Féminicide de Cagnes-sur-Mer : l'IGPN saisie pour enquêter sur l'intervention policière

Police

ENQUÊTE - Après la découverte, samedi 31 août, du corps de Salomé, 21 ans, sous un tas de détritus à Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes), l'Inspection générale de la police nationale a été saisie pour enquêter sur les conditions d'intervention d'une patrouille de police. Alertée dans la nuit de vendredi à samedi, celle-ci n'avait trouvé "aucun élément relatif à l'agression".

L'IGPN a été saisie ce lundi, après la découverte samedi 31 août sous des détritus du corps d'une femme rouée de coups à Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes). Une patrouille de police, alertée dans la nuit précédente et envoyée sur place, n'avait "trouvé aucun élément relatif" à cette agression mortelle, dont le compagnon de la victime, placé en garde à vue, a nié être l'auteur. Il a été mis en examen dans la soirée, mardi 3 septembre. Ce meurtre a donné lieu à des rassemblements dénonçant le "100e féminicide de l'année".

"Le directeur général de la police nationale (DGPN) saisit l'IGPN aux fins d'établir avec précision les conditions d'intervention des effectifs de police", a déclaré un porte-parole de la police à l'AFP. "Il y a des écarts sur le déroulé des faits et de l'intervention policière qui méritent des éclaircissements", a indiqué lundi soir une source proche du dossier à l'AFP.

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Principal suspect : le conjoint de la victime, âgé de 26 ans

Dans la nuit de vendredi à samedi, des riverains témoins de l'agression de Salomé, 21 ans, avaient alerté la police. "L'équipage se rendait rapidement sur les lieux, mais ne découvrait aucun élément relatif" à l'agression, avait précisé lundi soir le parquet de Grasse dans un communiqué faisant le récit des faits.  Samedi 31 août à midi, le corps de Salomé, rouée de coups et méconnaissable, avait été découvert dissimulé sous un tas de détritus, enroulé dans un tapis, au bout d'une impasse.

Le compagnon de la jeune femme a été interpellé dimanche 1er septembre à la mi-journée, et sa garde à vue a été prolongée de 24 heures ce lundi. Ce dernier, âgé de 26 ans, nie être "l'auteur des violences", a ajouté le parquet, qui précise que 'l'expertise psychiatrique à laquelle il a été soumis n'a révélé aucune pathologie mentale" et qu'il présente un casier judiciaire vierge.

Je leur expliquais tout en leur disant 'Mais là c'est fini ! Mais vous êtes où ? Je la vois plus, elle est morte cette petite, elle est morte !- Une voisine

C'est grâce aux images des caméras de vidéosurveillance de la ville que l'homme avait finalement pu être interpellé dimanche. Ces images montraient un homme et une femme correspondant à la description des témoins se disputant devant une résidence, puis la jeune femme partant en courant, "poursuivie" par l'homme qui un peu plus tard revenait seul et pénétrait dans la résidence, explique le parquet.

Dans un témoignage à France Bleu, une voisine raconte avoir été contact avec la police la nuit du meurtre. "J'étais en contact avec la police, je leur expliquais tout en leur disant 'Mais là c'est fini ! Mais vous êtes où ? Je la vois plus, elle est morte cette petite, elle est morte !", explique-t-elle. "Ils sont partis en nous disant 'Non non, il n'y a rien'. Il n'y a rien... Ils n'ont retrouvé le corps que le lendemain."

Le parquet indique qu'une information judiciaire pourrait être requise mardi du chef d'homicide par concubin et qu'une autopsie sera réalisée mercredi.

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