Fusillade à Ollioules (Var) : ce que l'on sait sur ce probable règlement de comptes qui a fait trois morts

Police

DRAME - Trois tués et un blessé dans une fusillade qui a éclaté dimanche soir à Ollioules, dans le Var. Parmi les victimes, deux hommes étaient intentionnellement visés et un couple - dont la femme est décédée - seraient des victimes collatérales. Deux individus sont activement recherchés, alors que les enquêteurs favorisent la piste du règlement de comptes.

Une fusillade à Ollioules, dans le Var, a fait au moins trois morts et un blessé grave dimanche soir. Selon une source proche de l'enquête à LCI, les faits se sont produits à hauteur d'une station-service du quartier de La Baume, vers 20 heures. Les auteurs de ce crime - deux individus selon les enquêteurs - sont toujours activement recherchés.

Deux victimes visées étaient connues des services de police

Parmi les victimes, deux hommes étaient visés et sont rapidement décédés après leur prise en charge par les secours. Âgé de 29 et 30 ans, ils étaient tous deux connus des services de police. Selon le vice-procureur de Toulon Dominique Mirkovic, l'un avait commis de nombreux délits routiers avant d'être condamné pour trafic de stupéfiants, quand l'autre avait un casier judiciaire indiquant un vol avec violence et un outrage à personne dépositaire de l'autorité publique. 

L'un des deux hommes étaient en possession d'une sacoche contenant du cannabis et d'un pistolet automatique, mais selon la reconstitution des experts, ils n'ont pas eu le temps de s'en servir contre leurs agresseurs pour répliquer. D'après M. Mirkovic, "ils seraient arrivés une heure avant les faits, comme pour un rendez-vous. Il pourrait s'agir d'un guet-apens".

La station-service où s'est déroulé le drame est située dans la cité de La Baume, qui est réputée pour être un lieu de trafic de stupéfiants, selon le vice-procureur de Toulon. Ce dernier a déclaré lors de la conférence de presse donnée lundi qu'il s'agissait probablement d'un règlement de comptes lié aux luttes pour le contrôle de ce point de vente. "On peut parler de guerre des gangs", a-t-il concédé. Les enquêteurs privilégient pour l'instant l’hypothèse de deux tireurs, arrivés par l'arrière de la station-service et repartis dans la même direction à pied. Aucun élément sur son ou leur identité n'a été indiqué. La direction interrégionale de la police judiciaire de Marseille est en charge de l’enquête sur ce triple homicide.

Un couple de quinquagénaires victime collatérale du drame

La troisième personne décédée est une femme de 57 ans, originaire de Vesoul (Haute-Saône), considérée par les enquêteurs comme une victime collatérale. Son mari, âgé de 58 ans, a été blessé. Les victimes ont été transportées à l'hôpital militaire Sainte-Anne de Toulon.

Le couple avait acquis une résidence secondaire à Ollioules et était en vacances. Il passait à proximité à scooter lorsqu'il a été touché par des balles perdues. La passagère a été atteinte d'une balle dans le dos et a succombé à ses blessures sur place. Son mari a été blessé au dos et à l'épaule. Il a été opéré et se trouve désormais dans un état stable, selon Dominique Mirkovic. 

De nombreux coups de feu auraient été tirés au cours de cette fusillade. L’hypothèse de tirs à la kalachnikov était évoquée par plusieurs habitants de la commune et a été confirmée par les enquêteurs. D'importants impacts de balle sur le lieu du drame correspondraient à l'utilisation d'un fusil d’assaut ainsi que d'une arme de poing.

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Les individus seraient connus des services de police

Le maire de la commune, Robert Beneventi, s'est exprimé auprès des journalistes : "Je suis maire depuis longtemps et je vois évoluer les choses. Ces jeunes qui sont tombés sous les balles sont connus très défavorablement des services de la police municipale." 

Auprès de Var Matin, Robert Beneventi a confié : "Cela fait des années que la métropole demande des renforts de police. Oui, on savait bien que de petits trafics de drogue se nouaient dans les cités. Alors, la police intervenait, démantelait les réseaux qui peu après se reformaient. C’est le tonneau des Danaïdes".

Visiblement ému, l'élu a assuré connaître "tous les Ollioulais" et s'inquiéter d'une escalade de la violence dans la commune. "Il ne faut pas banaliser ces phénomènes. Faire de la gratte ou de la surveillance, c’est de la délinquance. Et puis un jour... on en arrive là", a-t-il déclaré auprès de nos confrères. "Je supplie les parents des enfants qui sont trop souvent livrés à eux-mêmes de les garder chez eux. Il n’y a pas de petite délinquance, cela se termine toujours par des drames qui plongent des familles dans le malheur", a enfin ajouté Robert Beneventi sur les réseaux sociaux.

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