Fiché S et lourd passé judiciaire : le profil de Cherif Chekatt, le tireur présumé de Strasbourg, abattu par la police

Police

Toute L'info sur

Attentat de Strasbourg : le suspect Cherif Chekatt abattu par la police

PROFIL - Âgé de 29 ans et natif de la capitale alsacienne, l'auteur présumé de l'attentat de Strasbourg a été abattu par la police jeudi soir après 48 heures de traque. Il était fiché S depuis 2016 pour radicalisation.

Après 48 heures de cavale, il a été abattu par la police à Strasbourg, dans son quartier natal, jeudi soir. Cherif Chekatt, l'auteur présumé de l'attentat du mardi 11 décembre à Strasbourg avait plus de 700 policiers et gendarmes à ses trousses. Âgé de 29 ans et natif de la capitale alsacienne, le suspect présentait un profil de délinquant de droit commun radicalisé.

Fiché S pour radicalisation depuis 2016, Cherif Chekatt était également connu pour plusieurs infractions de droit commun. Selon des sources policières, il avait été signalé par la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) lors d'un passage en prison, où il s'était fait remarquer pour des violences et son prosélytisme religieux. Selon nos informations, il était également en lien avec la mouvance islamiste radicale du quartier strasbourgeois de la Meinau. Ce "radicalisé" n'a "jamais été connu pour des délits liés au terrorisme", a néanmoins expliqué le secrétaire d'État à l'Intérieur Laurent Nunez , démentant qu'il ait essayé de se rendre en Syrie. 

Voir aussi

"Un passé judiciaire lourd"

Rapidement après son terrible passage à l'acte, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, l'avait présenté comme "un homme très défavorablement connu pour des faits de droit de commun pour lesquels il a fait l'objet de condamnations en France et en Allemagne et pour lesquels il a purgé ses peines." Le maire de la ville, Roland Ries, a lui évoqué "un passé judiciaire lourd". 

Un "lourd passé judiciaire" corroboré par les informations que LCI s'est procurée. Au total, l'auteur présumé de l'attaque apparaît plus d'une cinquantaine de fois au fichier du traitement des antécédents judiciaires, exclusivement pour des faits de droit commun, tel que des vols, des outrages ou des vols de voitures. Lors de sa conférence de presse en fin de matinée, le procureur de Paris, Rémy Heitz, a évoqué le nombre de 27 condamnations dans trois pays différents - France, Allemagne, mais également Suisse.

Son premier passage à l'acte remonte à l'âge de 10 ans, pour des violences et une extorsion sur une personne vulnérable. Selon Les Dernières Nouvelles d'Alsace, en 2011, il avait été condamné à deux ans de prison dont 6 mois ferme pour avoir agressé un adolescent avec un tesson de bouteille.

Lire aussi

Sur son parcours carcéral, la ministre de la Justice Nicole Belloubet a précisé sur Public Sénat mercredi 12 décembre qu'il avait "effectué en France deux peines de prison de deux ans chacune, qu'il avait purgées". "Il est sorti (de prison) il y a trois ans, de sa dernière condamnation", a-t-elle ajouté. D'autres peines ont donc été purgées à l'étranger : la presse allemande indique que le suspect était incarcéré en Allemagne jusqu'en 2017 pour vol aggravé. A l'issue de sa peine, il a été expulsé vers la France. Selon l'Associated Press, il a également été condamné à de la prison à Bâle en Suisse en 2013 pour divers vols qualifiés. En tout, il aurait passé quatre ans en prison dans ces trois pays.

Avant l'attaque de mardi, le fuyard était déjà recherché dans une affaire de vol à main armée avec "sa bande de malfrats" en août 2018 "qui aurait mal tourné", avec une tentative d'homicide, selon une source proche. Il devait pour cette affaire être interpellé mardi matin par les gendarmes et les fonctionnaires de la DGSI mais l'homme n'était pas chez lui. Une grenade et un pistolet ont été retrouvés à son domicile. 

Sur le même sujet

Lire et commenter