Violences urbaines lors de la nuit d'Halloween : que s'est-il passé ?

Police

VIOLENCES - Plus d'une centaine de personnes ont été arrêtées en France mercredi soir à la suite d'incidents en marge de la fête d'Halloween. De nombreux policiers avaient été déployés sur le terrain après notamment un canular qui appelait "à la purge" des forces de l'ordre sur les réseaux sociaux.

116 interpellations en France donnant lieu à 82 gardes à vue en marge de la fête d'Halloween. C'est le bilan annoncé par le ministre de l'Intérieur à la mi journée jeudi. "Au vu des premiers éléments dont nous disposons, le nombre d’incidents recensés est en baisse par rapport à l’année dernière, en particulier à Paris et en petite couronne parisienne", a assuré Christophe Castaner dans un communiqué. 

Le contexte

Plus de 15.000 forces de l'ordre avaient été mobilisées. "Les dégâts sont (...) largement inférieurs à ce que nous avons connu" par rapport aux années précédentes, même si ils restent "totalement anormaux, scandaleux", a déclaré ce jeudi le ministre en marge d'une visite à la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris. Cette année, le ministre avait demandé une "mobilisation renforcée" à tous les préfets de France en raison, notamment, de la diffusion sur les réseaux sociaux d’un appel à la "purge" contre des policiers, notamment dans l’Essonne, durant la soirée du 31 octobre. 

Un message devenu viral, qui appelait à attaquer les forces de l’ordre "au mortier, feux d’artifice, pétards, pierres", la nuit d'Halloween, avait été lancé sur les réseaux sociaux. L'auteur de cette "blague", est un jeune Isérois de 19 ans qui a depuis été arrêté et sera jugé pour "provocation, non suivie d'effet, au crime ou délit". "Halloween doit rester une fête. La purge, ce n'est pas une blague", lui a répondu indirectement Christophe Castaner. 

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Plusieurs incidents en France

Lien direct ou pas, dans le Rhône, douze personnes ont été interpellées, la majorité à Lyon après des scènes de bousculades, des jets de projectiles sur la vitrine d'un fleuriste et feux de poubelles et de véhicules.  Selon la police, les individus arrêtés sont essentiellement des mineurs, dont un qui avait relayé l’appel à la "purge" sur les réseaux sociaux. A Rennes ensuite, un adolescent de 15 ans a été blessé par un tir de gomme-cogne alors qu'il lançait des projectiles vers des policiers.

Treize voitures et une vingtaines de poubelles ont été incendiées dans différents quartiers de l'agglomération, selon la préfecture d'Ille-et-Vilaine.

En Essonne, des arrestations ont eu lieu à Massy suite à une tentative de vol de véhicule. A Etampes, un magasin Intersport a été pris pour cible par un groupe mercredi vers 19 heures. Selon Le Parisien, une vingtaine de personnes masquées, cagoulées, ou encapuchonnées ont fait irruption en même temps dans le magasin de sport, faisant une razzia et vidant les étalages. Les agents de sécurité ont tenté d’intervenir mais, en nombre inférieur, ils n’y sont pas parvenus et ont reçu des coups. 

Dans la soirée de mercredi, à Montgeron, toujours dans l'Essonne, une épicerie a été attaquée par trois jeunes masqués selon le journal. Les policiers qui poursuivaient un des trois jeunes ont été la cible d'un caillassage et une bouteille d'acide a notamment été jetée sur eux. Aucun blessé n’est à déplorer, mais deux agents ont été légèrement intoxiqués par les émanations du produit toxique. 

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Les réactions

Les réactions politiques pour dénoncer ces violences n'ont pas tardé. Sur Twitter jeudi, la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse a réclamé des "sanctions exemplaires" contre les auteurs de ces faits. "A la loi des bandes, nous devons opposer la loi intransigeante de la République", a-t-elle écrit. 

Le député de l'Essonne et président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, a dénoncé un "Etat impuissant" face à la multiplication des violences et la "France qui s'ensauvage".  

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