Militante grièvement blessée à Nice : pour Macron, "il faut avoir un comportement responsable"

Police

FERME - Le président Français a souhaité un "prompt rétablissement" à la septuagénaire grièvement blessée samedi à Nice lors d'une manifestation interdite des Gilets Jaunes, tout en estimant qu'elle n'aurait pas du se rendre sur place.

"Un prompt rétablissement, et peut-être une forme de sagesse". Emmanuel Macron a souhaité se montrer ferme après qu'une militante d'Attac a été grièvement blessée en marge d'une manifestation interdite des Gilets jaunes, à Nice, samedi. Le président Français, qui recevait sur la Côte d'Azur, son homologue chinois Xi Jingping, en amont d'une visite officielle qui débute ce lundi à Paris, a accordé une interview à Nice-Matin. 

"Je souhaite d’abord qu’elle se rétablisse au plus vite et sorte rapidement de l’hôpital, et je souhaite la quiétude à sa famille", a d'abord déclaré le président français, avant de développer : "Mais pour avoir la quiétude, il faut avoir un comportement responsable. Je pense que quand on est fragile, qu’on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits."

Lire aussi

"Professionnalisme et mesure"

Geneviève Legay, militante de l'ONG altermondialiste Attac âgée de 74 ans, manifestait samedi sur la place Garibaldi avec une dizaine de personnes qui avaient bravé l'interdiction. Elle avait été grièvement blessée au crâne en tombant après une charge de la police. "Elle a apparemment tapé fort sur un poteau (délimitant le parcours) du tramway. Cela s'est fait dans la phase de dispersion", avait expliqué le procureur de Nice, Jean-Michel Prêtre, à l'AFP.

Ce dernier avait d'ailleurs émis des réserves concernant la question du positionnement de la manifestante dans le périmètre interdit de manifestation lors de la charge des policiers. "Quand on se maintient dans une manifestation après les sommations réglementaires pour dire que les gens doivent se disperser, c'est un délit", avait expliqué le magistrat niçois, ajoutant : "Pour elle, ce n'est pas si net : là où ça s'est passé, c'était presque en dehors de la place, dans un mouvement confus des forces de l'ordre et des manifestants".

Pour Emmanuel Macron, la septuagénaire n'avait pas sa place au milieu de cette manifestation : "Elle s’est mise en situation d’aller dans un endroit interdit, de manière explicite, et donc d’être prise dans un phénomène de panique." Il insiste également sur le fait selon lui que les policiers ne sont pas directement responsable de la chute de Geneviève Legay estimant que "cette femme n'a pas été en contact avec les forces de l'ordre". Le président de la République a également affirmé à Nice-Matin "si nous voulons protéger de manière absolue la liberté de manifester, nous ne devons rien céder sur la volonté de casser et de créer des attroupements de véritables émeutiers", une décision "nécessaire" juge-t-il, qui a été "mise en oeuvre avec professionnalisme et mesure à Nice."

Plusieurs fractures au crâne

La militante est désormais soignée à l'hôpital Pasteur de Nice. "Elle souffre de plusieurs fractures au crâne, au rocher (oreille interne) et des hématomes sous-duraux", selon sa fille. "Je le regrette profondément, mais nous devons, partout, faire respecter l’ordre public", a ajouté Emmanuel Macron, avant de conclure : "Je lui souhaite un prompt rétablissement, et peut-être une forme de sagesse." Un rassemblement est prévu ce lundi à Nice, sur la place Garibaldi, en soutient à la manifestante. 

En vidéo

Arié Alimi réponds aux déclarations de Macron dans Nice-Matin

"Quand on est président de la République on ne peut pas se permettre de tenir des propos grossiers à l'égard de nos aînés" a réagi l'avocat de Geneviève Legay, Arié Alimin, sur LCI ce lundi. Estimant qu'il y a une "restriction au droit de manifester" lorsque "des personnes âgées, des personnes fragiles, ne peuvent pas venir exprimer leurs convictions dans la rue". "C'est grave et j'espère qu'il (Emmanuel Macron), va s'excuser auprès de la famille et auprès de Geneviève" a-t-il ajouté. 

Des plaintes vont être déposées

Dimanche, Me Arié Alimi a annoncé sur LCI que la famille allait porter plainte lundi à Nice pour "violence volontaire en réunion avec arme par personne dépositaire de l'autorité publique et sur personne vulnérable". Il a aussi indiqué qu'une plainte visant le préfet Georges-François Leclerc allait être déposée et que l'IGPN, la police des polices, serait saisie. Du côté du parquet de Nice, une enquête judiciaire a été ouverte pour déterminer les causes des blessures, un médecin légiste a été nommé et les enregistrements de vidéosurveillance de la ville ont été saisis, a indiqué une source judiciaire à LCI.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter