Cathédrale de Nantes : que sait-on du bénévole du diocèse entendu par les enquêteurs ?

Cathédrale de Nantes : que sait-on du bénévole du diocèse entendu par les enquêteurs ?
Police

ENQUÊTE - Un bénévole a été placé en garde à vue ce samedi dans le cadre de l'enquête pour "incendie volontaire" de la cathédrale de Nantes. Prolongée dimanche en début d'après-midi, la garde à vue a été levée à 21h, selon nos informations.

Dans le cadre de l'enquête pour "incendie volontaire" ouverte après l'incendie de la cathédrale de Nantes, un homme a été placé en garde à vue samedi. Selon le procureur de la République de Nantes, il s'agit d'un bénévole du diocèse qui aurait été chargé de fermer la cathédrale la veille de l'incendie. Selon ses précisions, cette garde à vue vise à "lever des incohérences sur son emploi du temps". Sa garde à vue, prolongée dimanche en début d'après-midi, a été levée à 21 heures, selon nos informations. 

Comme le relevait le procureur Pierre Sennès, affirmer en l'état que "cette personne est impliquée dans l'incendie reste prématuré et hâtif". Que sait-on pour le moment de ce bénévole ? LCI fait le point.

Un catholique en demande de séjour

Selon nos informations, l'homme en garde à vue est un ressortissant rwandais de 39 ans. Il est non seulement bénévole au diocèse, mais il est aussi suivi et hébergé par l'évêché, comme d'autres hommes d'ailleurs. Selon le Père Hubert Champenois, recteur de la cathédrale, interrogé par LCI, cet homme de confession catholique vit à Nantes "depuis plusieurs années". Il habite "dans une maison religieuse dans la ville", comme "la plupart des bénévoles". Arrivé sur le territoire français depuis 2012, son récépissé de demande de séjour a expiré en mars 2020. Ce document permet à quiconque est en procédure de demande de carte de séjour d'être légalement sur le territoire français. Cela ne signifie pas pour autant qu'il est aujourd'hui en situation irrégulière. Il est en tout cas inconnu des services de police, selon nos informations. 

A priori, ce profil n'attire pas vraiment a priori les soupçons. Le clerc de la cathédrale de Nantes ne "croit pas" ainsi que le trentenaire aurait pu incendier le monument. "C'est un lieu qu'il adore", a confié Jean-Charles Nowak au Figaro. Selon lui, ce Rwandais serait un "homme de devoir, très gentil, souriant mais plutôt taiseux". "Je sais qu'il a beaucoup de problèmes de santé et qu'il a beaucoup souffert au Rwanda." Il était également "régulièrement servant de messe".

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Si les enquêteurs avancent qu'il était chargé de fermer la cathédrale la veille de l'incendie, les autorités ecclésiastiques remettent pour leur part en doute ces affirmations. Le père Hubert Champenois a ainsi confié à l'AFP que "tout était en ordre" vendredi soir. Le recteur de la cathédrale assurant que "chaque soir, avant de la fermer, une inspection très précise" est effectuée. Et ce par un salarié. Le père François Renaud assure ainsi que les "quelques dizaines de bénévoles" qui travaillent dans ce joyau baroque ont des missions simples. Ils sont ainsi "chargés des visites, de l'accueil du public, de l'organisation des célébrations...". Mais en aucun cas de la fermeture de la cathédrale. "L'inspection est faite par un salarié de la cathédrale", certifie l'administrateur diocésain. Selon lui, donc, "le bénévole n'a pas la clef de la cathédrale".

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L'incendie de la cathédrale de Nantes

Ces incertitudes poussent l'avocat, commis d'office, du gardé à vue à demander à ce qu'on respecte la présomption d’innocence de son client. Devant le commissariat ce dimanche après-midi, Me Quentin Chabert en a profité pour assurer que "dans l'état actuel" du dossier, "aucun élément ne rattache directement" le bénévole à la tragédie qui a frappé la cathédrale. "Du moins de ce que je connais des éléments de procédure évidemment." Ce qui ne l'a pas empêché de d'ores et déjà demandé la miséricorde pour son client. Devant les caméras, Me Quentin Chabert a estimé que, s'il s'avérait que la cause n'était pas accidentelle, "la meilleure des communautés pour pouvoir faire preuve de miséricorde" était "la communauté catholique". 

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