Gilets jaunes : le policier qui a poussé Geneviève Legay "sincèrement désolé"

Police
ENQUÊTE - Le policier qui a poussé le 29 mars Geneiève Legay, militante Gilets Jaunes de 73 ans, à Nice (Alpes-Maritimes) a exprimé des regrets après son geste. C'est en tout cas ce qu'il a déclaré aux policiers comme le révèle Le Parisien qui a pu lire le contenu de ses dépositions.

Il s'appelle Michel V. Il a 50 ans. Il est major de police. Le 23 mars, c'est lui qui, dans une charge destinée à disperser des manifestants, a poussé Geneviève Legay au cours d'une manifestation des Gilets Jaunes à Nice (Alpes-Maritimes). Cette militante âgée de 73 ans avait dû être hospitalisée après les faits. Suite à cet acte 19, Geneviève Legay avait en effet contracté plusieurs fractures au crâne et des côtes cassées.

"Je me trouvais dans un mouvement général"

Face au images tournées au cours de la manifestation, le policier avait finalement admis avoir bousculé la militante, revenant sur sa première version. Elles montrent notamment le fonctionnaire sortir du cordon au début de la charge et pousser Geneviève Legay, vêtue d’un tee-shirt noir avec, à la main, un grand drapeau arc-en-ciel barré du mot "paix". 


Vendredi 31 mai, un peu plus de deux mois après les faits, Le Parisien révèle des extraits des déclarations du fonctionnaire, après ces violences. "L'action a été très rapide et je me trouvais dans un mouvement général qui a pour but de gagner du terrain et de repousser toutes personnes quelle qu’elle soit sur notre passage. Nous étions dans un rétablissement de l’ordre public après sommations et ordre effectués," a-t-il expliqué aux enquêteurs qui l'ont interrogé. 


Et de poursuivre : "Quand on charge, on pousse et sincèrement j’ai poussé avec les mains quelqu’un qui venait sur notre ligne d’action lors de notre progression et qui se trouvait sur ma droite".  Le quinquagénaire a ensuite déclaré être dit "sincèrement désolé" selon Le Parisien

Demande de dépaysement

Mi-mai, Geneviève Legay,  est rentrée chez elle après près de deux mois d'hospitalisation. "Je ne bouge pas du fauteuil car j'ai froid et je suis très fatiguée, mais je ne suis pas quelqu'un à supporter d'être malade et dès que j'irai bien, je reprends la rue", a-t-elle confié à l'AFP. 


Concernant l'affaire, deux juges d'instruction ont été désignés pour enquêter et la police des polices (IGPN) a été saisie. Attac France est "toujours en attente de la demande de dépaysement du dossier et de la démission du procureur" de Nice, a rappelé Raphaël Pradeau, porte-parole d'Attac France. 


Attac et l'avocat de Geneviève Legay, Me Arié Alimi, voudraient que le dossier soit instruit dans un autre tribunal que Nice dont le parquet manque selon eux d'impartialité. Selon eux, même si la manifestation était interdite, la force exercée contre la cinquantaine de personnes rassemblées place Garibaldi était disproportionnée et la chaîne de commandement devrait rendre des comptes. La Cour de cassation doit trancher sur cette demande de dépaysement.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter