’as dans la peau ?' Et j’ai ajouté: 'Si tu continues comme ça, tu vas être voilée, il va te taper dessus, et tu finiras dans un cercueil...'". 

Elle voulait prendre une année sabbatique

Le cadavre de Salomé G. a été découvert samedi dernier enroulé dans un tapis et caché sous un tas de détritus près de la voie ferrée à Cagnes-sur-Mer. Amin G. a reconnu une dispute dans la nuit de vendredi à samedi, mais a déclaré être parti sans toucher la jeune femme. Il a été mis en examen mardi pour meurtre par concubin aggravé puis a été placé en détention provisoire. 

Mercredi, la procureure de la République de Grasse a indiqué que plusieurs plaintes avaient été déposées à l’encontre du mis en cause par le passé notamment pour violences. Toutes ont été classées sans suite. Salomé G. n’avait, elle, déposé aucune plainte, ni fait de main courante pour signaler un quelconque comportement violent de son compagnon. 

"D’après des témoins, l’étudiante en sciences de l’Homme, ethnologie et anthropologie à l’université de Nice voulait prendre une année sabbatique, indique Nice Matin. La vie ne lui en a pas laissé le temps."

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