Court-circuit, failles de sécurité, mégots de cigarettes... où en est l'enquête sur l'incendie de Notre-Dame ?

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Incendie à Notre-Dame : un symbole de Paris dévasté par le feu

ENQUÊTE - Dix jours après l'incendie de Notre-Dame de Paris, les experts de l'Identité judiciaire vont, sauf ordre contraire, pouvoir débuter ce jeudi leur travail de collecte et d'inspection pour déterminer l'origine du sinistre. Du court-circuit à la négligence, aucune piste n'est pour l'heure écartée.

Place à l'enquête de terrain. Ce jeudi après-midi, les experts de l'Identité judiciaire doivent débuter leur travail de collecte et d'inspection, dix jours après l'incendie qui a en partie détruit la cathédrale de Notre-Dame de Paris. Depuis le début, la piste accidentelle est privilégiée par les enquêteurs. "Rien ne va dans le sens d'un acte volontaire", a affirmé le procureur de Paris Rémy Heitz. Saisie par le parquet de Paris, la Direction de la police judiciaire de Paris a mobilisé cinquante enquêteurs et confié à la brigade criminelle le soin de cette enquête hors norme déclenchée pour "destruction involontaire par incendie". 

Un court-circuit à l'origine du feu ?

Comme écrit par le Canard enchaîné, l'hypothèse d'un court-circuit venant des ascenseurs, des cloches électrifiées ou des néons sera étudié. Il est toutefois encore trop tôt pour le faire pour de simples questions de constatations infaisables techniquement. Le feu, qui a touché la toiture de Notre-Dame, a endommagé énormément de câbles. Certains éléments techniques sont en trop mauvais état pour "parler". Reste ensuite à déterminer si court-circuit il y a eu, s'il est la cause ou une conséquence du départ de feu ? Cela change évidemment la donne, mais là encore les policiers sont dans des conjectures.

À ce stade, ce qui apparaît de plus en plus clairement est une série de dysfonctionnements au niveau de la sécurité de Notre-Dame. En particulier lors de la toute première alerte. Selon nos informations, l'agent de sécurité privée et le régisseur ont, en audition, rejeté la responsabilité vers l'agent présent au PC de sécurité de la cathédrale. D'après les enquêteurs, la première alerte à 18h20 s'est bien déclenchée, normalement, donc techniquement le système marchait bien. En revanche, c'est humainement qu'il y a sans doute eu des erreurs. Mais lesquelles ? C'est ce que les enquêteurs vont tenter de déterminer.  

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Des mégots retrouvés sur le chantier

Lors des auditions, des témoins avaient raconté avoir vu des ouvriers fumant parfois sur le chantier, alors que c'était strictement interdit. L'entreprise Le Bras Frères, qui travaillait sur le chantier de la flèche de la cathédrale de Paris, a reconnu et "regretté" mercredi que certains de ses compagnons se soient "affranchis" de l'interdiction de fumer. "Effectivement, il y a des compagnons qui de temps en temps se sont affranchis de cette interdiction", a déclaré le porte-parole de l'entreprise, Marc Eskenazi, réagissant à un article du Canard enchaîné mercredi, affirmant que sept mégots avaient été retrouvés sur le site. Les ouvriers "ont reconnu devant les policiers qu'effectivement, il leur arrivait de fumer", a-t-il précisé ajoutant que si "cette interdiction était plus ou moins respectée", c'est qu'il était "un peu compliqué de descendre parce que ça prend du temps".

Pour autant, il est "hors de question" que cette négligence soit à l'origine de l'incendie, a-t-il assuré, faisant valoir que "si n'importe qui a déjà essayé d'allumer un feu de cheminée, ce n'est pas en mettant un mégot sur une bûche en chêne qu'il va se passer grand chose". Et d'insister : "c'est exclu (...) en aucun cas, un mégot mal éteint peut être à l'origine de l'incendie de Notre-Dame de Paris". Selon nos informations, rien à ce stade ne permet de dire qu'une cigarette est à l'origine de l'incendie. 

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Incendie de Notre-Dame : une image pourrait révéler le point de départ du feu

Pour l'heure, la piste d'une maladresse ou d'une négligence reste privilégiée par les enquêteurs. Cela ne veut pas dire pour autant qu'un ouvrier ment. Il est tout à fait possible qu'un d'entre eux ait par exemple laissé allumer un appareil sans faire attention, sans s'en rendre compte et sans encore l'avoir compris. Le travail de collecte et d'inspection des experts de l'Identité judiciaire, qui va se dérouler sur plusieurs jours, devrait permettre de faire toute la lumière sur la nature de l'incendie.

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