Grande-Synthe : le camp de migrants du Puythouck évacué pour la troisième fois en deux mois

Police

ÉVACUATION - Les forces de l'ordre ont procédé mardi matin à l'évacuation dans le calme du campement de Grande-Synthe, près de Dunkerque, où vivaient quelque 1800 personnes. Elles vont être redirigées, par bus, dans des centres d’accueil et d'orientation.

C'est la troisième opération du genre en moins de deux mois, la sixième en cinq mois. Après la dernière évacuation qui avait eu lieu en septembre, le camp de Grande-Synthe, près de Dunkerque, dans le Nord, a de nouveau été vidé ce mardi 23 octobre. Près de 700 gendarmes et CRS se sont déployés à partir de 7h30 sur le campement, où survivaient 1800 personnes, installés depuis plusieurs semaines dans des abris de fortune, autour du lac Puythouck, en bordure de l'A16.

Cette opération de "mise à l'abri", selon les mots de la préfecture du Nord, visait à évacuer l'ensemble des migrants, en grande majorité des Kurdes iraniens. Ils "seront pris en charge et mis à l'abri dans des structures d'hébergement réparties dans l'ensemble de la région des Hauts-de-France et des régions périphériques", a-t-elle ajouté, précisant qu'il était aussi question "d'enrayer les trafics d'êtres humains dans ces campements où les filières de passeurs sont actives."

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"Demain, beaucoup seront revenus"

Plus tard dans la matinée, des migrants, parmi lesquels de nombreuses familles, ont rassemblé leurs affaires dans le calme, sac sur le dos, tandis que des policiers et des agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) leur expliquaient la marche à suivre, ont constaté des journalistes de l'AFP. Des tentes vides et des vêtements jonchaient le sol de la zone. Une quarantaine de bus ont été mobilisés pour faciliter l'évacuation du camp du Puythouck, selon la préfecture du Nord. Trois étaient partis en milieu de matinée pour se rendre dans d'autres communes de la région.

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"La mise à l'abri est nécessaire mais on sait très bien que certains exilés vont revenir, comme à chaque fois dans ce genre de cas", a déclaré à l'AFP Akim Toualbia, vice-président de l'association Drop, qui faisait encore état lundi d'une "situation très tendue". "Il fait froid, il y a seulement six robinets d'eau au total, pas de douches ni de toilettes, ce qui a des conséquences en termes d'hygiène", a-t-il affirmé. "Ça fait 20 ans qu'ils procèdent comme ça, ils n'ont toujours pas compris qu'il fallait mettre en place de la prévention, des solutions, ils ne sont que dans la répression", a déploré Jean-Claude Lenoir, de l'association Salam. Selon lui, de nombreux migrants, informés de l'opération, sont déjà partis. "Mais demain, beaucoup seront revenus", prédit-il.

Attendu sur place en fin d'après-midi, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avait pour sa part assuré au Journal du Dimanche qu'il "mettrait fin à cette situation, quitte à ordonner des évacuations, en lien avec les collectivités locales", reconnaissant que "des passeurs tiennent 1500 personnes dans des conditions de vie scandaleuses" à Grande-Synthe.

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