Incendie dans le 19e arrondissement de Paris : comment le pire a été évité

Police
ENQUÊTE - Un violent incendie avec une forte explosion a partiellement détruit samedi soir un immeuble d'habitations situé 208, boulevard dans le 19e arrondissement de Paris. Il n'y a eu heureusement aucun blessé. LCI revient sur cet incident et sur les circonstances qui ont permis que tous les habitants soient sains et saufs.

Six étages dont de nombreux T5 où vivent majoritairement des familles avec 2, 3, 4 ou 5 enfants. L'immeuble pris au milieu des flammes samedi soir à partir de 21 heures abritaient de nombreux habitants avant qu'une partie du bâtiment ne parte en fumée. 


Malgré la violence du feu, malgré au moins une explosion, il n'y a eu au 208, boulevard MacDonald aucun blessé, ni grave ni léger à déplorer. "On dénombre pourtant 27 logements dans cette immeuble. Le drame a été évité de peu", s'accordent à dire plusieurs sources qui gardent en mémoire les incendies mortels du début d'année survenus à Paris rue de Trévise dans le 9e arrondissement et rue Erlanger dans le 16e. Comment expliquer ce bilan quasi-miraculeux ?  

Un départ de feu en début de soirée

La première raison est à chercher du côté de l'heure où s'est déclaré le sinistre : "Le départ de feu a lieu peu après 21 heures. Les habitants sont soit sortis, soient ils étaient éveillés. La plupart était encore vêtue. Nous ne sommes pas du tout dans la même configuration qu'un incendie qui surviendrait au coeur de la nuit alors que les habitants sont dans un sommeil profond dans leur lit, de retour de soirée ou en phase de réveil", détaille le capitaine Fuet, porte-parole de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris à LCI. 

Le 12 janvier rue de Trévise dans le 9e arrondissement, le départ de feu avait eu lieu en début de matinée, vers 8h45, un samedi matin, début de week-end. Quatre personnes sont décédées parmi lesquelles deux soldats du feu. Dans la nuit du 4 au 5 février, rue Erlanger dans le 16e arrondissement, le sinistre a débuté vers 23h45, un lundi soir.

Un incendie qui part de l'extérieur du bâtiment

"Le feu survenu samedi 6 avril au 208, boulevard MacDonald dans le 19e arrondissement minute a débuté de l'extérieur, depuis un balcon. Et il s'est principalement propagé à l'extérieur", poursuit le capitaine Fuet. Les dégâts sont majoritairement au niveau de la façade même si plusieurs appartements, dont celui auquel était relié le balcon d'où est parti le sinistre, ont toutefois été endommagés. Une source fait savoir que le balcon d'où est parti le feu était "très encombré". "Il y avait semble-t-il un peu de tout : une ou plusieurs bonbonnes de gaz, le barbecue, un ou plusieurs frigos et un ou plusieurs scooters... Des informations qui restent à confirmer", précise cette source. 

Des voisins très réactifs

Selon plusieurs témoins et sources, de nombreux voisins seraient intervenus pour alerter les occupants de l'immeuble qu'il y avait un feu important. "De nombreux jeunes du quartier sont allés toquer aux portes pour dire aux habitants de sortir et pour les aider à quitter les lieux", confirme le porte-parole des soldats du feu.


Les pompiers eux ont été alertés peu après 21 heures. Ils étaient sur place en 7 minutes, la moyenne habituellement enregistrée pour une intervention. Au total, 80 sapeurs-pompiers ont été mobilisés et 19 engins. À 23 heures environ, le sinistre était circonscrit. François Dagnaud, maire du 19e, fait savoir ce lundi à notre rédaction qu'il ira cette semaine, mercredi probablement, saluer le travail des pompiers. L'élu compte également remercier toutes celles et ceux qui ont contribué à une évacuation rapide de l'immeuble. 

Une enquête en cours

Une enquête en "dégradation ou détérioration involontaire du bien d'autrui par explosion ou incendie dû au manquement à une obligation de sécurité ou de prudence" a été ouverte et confiée au SAIP 19 (commissariat du 19e arrondissement) pour déterminer les origines du sinistre. "Un barbecue organisé sur le balcon au 4e étage serait à l'origine du drame. L'explosion elle s'explique par au moins la présence d'une bouteille de gaz sur le balcon", mentionne une source proche du dossier à LCI. 


Les investigations se poursuivent. 

Cellules psychologiques

Plusieurs cellules psychologiques ont été mise en place ce lundi en soutien aux victimes. Une dans l'école où sont scolarisés la majorité des enfants de l'immeuble, une autre dans le gymnase Curial non loin de l'immeuble sinistré. "Elles resteront en place tant que les victimes en auront besoin, fait savoir le maire du 19e arrondissement, François Dagnaud joint par LCI ce lundi. Vingt-cinq familles n'ont pas pu réintégrer leur domicile, 15 ont été relogées dans des hôtels, les 10 autres sont chez des proches". 


Selon l'édile, les personnes n'ont pour la plupart pas pu réintégrer leur logement car ils n'ont ni eau, ni électricité. Des travaux ont débuté pour réparer tout cela. La Régie immobilière de la ville de Paris (RIVP), qui gère l'immeuble, indique elle que six familles nécessitent un déménagement sur le long terme. "Il s'agit de famille nombreuses pour lesquels nous recherchons des T5. Trois ont été trouvés, nous en recherchons trois autres dans le parc". 

Une cagnotte pour les sinistrés

Une cagnotte de soutien aux familles sinistrées a été mise en ligne ce week-end sur Leetchi. Elle avait récolté lundi en fin d'après-midi 2 200 euros. 

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