Incendie de Notre-Dame de Paris : ce que l'on sait de l'enquête

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Incendie à Notre-Dame : un symbole de Paris dévasté par le feu

ENQUÊTE - "Toute la vérité sera faite", a promis le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, ce mardi, à propos de l'incendie qui a ravagé une partie de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Alors que le monde entier découvre, médusé, la cathédrale dévastée par les flammes, les enquêteurs s’attellent à comprendre comment s’est déclenché l’incendie. Avec des dizaines de personnes entendues ce mardi 16 avril, des échafaudages en nombre sur la toiture et des indices ravagés par le feu, le travail sera long pour faire "la vérité" sur ce drame, comme le désire le ministre de l’Intérieur. On fait le point sur ce que l’on sait de l’enquête.

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Le feu est parti des combles

Selon les pompiers, les flammes ont éclaté dans les combles de la cathédrale, plus précisément au niveau des échafaudages qui étaient installés sur la toiture de l’édifice. Elles se sont ensuite propagées extrêmement vite, atteignant l'ensemble du toit. 

Si une première alerte incendie a été déclenchée lundi à 18h20, aucun départ de feu n'avait alors été constaté. Ce n'est qu'avec la deuxième alerte, déclenchée à 18h45, que le feu a été constaté au niveau de la charpente. Entre-temps, l'église avait été évacuée puisqu'une messe avait débuté peu avant.

Trente témoins entendus

Dès lundi soir, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "destruction involontaire par incendie". Depuis, en à peine 24 heures, une trentaine de témoins ont été entendus par les quelques 50 enquêteurs mobilisés. Parmi eux, le personnel en charge de la sécurité dans l’édifice historique mais aussi les employés des cinq entreprises qui intervenaient sur le chantier de rénovation. Bien que pour le moment  "rien dans l’état ne va dans le sens d'un acte volontaire", selon le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, les auditions reprendront demain. Car le parquet l’assure auprès de LCI : les investigations vont se poursuivre pour parvenir à la manifestation de la vérité. 

Mercredi soir, le parquet indiquait que dix nouvelles personnes avaient été entendues par les enquêteurs de la brigade criminelle. De nouveaux témoins doivent être entendus jeudi. "Des enquêteurs de l'identité judiciaire et du laboratoire central de la préfecture ont pu accéder à certains endroits du site et commencer leurs constatations", précise-t-on au parquet de Paris. S'il n'exclut "aucune hypothèse", le parquet "rappelle qu'à ce stade les investigations n'ont pas mis en évidence d'éléments désignant une origine criminelle. En l'état, la piste accidentelle demeure privilégiée". 

"Aucun salarié présent sur le site"

Les enquêteurs devraient pouvoir compter sur une collaboration "sans aucune réserve" des personnes embauchées sur le chantier monumental de Notre-Dame de Paris. C’est en tout cas ce qu’a défendu Julien Le Bras, PDG d’Europe Echafaudage,  la première entreprise en charge de la rénovation. 

Interrogé par plusieurs médias ce matin, le patron de la société a également estimé que les procédures de sécurité avaient "été respectées". Il a également assuré qu'"aucun salarié" n’était présent sur l’édifice "au moment du départ de l'incendie"

Une enquête rendue compliquée à cause du feu

Mais comment faire une enquête lorsque les indices sont partis en fumée ? Grâce au travail minutieux des experts de la police scientifique. Son directeur, Christophe Pezron , indique même auprès de l’AFP que les incendies sont le "cœur d’expertise" du laboratoire central de la préfecture de police. Grâce à des prélèvements, des constatations sur les lieux du sinistre, mais aussi des reconstitutions en laboratoire, l’équipe compte bien déterminer l'origine du feu tout comme son mode de développement. Pour ce faire, il faudra "fouiller l'ensemble des débris", pronostique le patron du laboratoire.

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"Sur une scène d'incendie, nous allons procéder à des analyses chimiques des débris pour savoir par exemple s'il y avait de l'essence ou des produits inflammables. On peut aussi expertiser tel ou tel matériel électrique. On va chercher à modéliser l'incendie, à reproduire certains comportements du feu pour comprendre comment il s'est propagé au sein d'un bâtiment", a détaillé Christophe Pezron à nos confrères.

Mais outre l’analyse méthodique du terrain, il faudra également décortiquer les faits et gestes des individus présents dans la cathédrale avant l’incendie. C’est également dans ce cadre que se font les auditions menées par les officiers de police judiciaire. Equipe technique et police judiciaire travailleront donc main dans la main afin de faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame. 

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